Les prix grimpent inexorablement :

La Réunion, ce baril de poudre prêt à exploser (à nouveau)


Publié / Actualisé
La crise sanitaire actuelle provoque une hausse inexorable des prix sur l'île. Alors que le territoire compte 39% de sa population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Trois ans ans après la crise des gilets jaunes, cette hausse des prix transforme (encore plus) La Réunion en baril de poudre, prêt à exploser (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
La crise sanitaire actuelle provoque une hausse inexorable des prix sur l'île. Alors que le territoire compte 39% de sa population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Trois ans ans après la crise des gilets jaunes, cette hausse des prix transforme (encore plus) La Réunion en baril de poudre, prêt à exploser (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

- 2018, les prix, terreau de la colère -

En 2018, c’est déjà la hausse des prix qui avait provoqué la crise des gilets jaunes. En effet, cette année avait été marquée par une hausse soutenue, mois après mois, de l’indice de prix à la consommation. L'augmentiation était en moyenne de 1,8%, sur un territoire où la vie est déjà chère. A cette période cela consituait l’inflation la plus forte depuis 2012.

C’est surtout la hausse soutenue du prix des carburants qui avait cristallisé les mécontentements. Les prix avaent atteints des niveaux très hauts. En novembre 2018, le sans-plomb se vendait à 1,56 euro le litre, le gazole à 1,28 euro le litre et la bouteille de gaz à 18,75 euro. Alors que la colère montait en Métropole, les Réunionnais ont suivi le mouvement national. Ils ont décidé eux aussi de porter le gilet jaune et de demander une baisse des prix, en général, et ceux des hydrocarbures, en particulier.

Des jours de blocages, des tensions dans les quartiers, la ministre des Outre-mer Annick Girardin obligée de venir à La Réunion pour tenter de calmer les esprits, des pertes énormes pour le monde économique, une population divisée... la crise des gilets jaunes avaient eu des répercussions lourdes sur le monde économique et social.

Après près de trois semaines d’un mouvement vif et intense, les gilets jaunes ont obtenu gain de cause pour les carburants. Les prix des hydrocarbures baissaient dès le 27 novembre 2018. Le sans-plomb passait à 1,43 euro le litre, le gazole à 1,21 euro le litre et la bouteille de gaz à 17,42 euro. Cette baisse à la baisse était confirmé en janvier 2019, le sans-plomb passant à 1,33 euro le litre, le gazole à 1,06 euro le litre et la bouteille de gaz à 16,25 euro.

Concernant plus largement la régulation des prix, l'Etat décidait d’impliquer davantage les citoyens dans l’Observatoire des prix et dans l’élaboration du bouclier qualité-prix  (BQP). Conséquence, dès 2019, le prix du chariot BQP diminuait de près de 10%, passant de 341 euro à 307 euro. Cette moyenne est restée stable en 2020. Dans le même temps le dispositif enregistrait une refonte en 2021. Le nouveau chariot était élargi à davantage de produits pour un prix moyen de 349 euro.

- 2021, même conséquences, mêmes effets ? -

On observe actuellement la même tendance qu’en 2018, à savoir une hausse inexorable des prix, conséquence de la crise sanitaire. Selon l’Insee dans son bulletin d’août 2021, les prix ont augmenté en moyenne de 1,3% en un an

Sans surprise l'un des gros postes de dépenses à avoir augmenté est celui des produits pétroliers. L'institut de la statistique note que leur prix a augmenté de 14,6% en un an "retrouvant leur niveau d’avant crise sanitaire en mars 2020". La Réunion se retrouve donc aujourd’hui proche des niveaux d’octobre 2018, et de fin 2019. Au mercredi 1er septembre 2021, le sans-plomb coutera 1,47 euro le litre, le gazole à 1,09 euro le litre et la bouteille de gaz à 19,38 euro. Ces niveaux avaient été jugés inacceptables en 2018 par les Réunionnais.

Loin de s’améliorer, la situation semble empirer compte tenu de l'importante inflation des coûts du fret. La situation inquiète les chambres consulaires qui exprimaient d’ailleurs leur inquiétude dernièrement lors d’une réunion organisée par le président du Département, Cyrille Melchior.

Lire aussi : Une convention en préparation entre le Département et les trois chambres consulaires

"Le prix du fret aérien a augmenté avec la baisse du nombre de passagers, il a augmenté de 500% en provenance de l'Asie, et jusqu'à 94% en provenance de l'Europe " alertait alors le président de la CCIR, Ibrahim Patel. Conséquence, les tarifs risquent de flamber dans les prochaines semaines. Le riz, dont le prix a déjà considérablement grimpé, est l'une des denrées qui devrait être le plus impactée.

Même inquiétude ce vendredi 27 août lors d'une première réunion à la Région entre les élus et les acteurs économiques de l'île. En un an seulement le prix des matières premières a augmenté en de 25% en moyenne entre avril 2020 et avril 2021, certains produits ont même atteint 91% d'augmentation, ont noté les participants

Lire aussi : Fret maritime : la hausse des prix inquiète le monde économique

Pour les hydrocarbures, le contexte international instable combiné aux problématiques mondiales d’acheminement ne va certainement pas conduire à une diminution des tarifs.

A cela s’ajoutent les difficultés croissantes des entreprises locales pour cause de crise sanitaire. Ces sociétés enregistrent des baisses de chiffre d’affaires parfois vertigineuses, faisant planer le spectre de licenciements voire même de fermetures.

Lire aussi : Confinement et couvre-feu : 79% des entreprises déclarent une baisse du chiffre d'affaires

- Les conditions de l'explosion sont réunies -

Comme en 2018, les conditions semblent être donc réunies pour une explosion sociale d’ampleur. Les manifestations actuelles contre le pass sanitaire donnent déjà à voir la diversité des revendications, qui vont de l’opposition à ces restrictions aux théories du complot en passant par des revendications - sous-jacentes, il et vrai -, portant sur le pouvoir d’achat, la lutte contre le chômage ou encore la cherté de la vie.

Ces manifestations peuvent-elles constituer les prémices d’un nouveau mouvement social de grande ampleur comme en 2018 ? Tous les ingrédients semblent en tout cas être réunis pour cela. Emmanuel Macron et son gouvernement feraient bien d'en prendre conscience, sous peine de voir l’île plonger dans une nouvelle crise économoqie et sociale majeure... à moins d'un an de la présidentielle...

www.ipreunion.com / [email protected]

   

8 Commentaire(s)

Raie Union, Posté
Bonjour à tous, je ne suis pas surpris, dans gouvernement il y a gouverner et mentir, et si ça ne na pas on vote une loi de plus au parlement qui lui aussi est composé de parler et mentir !!!Message à tous les ploucs qui ne savent pas que l'abréviation de monsieur s'écrit M. et pas Mr qui veux dire mister !!!Sur ce bon dimanche...
Kraz, Posté
Y'en a qui découvrent seulement après des décennies le vrai fond des infos qui est souvent loin d'informer... Ça a mourir de rire
CECCU , depuis son mobile , Posté
Les petits scribouillards que vous êtes détournez votre rôle qui est celui d'informer et vous vous faites de la désinformation pour essayer d'exister les nuls vous suivent les réalistes comme moi sont simplement là pour vous remettre à votre place pas pour s'informer vue que vous n'en êtes pas capable continuez à nous faire sourire vue que rire vous en êtes pas capable
Pax, depuis son mobile , Posté
Bonjour,Moi qui préférais vos informations à celles des autres medias locaux, je me pose egalement cette question. "Pourquoi etes vous les seuls sur la place à diffuser ce genre de poil à gratter aujiurdhui'' Sans tomber dans l'excès, sil n y a rien à se mettre sous la dent, il est plus pertinent de faire de la mieux disance en mettant en avant les atouts de l Ile. Car, meme si l'obscurantisme a meilleur presse, cela devient presque lassant de lire des articles aussi accablants pour notre société.
Continuez svp à nous informer et non pas influencer (négativement).
Apres, chacun est libre, oui :-)
En l'absence d'amélioration, je ferai comme dautre, je passerai mon chemin et desinstallerai lappli IPR que je trouvais jusque là plutot sympa.
A suivre'
Votre rôle, Posté
Puisque votre rôle est d'informer pourquoi jouer vous le jeu du gouvernement.Vous cachez bcp de choses et êtes souvent plutôt dans la censure ...Bien dommage que vous n'informiez pas plus la population sur le génocide qui est en cours ... On reparle de la jeune lycéenne prise d'un malaise et qui est morte mais dont il faut absolument faire les causes de sa mort pour ne pas alerter la population sur les dangers de l'injection ... (Libre à vous de vous complaire dans ce type d''exploitation. Pour notre part, nous n'avons pas pour habitude d'exploiter les drames ni la douleur de familles éprouvées par la perte d'un.e proche pour étayer une quelconque argumentation.
Médecine , Posté
Vous voulez des émeutes' Arrêtez de mettre le feu aux poudres ! Arrêtez de provoquer la colère, ce n'est pas le rôle de journaliste (Notre rôle est d'informer, nous le faisons et nous continuerons à le faire - Bonne journée à vous - Webmaster)
Pierre André Jean , Posté
Par cet article on pourrait penser que vous voulez vraiment mettre le feu aux poudres. La crise sanitaire ne vous donne-t-elle pas assez de matière pour vos articles ' (Nous ne savons pas qui pourrait penser cela, pas nous en tout cas. Nous, nous informons et nous continuerons à le faire. Bonne journée à vous - Webmaster)
Missouk, Posté
Le "quoi qu'il en coûte" cher à Mr MACRON et à son ministre de l'économie ont finalement un coût... Et comme d'habitude, c'est le contribuable et le citoyen lambda qui seront les premiers impactés, en particulier les plus démunis. Celles et ceux qui ont de l'argent s'en tirent toujours à bon compte. A défaut de savoir aujourd'hui pour qui je voterai aux prochaines présidentielles, je sais déjà pour qui je ne voterai pas. Il serait vraiment temps que les gens se rebellent contre ce pouvoir incompétent, autoritaire et arrogant. Voter est sans doute l'une des solutions, s'abstenir c'est cautionner.