Précarité étudiante :

Fin des repas à un euro pour les non boursiers : "une mesure discriminante"


Publié / Actualisé
A partir de septembre 2021, les étudiants non-boursiers ne pourront plus bénéficier du dispositif repas à un euro proposés par le Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires (Crous). Ce dispositif avait été mis en place par l'Etat face à la crise sanitaire dûe au Covid-19, afin de lutter contre la précarité étudiante. Cette décision provoque la colère de l'Union nationale des étudiants de France de La Réunion (l'Unef). (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
A partir de septembre 2021, les étudiants non-boursiers ne pourront plus bénéficier du dispositif repas à un euro proposés par le Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires (Crous). Ce dispositif avait été mis en place par l'Etat face à la crise sanitaire dûe au Covid-19, afin de lutter contre la précarité étudiante. Cette décision provoque la colère de l'Union nationale des étudiants de France de La Réunion (l'Unef). (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

C'est une annonce qui est presque passée inaperçue, mais qui laisse un avant-goût amer chez les étudiants. Le vendredi 9 juillet 2021, Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur a annoncé les modalités de la prochaine rentrée universitaire. Parmi elles : le repas a un euro qui sera désormais uniquement accessible aux étudiants boursiers et aux non-boursiers "en situation de précarité". Pour les autres, le prix du plateau-repas repassera donc de 1 euro à 3,30 euros. Une situation inégalitaire, voire discriminante qui provoque un sentiment d'injustice chez les étudiants réunionnais.

Rudrigue Sautron, le vice-président à Unef Réunion trouve cette situation inadmissible. "Avant de couper les vivres aux étudiants, il faudrait penser à définir ce qu'est être précaire. Quels sont les critères qui déterminent qu'un étudiant est en situation de précarité ? " s'interroge-t-il, en ajoutant : "certains étudiants sont considérés comme non boursiers, mais ne se font pas aider par leurs parents pour autant."

- Un job étudiant pour compenser -

Cette décision entraîne donc leur salarisation, qui sont contraints de chercher un job étudiant. Une mauvaise chose selon le vice-président : "les étudiants salariés ne peuvent plus se concentrer pleinement sur leurs études. C'est bien connu, un étudiant salarié sur deux est en situation d'échec."

Cette mesure touche pleinement Maéva, une étudiante de 20 ans en deuxième année de licence en anglais à l'université de La Réunion. Cette dernière a dû faire face aux rattrapages pour valider son année : "je travaille dans un fast-food, mes horaires sont compliqués, je n'ai pas forcément le temps d'aller à la bibliothèque pour réviser", regrette la jeune fille. 

Pour elle, ce dispositif lui permettait de faire des économies, même minimes. "Je suis très déçue. Pour une fois qu'on pouvait bénéficier d'une aide en tant que non boursiers, cela me permettait d'économiser sur les repas, ce n'est pas rien quand même. Mais même avec ça, j'avais du mal à m'en sortir pour payer le loyer. Les fins de mois s'annoncent encore plus difficiles pour la rentrée."

Les parents de Maéva ne sont pas éligibles à la bourse, mais n'ont pas pour autant les moyens de subvenir aux besoins de leur fille. L'étudiante redoute par avance la rentrée. "C'est un stress supplémentaire, c'est évident, il va falloir encore plus se serrer la ceinture."

Comme Maéva, et selon Campus matin, le magazine en ligne des professionnels et académiques de l’enseignement supérieur et de la recherche, ce sont plus de 35% des étudiants réunionnais non-boursiers qui vont perdre cet avantage.

Lire aussi : Crous : des repas à 1 euro pour l'ensemble des étudiants

jb/www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

Nessa, depuis son mobile , Posté
C'est injuste car un élève non boursier ne veut pas dire, que ces parents roulent sur l'or, je suis parent d un enfant non boursier car son oere et moi travaillont. Pas proprio, avec différentes charges, 2 loyers a payés, bref tout ca pour dire qu il devrait maintenir les repas a 1e, nous voulons que notre enfant ait les mêmes chances qu un enfant avec des parents aisés ou un enfant boursier. Que tout le monde puisse en beneficier.
Marine Dessaux, Posté
Bonjour, journaliste à Campus Matin, je tiens tout d'abord à vous remercier de nous avoir cité. Un point de précision : les repas à 1' sont maintenus pour les étudiants boursiers et les étudiants en situation de précarité. Comment savoir quels étudiants rentrent dans cette deuxième catégorie ' Lors des questions-réponses avec la presse, la ministre a précisé qu'il s'agirait des étudiants en faisant la demande. Maéva devrait donc pouvoir y avoir droit !
Parce que vous Êtes gouvernés par Les Ratés En Mouvement ( LREM ), Posté
le scandale , par contre le poudré de Paris engraisse le CAC40