1,14 million de personnes menacées (actualisé) :

Madagascar : la famine ravage toujours le sud de la Grande Île


Publié / Actualisé
Le sud de Madagascar est toujours en proie à la sécheresse et à la famine. Des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants souffrent de malnutrition et du manque d'eau, malgré la présence sur place de nombreuses organisations non-gouvernementales (ONG) qui tentent de venir en aide à la population. Et la crise alimentaire risque de s'aggraver d'ici au mois d'octobre. Les trop maigres récoltes ne suffiront pas pour nourrir la population durant la saison creuse (Photo d'archive)
Le sud de Madagascar est toujours en proie à la sécheresse et à la famine. Des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants souffrent de malnutrition et du manque d'eau, malgré la présence sur place de nombreuses organisations non-gouvernementales (ONG) qui tentent de venir en aide à la population. Et la crise alimentaire risque de s'aggraver d'ici au mois d'octobre. Les trop maigres récoltes ne suffiront pas pour nourrir la population durant la saison creuse (Photo d'archive)

Le manque de nourriture s'est illustré le 10 septembre dernier, à Faux-Cap dans la région Androy, où une foule s'est précipitée sur un baleineau échoué pour récupérer sa chaire.  Une scène parlante, alors que l'animal était déjà mort et que la consommation de sa chair aurait pu être toxique, comme le rappelle L'Express de Madagascar.

Et si la baleine ne fait pas vraiment partie du régime alimentaire à Madagascar, les chutes de cuir non plus. En juin dernier pourtant, une journaliste de France 24 et de l'AFP avait filmé à Ambovombe, toujours dans la région d'Androy, des habitants cuisant du cuir de zébu pour pouvoir le consommer.

Le gouvernement local s'est indigné contre ces images, assurant que la journaliste avait payé la population pour se mettre en scène. "Il est déplorable de constater que pour exister publiquement, cette journaliste détourne la réalité jusqu’à insulter notre culture et s’appuyer sur notre malheur pour tenter de briller" s'est défendu le gouverneur Soja Lahimaro.

- Des besoins toujours aussi urgents -

Pour autant, l'insécurité alimentaire est une réalité à laquelle est confrontée la population malgache depuis de nombreuses années désormais. Les familles survivent en consommant des fruits de cactus rouges crus, des feuilles sauvages et des criquets. "On en a beaucoup parlé l'année dernière, mais le sujet semble moins intéresser aujourd'hui, les gens ont d'autres problèmes avec le Covid-19" souligne la Fédération de la diaspora malagasy de La Réunion (FEO). "Pour autant, la situation est toujours aussi alarmante, voire pire qu'elle ne l'était il y a un an" alerte-t-elle cependant.

Sur place, les distributions de colis alimentaires continuent, notamment dans le sud où les besoins sont les plus urgents. "Il ne s'agit cependant que d'une solution sur le court terme. Au moyen terme, nos bénévoles travaillent sur place pour apporter des solutions adaptées à chaque village : certains ont besoin d'eau, d'autres de troupeaux ou de potagers…A chaque endroit sa solution" ajoute la FEO.

L'association Agir pour Mada est en charge des missions sur place, où la cinquième distribution de 2021 a été effectuée au début du mois. 200 paniers garnis ont été distribués dans le district d’Ambovombe fokontany Tseredreo, Behabobo I et II. Au mois d'août, l'association a présenté une chanson interprétée par Soan, Nono (Kiltir), Olivier Araste (Lindigo), David Louisin, Njiva (Mamiso Trio) afin d'alerter sur cette problématique toujours très réelle.

Le lancement officiel du clip de la chanson s’est tenu le samedi 21 août à l’hôtel de ville de Bras-Panon en présence du maire Jeannick Atchapa. "Nous ne pouvons pas rester insensibles à la tragédie qui se déroule à Madagascar" avait-il déclaré.

Lire aussi : Pandémie et famine, la double peine de Madagascar

- 1,14 million de personnes en situation d'insécurité alimentaire -

Mais les colis alimentaires ne représentent qu'une solution temporaire à un problème qui ne va pas s'arranger dans le temps : le changement climatique. La rareté des pluies depuis quatre ans a rendu l'agriculture presque impossible. De plus, des tempêtes de sable ont transformé de vastes étendues de terres exploitables en friches. Ces ravages, liés au réchauffement climatique selon l'ONU, engendrent la pire sécheresse depuis 40 ans, a déploré Amnesty International en juillet dernier.

Et les actions du gouvernement pour endiguer la famine se font attendre. Si le président Andry Rajoelina a organisé un "colloque" national les 11 et 12 juin pour assurer "l’Émergence du Grand Sud", et qu'il avait déjà alerté sur cette crise alimentaire récurrente en 2016, 2019, et 2020, les solutions ne semblent pas arriver.

Selon plusieurs élus de la commune d’Ifotaka, les dernières aides de l’Etat, sous forme de riz, d’huile et de haricots, ont largement été détournées par des militaires en août, rapporte l'AFP. Seulement 90 personnes, sur les 500 identifiées, ont reçu cette somme.

D'après l'ONU, Madagascar est le premier pays au monde à souffrir d'une famine causée par le réchauffement climatique. Le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, a exhorté la communauté internationale à intensifier les efforts et à agir après avoir été témoin de la crise invisible qui touche le sud de Madagascar. "Les sécheresses consécutives à Madagascar ont poussé les communautés au bord de la famine. Les familles souffrent et des gens meurent déjà de faim sévère. Ce n'est ni à cause de la guerre ni à cause des conflits, c'est à cause du changement climatique. C'est une région du monde qui n'a en rien contribué au changement climatique, mais maintenant, ce sont eux qui en paient le prix" a-t-il alerté.

On estime aujourd'hui que 14.000 personnes se trouvent déjà dans des conditions catastrophiques (Phase 5 du Cadre intégré de Classification de la sécurité alimentaire – IPC 5) et ce chiffre doublera pour atteindre 28 000 d'ici octobre.

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    4 Commentaire(s)

    Sissi974, Posté
    Que font les dirigeants de ce pays pour son peuple ' Madagascar a encore des ressources, mais mal exploitées. Je pense aussi que les aides externes sont détournés ... Comment peut-on encore à la Réunion consommer à outrance, sachant que proche de chez nous, des gens souffrent de la famine ! Où allons-nous' Pour quel avenir ' Le partage n'existe pas '
    GJean, Posté
    @Gerard.bur: votre proposition ridicule serait risible si ce n'était pas si grave.Vous écrivez vouloir aider les gens d'un autre pays, cependant dans le vôtre vous ne participez pas à la lutte contre la pandémie en refusant de vous vacciner.
    Gérard.bur, Posté
    Je fais volontiers don du coût de ma vaccination anti Covid que je ne ferai pas pour sauver un enfant de la famine. Je pense courrier bien moins de risque que lui et j'aurai le sentiment que cet argent serait utilisé à bon escient.
    RIPOSTE974, Posté
    Que foute les élus de Madagascar qui se gavent des subventions venant d'ailleurs.Y' a t-il un système '