Phase expérimentale :

Lutte contre la dengue : lâcher de moustiques stériles à Sainte-Marie


Publié / Actualisé
L'institut de recherche du développement (IRD) a débuté ce jeudi 22 juillet 2021 une nouvelle phase d'expérimentation de la technique de l'insecte stérile (TIS), à travers un lâcher de moustiques dans la zone de Duparc de Sainte-Marie. Une technique visant à lutter contre les maladies vectorielles et notamment la dengue. Des lâchers de moustiques stériles auront lieu chaque semaine pendant une période de 9 à 12 mois. (Photo : l'institut de recherche du développement)
L'institut de recherche du développement (IRD) a débuté ce jeudi 22 juillet 2021 une nouvelle phase d'expérimentation de la technique de l'insecte stérile (TIS), à travers un lâcher de moustiques dans la zone de Duparc de Sainte-Marie. Une technique visant à lutter contre les maladies vectorielles et notamment la dengue. Des lâchers de moustiques stériles auront lieu chaque semaine pendant une période de 9 à 12 mois. (Photo : l'institut de recherche du développement)

Financé par la Région et mis en place par l'IRD, cette expérimentation a pour objectif de réduire significativement les cas de dengue sur l'île de La Réunion. Cela passe par la stérilisation du moustique mâle à l'aide de la méthode de la radiation par rayon X, mis en place par l'établissement français du sang (EFS).

Ces moustiques sont rendus stériles dans le nouvel insectarium inauguré à Saint-Clotilde ce 29 juin 2021. "Lorsqu'un moustique stérile s'accouplera avec une femelle, celle-ci deviendra infertile à vie. Les moustiques ne pourront alors plus se reproduire, ce qui réduit la reproduction de l'espèce, mais aussi sur le long terme la transmission de maladies vectorielles, comme la dengue" explique Louis-Clément Gouagna, chercheur à l'IRD et responsable du projet. Il ajoute : " à noter que seules les moustiques femelles piquent."

Au total, c'est plus de 150.000 moustiques stériles mâles qui seront relâchés chaque semaine sur une période de 9 à 12 mois, dans la zone de Duparc à Sainte-Marie. "Le moustique n'aime pas la chaleur. Nous procéderons aux lâchers soit le matin très tôt, soit en soirée", précise le porteur de projet.

- En chiffres -

Concernant la répartition des points de lâchers, la distance moyenne de dispersion active d’un moustique étant inférieure à 100 mètres, l’équipe de chercheurs a identifié trois points de lâchers par hectare, soit 60 points de lâchers sur l'ensemble de la zone d'expérimentation avec 2.000 à 4.000 mâles stériles relâchés sur chaque point.

Tous les lâchers se feront au sol et par l'équipe de chercheurs. Cette période d'hiver austral a été choisie par les scientifiques pour la phase d'expérimentation car la population de moustiques tigres sauvages est habituellement moins dense en hiver. En images, le premier lâcher de moustiques, regardez :

Les résultats de cette phase seront restitués fin 2022, après une période de lâchers de moustiques de 12 mois consécutifs et une phase d'analyse des données. "Si l’efficacité de la TIS classique est prouvée à l’échelle d’un quartier, son utilisation à l’ensemble de La Réunion pourra être envisagée, en complément des méthodes de lutte anti-vectorielle actuellement mises en place par les autorités sanitaires", indique Louis-Clément Gouagna.

- Une méthode complémentaire -

Les représentants de l'agence régionale de santé (ARS) ont tenu à rappeler l'importance de continuer de lutter contre la dengue au travers des méthodes traditionnelles, à savoir nettoyer sa cour, éliminer eaux stagnantes et autres gîtes larvaires, mettre du répulsif... "Cette méthode aura de l'effet seulement si les citoyens continuent de jouer le jeu", note l'un des représentants de l'ARS.

Lire aussi : Moustiques stériles : un nouvel insectarium inauguré à Sainte-Clotilde

 jb/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Pat Ham, depuis son mobile , Posté
Super, lâcher de moustiques stériles dans l'est (Ste Marie) et contamination maxi dans l'ouest '' Je n'ai peut être pas tout compris ''' '''