Pour dénoncer les fake news :

Perpignan : un photojournaliste piège Visa pour l'image avec des fausses photos


Publié / Actualisé
Le photoreporter Jonas Bendiksen a annoncé que son travail, diffusé au mois de septembre à Visa pour l'Image, un festival international de photojournalisme, a été falsifié volontairement. Une façon pour lui de dénoncer la propagation de fake news.
Le photoreporter Jonas Bendiksen a annoncé que son travail, diffusé au mois de septembre à Visa pour l'Image, un festival international de photojournalisme, a été falsifié volontairement. Une façon pour lui de dénoncer la propagation de fake news.

"The Book of Veles", a été présenté lors de la 33ème édition du festival, et n'est en fait qu'un recueil de photos truquées. "J'ai commencé à me poser la question: combien de temps faudra-t-il avant que nous voyions des "documents photographiques" qui n'ont pas d'autre base réelle que l'imagination du photographe et une puissante carte graphique d'ordinateur ? Serons-nous capables de faire la différence ? Est-ce si compliqué à produire ?" a déclaré le photojournaliste dans un entretien publié sur Magnum, l'agence de presse pour laquelle il travaille.

L'idée est née quelques années plus tôt, quand il remarque qu'une explosion de la désinformation médiatique est en cours. Il cite notamment la campagne et la présidence de Donald Trump aux États-Unis. C'est aussi à ce moment là que la ville de Veles, en Macédoine, s'est faite connaître : elle est alors connue pour être un haut-lieu de production de "fake news".

Jonas Bendiksen s'est donc formé sur son ordinateur à la modèlisation de personnes en 3D et voyage ensuite à Veles. "Je photographiais juste des endroits vides, des appartements, des bureaux, des parcs, des bancs...tout décor qui me semblait intéressant. J'attendais juste qu'il n'y ait personne dans le cadre," a-t-il expliqué. Une fois les photomontages réalisés, le photojournaliste s'est ensuite servi d'une intelligence artificielle pour créer de toute pièce un texte de 5.000 mots pour accompagner ses photos.

Le résultat de son travail a été présenté en septembre lors du festival. Ce n'est qu'après diffusion que Jonas Bendiksen a révélé la supercherie. Le directeur du festival, Jean-François Leroy s'est exprimé à travers un communiqué sur Twitter. "J'espère que la confiance du public n'a pas été abimée par cette rupture involontaire de la promesse que nous faisons chaque année d'exposer les meilleures histoires produites par des journalistes photographes" a-t-il écrit.

Son entretien (en anglais) avec Magnum est à retrouver ici

www.ipreunion.com / [email protected]

   

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