Courrier des lecteurs de Steyer Gauthier :

Poubelle jaune ou poubelle grise ?


Publié / Actualisé
Samedi 18 septembre, des centaines de réunionnais soucieux de leur impact environnemental visitent le 1er salon de l'écologie et du développement durable. D'autres au même moment participent à des actions de ramassage de déchet un peu partout sur l'île dans le cadre de la journée mondiale du nettoyage de la planète (World clean up day). Un week-end largement consacré donc à se soucier des graves problèmes de pollution et de rechaument climatique qui nous menacent de plus en plus sérieusement. L'élévation de conscience se fait, lentement, mais surement. Et nous sommes toujours plus nombreux, chacun à son niveau, comme nous le pouvons, à faire notre part. (Photo d'illustration RB/ www.ipreunion.com)
Samedi 18 septembre, des centaines de réunionnais soucieux de leur impact environnemental visitent le 1er salon de l'écologie et du développement durable. D'autres au même moment participent à des actions de ramassage de déchet un peu partout sur l'île dans le cadre de la journée mondiale du nettoyage de la planète (World clean up day). Un week-end largement consacré donc à se soucier des graves problèmes de pollution et de rechaument climatique qui nous menacent de plus en plus sérieusement. L'élévation de conscience se fait, lentement, mais surement. Et nous sommes toujours plus nombreux, chacun à son niveau, comme nous le pouvons, à faire notre part. (Photo d'illustration RB/ www.ipreunion.com)

Et pendant ce temps, pendant que nous, insignifiante goutte d’humanité perdu au milieu de l’océan, tentons de panser les plaies béantes d’une planète à l’agonie, juste au-dessus de nos têtes, à 475 km d’altitude, quatre touristes américains se paient un petit séjour en orbite autour de la Terre. Ces quatre astronautes en herbe ont voyagé durant trois jours, au-delà de la station spatiale internationale (ISS) ou du télescope Hubble. La société privée SpaceX est entrée dans l’histoire avec ce premier lancement orbital d’un équipage purement civil.

Cette mission révolutionnaire nommée Inspiration4 est la première étape majeure de l’accès des voyages spatiaux aux soi-disant “astronautes amateurs”.

Au-delà d’aspects caritatifs et scientifiques tentant de légitimer l’aventure, l'objectif déclaré de la mission est le lancement officiel du tourisme spatial.  Rien de comparable à une mission à bord de l’ISS pendant laquelle des astronautes collaborent, vivent et travaillent en permanence. Il s’agit clairement de se faire plaisir, s’offrir le kif de sa vie, le dernier truc à la mode. Les projets et les offres se multiplient, soutenus par de nombreux investisseurs et politiciens puissants.

Ça vend du rêve, mais ça reste un délire de milliardaires avec des coûts économiques et écologiques complètement fous.

Un coût économique, car le prix des billets se chiffre en centaines de milliers, voire en millions d’euros, ce qui limite quand même la clientèle. Et puis le coût écologique. Le carburant utilisé, kérosène ou hydrogène liquide, brûlés au décollage, émettent de grosses quantités de Co2 et de produits chimiques et de suies toxiques avant de sortir de l’atmosphère.

Les 119 tonnes de kérosène raffiné utilisées par le premier étage de la fusée Falcon 9 de SpaceX produisent, lors de leur combustion contrôlée, une énergie comparable à celle dégagée par la récente explosion qui a ravagé le port de Beyrouth et ses environs : l’équivalent de 1220 tonnes de TNT.
D’après le rapport d’évaluation environnementale de la Falcon 9, le vol complet, avec récupération de la capsule habitée grâce à des navires spécialisés et un hélicoptère, émettra 1 150 tonnes de CO2, l’équivalent de 638 ans d’émission d’une voiture moyenne parcourant 15 000 km par an.

Les 1 % les plus riches sont responsables de deux fois plus démissions que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Après leurs yachts et leurs jets privés, les lubies spatiales de ces (ultra)riches entretiennent l’illusion de toute-puissance à l’origine des graves dérèglements de la biosphère terrestre.
Il n’y a que moi que ça choque ?
Nous sommes la société la plus énergivore de tous les temps. Le tourisme spatial n’arrangera rien. Où trouverons-nous l’énergie et les ressources nécessaires à la conquête de ce nouvel eldorado pour milliardaire ? La réponse ne laisse aucun doute quant à la façon dont la politique mondiale est réellement engagée en termes d’avenir durable, d’économie circulaire, de limitation de l’effet de serre, de contrôle des déchets, etc...

Alors, Jeff Bezos (Amazon), Elon Musk (SpaceX, Tesla, PayPal…), Bernard Arnauld (LVMH), Mark Zukerberg (Facebook), Bill Gates (Microsoft)… et tous leurs dalons, tous leurs soutiens, tous leurs produits : Poubelle jaune ou poubelle grise ???

Steyer Gauthier

   

1 Commentaire(s)

Zoreil, Posté
bravo Gauthier