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Au Mexique, voyage au pays où l'on vend des fillettes


Publié / Actualisé
"J'ai souvent parcouru la géographie de l'Etat mexicain de Guerrero, un territoire bordé par le Pacifique où se succèdent les pics montagneux et les vallées, terre d'agriculteurs pauvres en majorité indigènes. Cet Etat c'est aussi l'un des plus violents du pays. J'y ai réalisé de nombreux reportages sur le trafic de drogue, les disparus, les tueries et même sur une morgue. Je n'avais encore jamais abordé une pratique qui y est encore monnaie courante dans certains villages: la vente et l'achat de fillettes pour être mariées, cédées dès leurs premières règles écrit la journaliste de l'AFP Jennifer Gonzales. on reportage de la journaliste est à retrouver ci-dessous (Photo Pedro Pardon / AFP)
"J'ai souvent parcouru la géographie de l'Etat mexicain de Guerrero, un territoire bordé par le Pacifique où se succèdent les pics montagneux et les vallées, terre d'agriculteurs pauvres en majorité indigènes. Cet Etat c'est aussi l'un des plus violents du pays. J'y ai réalisé de nombreux reportages sur le trafic de drogue, les disparus, les tueries et même sur une morgue. Je n'avais encore jamais abordé une pratique qui y est encore monnaie courante dans certains villages: la vente et l'achat de fillettes pour être mariées, cédées dès leurs premières règles écrit la journaliste de l'AFP Jennifer Gonzales. on reportage de la journaliste est à retrouver ci-dessous (Photo Pedro Pardon / AFP)

J’avais lancé une première tentative, il y a quatre ans, en contactant plusieurs ONG, des travailleurs sociaux et des chercheurs. Ils étaient disposés à parler, mais beaucoup plus réservés à l’idée de nous mettre en relation avec les victimes. 

“C’est très délicat. D’une part parce que les victimes pourraient souffrir de représailles au sein de leurs communautés si elles parlent, mais aussi parce que nous perdrions leur confiance si les choses se passaient mal et du coup, elles ne seraient plus accompagnées”,  par notre ONG m’avait expliqué un de mes contacts après plusieurs conversations.

Nous avons donc renoncé momentanément au sujet, mais je sentais que j’avais l’obligation de l’aborder, comme une brique de plus dans le piètre bilan tristement célèbre du Mexique en termes de violences faites aux femmes.

L’opportunité s’est présentée il y a quelques semaines, quand j’ai su qu’une des ONG s’occupant de ces enfants, l'organisation de défense des droits humains Tlachinollán,  était très mécontente après un article paru dans un quotidien mexicain sur ce sujet, sans aucun témoignage de victimes. J’ai à nouveau contacté une source locale.

“L’Etat de Guerrero n’a rien à voir avec d’autres régions du pays connues pour la traite de femmes”, m’a-t-il dit. “Ici, les choses se passent en sous main”. “Si vous voulez écrire sur ce sujet, venez, venez parler avec les gens de La Montagne -- nom du territoire où se déroulent ces pratiques, observez comment ils vivent. Mais je ne suis pas sûr que les victimes vous parleront. Elles vivent toutes dans la crainte”.
J’ai finalement identifié une organisation dont les chercheurs avaient travaillé pendant six ans avec des communautés où l’on pratique l’achat-vente de fillettes en vue de leur mariage.

J’ai finalement identifié une organisation dont les chercheurs avaient travaillé pendant six ans avec des communautés où l’on pratique l’achat-vente de fillettes en vue de leur mariage.

Nous avons formé équipe avec le photographe Pedro Pardo, connaisseur de Guerrero où il a vécu neuf ans,  et Amaranta Marentes, une vidéojournaliste. Pedro était enthousiaste. “J'avais très envie d’observer de près ce phénomène de La Montagne, une région très pauvre où les indices de développement humain sont parfois comparés à ceux de d’Afrique sub-saharienne”, m’a-t-il dit, en me précisant qu’il s’y était déjà rendu pour des reportages sur la culture de la fleur de pavot ou encore sur des rituels ancestraux.

La suite du reportage est à retrouver ici

   

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