Mobilité douce :

La Réunion île cyclable...une utopie qui pédale doucement


Publié / Actualisé
Le retour de la petite reine sur fond de transition écologique signe la volonté des populations et des élus d'offrir des alternatives au tout voiture. Quid de La Réunion île cyclable ? Fut un temps, en dehors de la Chine Populaire où le vélocipède était roi, le niveau de développement s'appréciait au taux d'équipement en automobiles par foyer... Depuis que l'écologisme règne sur les consciences occidentales, la tendance s'est inversée, et la bicyclette, musculaire ou électriquement assistée, tend à s'imposer comme marqueur de la transition écologique et morale de nos sociétés vers une économie "décarbonée". Qu'en est-il à La Réunion où les transports constituent un genre de noeud gordien politique ? (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le retour de la petite reine sur fond de transition écologique signe la volonté des populations et des élus d'offrir des alternatives au tout voiture. Quid de La Réunion île cyclable ? Fut un temps, en dehors de la Chine Populaire où le vélocipède était roi, le niveau de développement s'appréciait au taux d'équipement en automobiles par foyer... Depuis que l'écologisme règne sur les consciences occidentales, la tendance s'est inversée, et la bicyclette, musculaire ou électriquement assistée, tend à s'imposer comme marqueur de la transition écologique et morale de nos sociétés vers une économie "décarbonée". Qu'en est-il à La Réunion où les transports constituent un genre de noeud gordien politique ? (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

De toute évidence la petite reine progresse pas et sort du "ghetto" infantile, voire sportif où elle fut confinée avant de redevenir à la mode. Le vélo de loisirs demeure certes dominant chez nous, où les sentiers et chemins sont allègrement parcourus par toutes formes de vélocipèdes et de cyclistes, mais le vélo utilitaire, comme moyen de transport populaire, peine à s'imposer comme alternative douce au "tout automobile" en dépit d'effort méritoires développés par les collectivités à moyen ou long terme.

Et les politiques sont très conscients de cet enjeu, quand bien même on ne les voit guère enfourcher leur brêle pour aller siéger en conseil municipal ou séance plénière, tant à Paris qu'à La Réunion. Néanmoins, le concept de Réunion cyclable progresse, porté par les collectivités selon les compétences des unes et des autres.

Ainsi, la Région Réunion entre 2010 et janvier 2021, s'est dotée d'un schéma régional d'itinéraires cyclables inscrit au Schéma national des véloroutes, qui prévoit un linéaire de 222 kilomètres, dont plus de la moitié est déjà réalisée, avec plus de 25 km en site propre et 88 km en site partagé. Des données déjà datées puisque, par exemple, la piste cyclable de la chaussée royale, à Saint-Paul, planifiée depuis 2016, est en cours d'achèvement qui rallonge de 2160 m le kilométrage réalisé, dans l’espace vert entre la route nationale des Tamarins (RN1 2x2 voies) et la Chaussées Royale (RN1A). Cette voie cyclable permettra de relier l’itinéraire qui longe la route des plages et les zones d’activités de Savana et de l’Etang…

- Pour aller travailler, la voiture reste le moyen de déplacement privilégié -
 
A la veille de l'élection régionale, il n'était pas un candidat qui ne proposait son plan vélo : Didier Robert voulait redynamiser ce qu'il avait déjà mis en place, Huguette Bello de même, Vanessa Miranville souhaitait inciter financièrement à la pratique de la bicyclette, Jean-Pierre Marchau une compétence lui permettant de réaliser la voie vélo régionale, Joseph Rivière prônait un plan 100.000 Vélos… comme Patrick Lebreton ; Ericka Bareigts, entendait capitaliser sur la location de vélos électriques et réaliser avec les communes 200 km de pistes littorales…

Dans les faits, au-delà de l'existant et de l'inertie des communes à se mettre en connection avec le linéaire régional, il est évident qu'un effort est fait pour développer les cheminements urbains en phase avec laisse en œuvre de services de location de vélos plus ou moins assistés. Saint-Denis l'avait annoncé en 2020, idem pour le TCO qui avait même lancé une procédure d'achat pour plus de : 368.000  euros de vélos électriques, Saint-Paul a été la première à peindre des gouzous sur ses pistes cyclables, mais la CIVIS a scoré en lançant Altervelo, un système de location de vélo accessible en libre-service le 12 août dernier. Une première ultramarine rapidement redoublée sur Saint-Louis sous l'égide de la Semittel. En tel cas la finalité de ces équipements et services vise à offrir aux citadins réunionnais et aux touristes une alternative à la voiture pour des déplacements courts, utilitaires ou de loisirs.

Une option porteuse, car selon l'INSEE, à La Réunion, pour aller travailler, la voiture reste le moyen de déplacement privilégié même à proximité de chez soi, sept Réunionnais sur dix qui travaillent à moins de 5 km de leur domicile utilisent la voiture pour s'y rendre. Cette situation résulte sans doute moins d'un choix que d'une obligation, faute de solutions autres.

- Des zones littorales où il est possible de rouler sans se mettre en danseuse -

Ce mouvement vertueux est soutenu par le gouvernement, en 2020, notamment, des mesures pour encourager la pratique du vélo par les Français ont été prises avec le lancement d’un plan de 20 millions d’euros destiné à prendre en charge la réparation des vélos fatigués, créer des places de stationnement et des pistes cyclables temporaires…  

Mais aussi "doux" soient-ils, ces vélos assistés et moyens de déplacements alternatifs ne peuvent gommer les spécificités géographiques et climatiques de La Réunion, sans parler des contraintes posées par un réseau routier lui-même dépourvu de cheminements alternatifs.

De fait, au-delà des zones littorales relativement peu escarpées ou il est possible de rouler sans se mettre en danseuse, le relief péi s'avère exigeant et le taux d'humidité de notre atmosphère facilite la transpiration… Sauf à se changer en arrivant sur son lieu de travail, il est difficile d'imaginer baigner dans son jus une journée entière… Idem en matière de pluviométrie. Enfin, la relative carence en pistes cyclables en site propre induit un facteur de risque important pour les usagers de deux roues, plus ou moins motorisés.

Donc, quand bien même il est légitime de développer la pratique de la petite reine à La Réunion, de façon rationnelle et écologiquement correcte, il est peu vraisemblable de voir le vélocipède se substituer majoritairement à la voiture ou aux transports en commun. Ce qui n'empêche pas de soutenir le développement du deux roues musculaire ou assisté, comme on dit aujourd'hui, en matière de loisirs sportifs ou de sport à part entière.

Enfin, on se souvient des expériences des Vélibs à Paris, ou des trottinettes de Marseille, qui avaient une fâcheuse tendance à finir dans la Seine, la rade phocéenne, voire de l'autre côté de la Méditerranée… Il reste à espérer que La Réunion fera preuve de civisme en matière de libre-service car les initiatives des uns et des autres, pour écologistes qu'elle soient, ne survivraient pas à un déficit constant.

plc/ www.ipreunion.com / [email protected]

   

6 Commentaire(s)

Devirieu Nicolas, depuis son mobile , Posté
Bonjour, merci pour cet article. Qu'en est-il du retour très attendu du train à la Réunion ' Et d'un réseau de transport qui "tienne la route". J'imagine que le personnel essaye de faire de son mieux mais les réseaux ne sont pas à la hauteur du territoire et handicape la région tout entière. Cela force les reunionais à prendre leur voiture ce qui, comme chacun sait, occasionne des nuisance sonores, des accidents, des bouchons et aussi une pollution qui nous empoisonne. Je ne comprends toujours pas que le sujet ne soit pas en tête de liste, je suis très choqué en fait
Ciceron, Posté
Merci pour cet article très interessant.Des efforts doivent être faits. Ex :- Voitures garées tous les dimanches sur la piste cyclable en face du cimetière marin à St PAUL. Inadmissible.- Piste cyclable sur la route du cap La Houssaye. Il s'agit d'une simple ligne sur la chausée...Une plaisanterie des politiques !!! - Axes partagés à Saint paul...là encore une plaisanterie !! essayez la rue de la Baie à 8 H00 ou le vendredi soir. C'est dangereux. Ce front de mer est en effet dangereux tant le traffic est dense...je passe sur les voiture tunées et leur cortège de nuisances et d'incivilités...
Sam, depuis son mobile , Posté
Merci pour l'article. Je ne partage pas du tout votre analyse sur la pluviométrie : il y a pas mal de zones sur la Réunion où il ne pleut pas très souvent et/ou pas très fort, en dehors des fortes pluies. Ainsi, à Saint-Denis, je prend le vélo tous les jours pour le travail : je dois mettre l'équipement de pluie peut-être 30 jours dans l'année, et il y a peut-être 5 jours où je prend la voiture par an à cause de la météo. Quand au relief, le vélo à assistance électrique s'est quand même bien démocratisé : on trouve toutes sortes de modèles, adaptés pour chaque usage.
Missouk, Posté
"mais la CIVIS a scoré en lançant Altervelo, un système de location de vélo accessible en libre-service le 12 août dernier"... J'adore! Il suffit de se rendre à St PIERRE ou d'habiter sur le secteur pour savoir que cette opération est un simple buzz médiatique. ST PIERRE est en permanence engorgé par les voitures. Bouchons et ralentissements à toute heure de la journée. A l'exception du bord de mer (et encore, quand des voitures ne sont pas garées dans la voie cyclable), il est quasi impossible de se déplacer en sécurité à vélo dans ST PIERRE... Avant de lancer des locations de vélos, il aurait été préférable que la ville (ou la CIVIS) prévoie d'abord des voies dédiées aux cyclistes!
Jose, Posté
Je roule à vélo souvent, et c'est un vrai cauchemar. Les voitures garées sur les pistes cyclables, les cannes, les tessons de bouteille, les galets. Et pistes non nettoyées, les autos c'est normal envoient les saletés sur les bas cotés, donc les pistes cyclables. Sans compter ceux qui vous rasent de près, vous effleurant parfois de leur rétroviseur, et ceux qui vous dépassent, pour freiner brusquement devant vous. A quand une police à vélo empruntant ces itinéraires, pour verbaliser les sauvages. Dépassement d'un vélo sur route, c'est 1,50 mètres, soit presque la largeur de votre voiture, et en ville 1 mètre. Et sur une route à voie unique et en double sens de circulation, quand veut dépasser un vélo, on ne le fait pas si un autre véhicule arrive en face. Et aux cyclistes, merci de rouler en file indienne, pour ne pas bloquer toute la voie de circulation.
Saintjosephois, depuis son mobile , Posté
A saint joseph sur la contournante au niveau du pont enjambant la rivière des remparts quand j' arrive avec mon vélo aux alentours de midi je suis contraint d emprunter la voie réservée aux véhicules car la piste dites cyclable stationné des gros camions et c est pareil pour les piétons les trottoirs aux abords lycées et collèges ainsi qu au niveau des ambulances Bénard les trottoirs servent de parking aux véhicules sans être verbalisés la mairie autorise le stationnement sur les trottoirs les pitons n ont rien à y faire quand un piton seras fauché il faudras attaquer la municipalité .