Evolution depuis 20 ans :

Développement durable à La Réunion : le territoire s'enrichit, l'environnement se dégrade


Publié / Actualisé
L'Insee dévoile ce vendredi 8 octobre 2021 une large étude sur les objectifs et indicateurs de développement durable à La Réunion, et leurs évolutions depuis 20 ans. Selon l'institut de statistiques, il en ressort des améliorations des points de vue économique et social, mais une dégradation environnementale. Le territoire gagne en richesse mais produit aussi plus de déchets. Nous publions ici le communiqué de l'Insee. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
L'Insee dévoile ce vendredi 8 octobre 2021 une large étude sur les objectifs et indicateurs de développement durable à La Réunion, et leurs évolutions depuis 20 ans. Selon l'institut de statistiques, il en ressort des améliorations des points de vue économique et social, mais une dégradation environnementale. Le territoire gagne en richesse mais produit aussi plus de déchets. Nous publions ici le communiqué de l'Insee. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

À travers l'Agenda 2030, la France s'est engagée à atteindre 17 objectifs de développement durable pour répondre aux enjeux inédits auxquels le monde fait actuellement face, exacerbés par la crise sanitaire de la Covid-19. Depuis 20 ans, La Réunion connaît des transformations sociales, économiques et environnementales importantes, mais la plupart des cibles fixées par la loi ou d’autres textes réglementaires restent encore lointaines.

Cette présente publication constitue la synthèse d’un ensemble d’études sur les évolutions en matière de développement durable à La Réunion depuis 20 ans.

Le territoire s'enrichit, mais consomme de plus en plus d'énergie et produit davantage de déchets

Sur le plan social, les avancées sont notoires ces dernières années. En particulier, les personnes nées à La Réunion sont de plus en plus diplômées et occupent plus fréquemment que par le passé les postes de cadres. L’accès au marché du travail s’améliore légèrement entre 2007 et 2018, même si à peine la moitié des personnes en âge de travailler occupent un emploi. Conséquence notamment de la hausse de l'emploi, les richesses produites sur le territoire augmentent (figure 1), et la pauvreté se réduit entre 2007 et 2018. Les inégalités de revenus diminuent, sous l’effet de la hausse des revenus des ménages les plus pauvres, tout comme les inégalités entre les femmes et les hommes. Ces inégalités restent néanmoins importantes.

Ces avancées sociales et économiques ont un impact environnemental : l’énergie consommée et les déchets produits par habitant augmentent. À cela s'ajoutent une population qui s’accroît et des déplacements qui continuent à se faire majoritairement en voiture. Ces besoins grandissants en électricité et en carburants génèrent une hausse de la consommation des énergies fossiles. Or celle-ci est responsable de la majorité des émissions de gaz à effet de serre, principale cause du réchauffement climatique. Ce phénomène mondial n’épargne pas La Réunion : depuis 50 ans, les températures moyennes y ont augmenté de près de 1 degré.

Pour limiter les impacts sur le climat, La Réunion s’est lancée dans la transformation de son mix électrique. À l’horizon 2023, l’électricité devrait provenir uniquement d’énergies renouvelables alors que la part de l’énergie renouvelable dans le mix électrique ne dépasse pas 38 % depuis 10 ans. De plus, le tri, le réemploi et le recyclage se développent. La quantité de déchets produits est amenée à diminuer, par la transition vers une économie circulaire.

Une population en meilleure santé et mieux logée, mais un environnement qui se dégrade

Les conditions de vie sur l’île s’améliorent depuis plusieurs décennies. L’espérance de vie notamment augmente considérablement depuis le début des années 1950, même si cette hausse ralentit depuis 2011. Les décès prématurés avant 65 ans demeurent néanmoins toujours plus fréquents qu’en métropole et certaines maladies chroniques comme le diabète sont plus répandues. L’agriculture biologique se développe timidement et reste moins implantée qu’en métropole, même si les pesticides sont moins utilisés. Les enjeux d’approvisionnement en eau potable se renforcent : la consommation individuelle baisse mais le rendement des réseaux d’eau, déjà médiocre, se détériore.

Sous l'impulsion du plan eau DOM, les logements sont plus souvent raccordés à l’assainissement collectif et des efforts sont réalisés sur les stations d’épuration. L’état des masses d’eau superficielles et littorales se dégrade avec des ruptures importantes de continuité écologique de cours d’eau. Les récifs coralliens ne sont pas en bon état et leur situation se détériore depuis les années 1970. Les Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) visent la remise en bon état des masses d’eau, y compris des récifs.

Les conditions de logement continuent de s’améliorer mais les besoins en logements, en particulier sociaux, restent importants. Pour un territoire insulaire, un des enjeux est d’équilibrer le partage du territoire entre ces besoins en logements, le développement de l’activité économique mais aussi la préservation des espaces naturels et agricoles. La transition écologique de La Réunion est en effet indissociable de la préservation de sa biodiversité riche de nombreuses espèces et de milieux naturels uniques, certains menacés. Actuellement, 44 % de la surface terrestre de l’île est protégée mais les pressions sont fortes, entre propagation des espèces invasives et extension de la tache urbaine (figure 2). Les objectifs poursuivis de l’autonomie alimentaire et énergétique nécessiteront de conserver un équilibre entre les espaces urbanisés, agricoles et naturels.

Pour relever ces enjeux, l’implication citoyenne est nécessaire mais son évolution est contrastée. Alors que la participation électorale baisse, le milieu associatif est en plein essor, avec un tiers des jeunes faisant régulièrement du bénévolat. Cette solidarité s'exerce aussi plus largement au sein de la zone océan Indien, avec des programmes de coopération interrégionale axés notamment sur la recherche et le développement. Les métiers liés à l'innovation restent cependant plus rares à La Réunion que dans l'Hexagone.

Une crise sanitaire dont l'impact est à suivre

Avec la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19, les améliorations sociales et économiques des dernières années pourraient être remises en cause. Par exemple, alors que les violences diminuent jusqu'en 2019 à La Réunion, elles augmentent à nouveau en 2020 dans un contexte de pandémie et de confinement. En parallèle, la diminution des déplacements pendant le premier confinement a visiblement limité les émissions de gaz à effet de serre.

Plus largement, les crises sanitaires auxquelles La Réunion est exposée – chikungunya, dengue, Covid-19 – interpellent sur les liens forts entre la santé humaine et le respect des équilibres environnementaux. Elles rappellent aussi le lien entre les activités humaines, notamment économiques, et le changement climatique lorsque les restrictions sanitaires imposent de réduire les déplacements, générant ainsi une baisse de la pollution.

   

2 Commentaire(s)

Alain, depuis son mobile , Posté
Cette TV, située au chemin des anglais à la possession, est là depuis plus de 8 années....
Missouk, Posté
Effectivement, il suffit de se balader à pieds, en ville comme ailleurs pour voir que les bords de routes sont particulièrement sales (bouteilles, papiers, boîtes, ...). Et contre cela, les pouvoirs publics ne peuvent pas grand chose. A chacun de faire un effort!