Saint-Leu :

9, 7, 4 : les nouvelles bières réunionnaises brassées par un Belge


Publié / Actualisé
L'ancien directeur général de la bière Chimay en Belgique est venu s'installer à Saint-Leu où il a posé ses cuves et travaillé trois bières aux arômes différents : la 9, la 7 et la 4. Un bel hommage à sa nouvelle terre d'accueil. (Photos : Bernard Bleus)
L'ancien directeur général de la bière Chimay en Belgique est venu s'installer à Saint-Leu où il a posé ses cuves et travaillé trois bières aux arômes différents : la 9, la 7 et la 4. Un bel hommage à sa nouvelle terre d'accueil. (Photos : Bernard Bleus)

C'est à Saint-Leu, dans un restaurant qu'ils ont rénové en famille et entre amis, que Bernard Bleus, ingénieur en alimentaire et ancien directeur général de la bière Chimay en Belgique, a décidé de déposer ses cuves.

L'industrie de la Chimay, c'est l'emblème des bières belges. Bernard Bleus y a travaillé jusqu'en 2011. Travailler avec la mousse pour un Belge va au-delà du cliché pour lui, "ça fait partie de l'ADN d'un passionné des bonnes choses" sourit le brasseur.

Depuis son arrivée à La Réunion en 2020, il remarque que "beaucoup de bières sont importées, malheureusement elles sont abîmées avec le voyage, et le séjour en containers impacte leur goût" déplore-t-il.

- Une bière péi avec un savoir-faire belge -

Dans la petite brasserie artisanale, on partage savoir-faire, expériences et anecdotes. Pour faire d'une pierre deux coups, sa belle-fille et lui ont ouvert un restaurant bistronomique : les clients peuvent se lever de table et aller voir d’où vient la bière qu'ils consomment. Les cuves, aussi imposantes que reluisantes, prennent de la place et on y voit le reflet des clients contents d'apprendre comment il est possible à partir d'eau et de houblon de fabriquer la boisson. Nombreux sont les curieux qui viennent observer les fûts dans lesquels fermente le levain. La bière est ensuite servie à la manière belge, soit avec quelques centimètres de mousse.

Pour cette aventure, Bernard Bleus a conçu trois bières aux arômes et degrés d'alcool différents. Elles portent chacune un numéro du département, un clin d'œil et un hommage à l'accueil que lui ont fait les Réunionnais, précise-t-il : "c'est ma façon de dire merci". D'une voix douce et avec pédagogie, le brasseur n'hésite pas à passer plusieurs heures sur place pour expliquer le processus de fermentation aux curieux et présenter ses cuves, qui sont un peu comme ses enfants.

- La 9, la 7 et la 4 - 

Fier, il détaille : "la bière 9, la plus ambrée, est à 8,5%. Elle est composée de deux malts, un classique et un autre qui est chauffé avec des arômes de pain cuit qui avoisinent le goût du caramel. La 7 à 6,5% a un malt d'orge, un houblon épicé bien plus traditionnel avec une saveur largement appréciée. Plus brut que la numéro 4 qui, à 5%, regorge de complexité avec une rondeur et une très légère amertume".

Pas de panique pour ceux qui ne sont pas fans de la boisson, Bernard Bleus a pensé à tout : "la numéro 4, même les non-consommateurs de bières l'apprécient, en étant plus fruitée que ses grandes sœurs, elle est attractive pour le palais". 

- La Réunion, un rêve de longue date -

Bernard Bleus se rappelle que venir vivre sur une île et y démarrer une production, c'était encore un rêve il y a quelques mois. "On a décidé de se lancer, les commandes pour la production ont été lancées en avril, et en août tout était là. Il a fallu alors commencer à tout monter et surtout à produire." Pour l'heure, la 9, la 7 et la 4 sont brassées deux fois par semaine, le travail équivaut à un débit de 700 à 800 bouteilles par semaine. Les bières sont vendues au restaurant le Spot, là même où les cuves sont entreposées, à Saint-Leu.

L'ancien directeur général de Chimay appuie : "je voulais revenir à mes premiers amours, j'ai dirigé beaucoup d'équipes dans ma carrière". Un besoin de rentrer en contact avec une production, être acteur direct de la transformation et surtout produire de la qualité. Le succès est réel, pourtant il n'était pas spécialement attendu par la famille belge et son brasseur en chef. "Je suis plus que content d'offrir ce savoir-faire aux Réunionnais, il ne faut pas oublier que le Réunionnais aime les bonnes choses !"

ml/www.ipreunion.com / [email protected]

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération

   

3 Commentaire(s)

John , Posté
C'est bien
Gélafrite, Posté
Jeanbon, rien ne vous empêche d'aller produire du rhum à Bruxelles. Pour info, densité de population à La Réunion 342 hab/km² et en Belgique 375 hab/km².
Jeanbon, Posté
Comme s'il y avait pas encore assez de monde sur ce minuscule caillou, et pas assez d'alcool non plus...850.000 habitants, jusqu'à combien ça va aller, plus de terrains, trop de bouchons, mi gain pi sort mon kaz !