Présidentielle 2022 :

Eric Zemmour ou la faillite collective face au populisme


Publié / Actualisé
Depuis quelques semaines, Eric Zemmour, le célèbre polémiste anime la sphère médiatique et politique. Une agitation qui interpelle par son ampleur, mais aussi par la faiblesse de sa pensée politique, portant essentiellement sur les questions d'identité et d'immigration. Ces idées trouvent un écho médiatique certain dont le battage fait caisse de résonance. Cela offre à cet homme oscillant entre droite et extrême droite, une percée aussi inexplicable qu'inattendue dans les sondages. Il se hisse ainsi comme un possible adversaire d'Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, alors qu'il n'est pourtant pas (encore) candidat, donnant le sentiment d'une faillite collective face au populisme.
Depuis quelques semaines, Eric Zemmour, le célèbre polémiste anime la sphère médiatique et politique. Une agitation qui interpelle par son ampleur, mais aussi par la faiblesse de sa pensée politique, portant essentiellement sur les questions d'identité et d'immigration. Ces idées trouvent un écho médiatique certain dont le battage fait caisse de résonance. Cela offre à cet homme oscillant entre droite et extrême droite, une percée aussi inexplicable qu'inattendue dans les sondages. Il se hisse ainsi comme un possible adversaire d'Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, alors qu'il n'est pourtant pas (encore) candidat, donnant le sentiment d'une faillite collective face au populisme.

- Une ascension médiatique atypique -

Eric Zemmour, c’est l’histoire d’une ascension atypique puisqu’il est issu du monde des médias, étant journaliste depuis 1986 et ses débuts au Quotidien de Paris. C’est dans les années 2000 que Zemmour se fait un nom en devenant un polémiste apprécié ou détesté dans les émissions " ça se dispute " et " on n’est pas couché ". Plus récemment, il animait une chronique intitulée " Face à l’info " sur CNews.

Contrairement à beaucoup de personnalités politiques de premier plan dont l’ascension a suivi un parcours plus " classique " avec des mandats politiques, Eric Zemmour est donc un pur produit de l’univers des médias, celui là même qui a la force de faire et de défaire certaines carrières politiques.

La connaissance de ce rouage peut sensiblement expliquer les raisons de cet ascension fulgurante et étonnante, ce dernier connaissant parfaitement la machine et les leviers susceptibles de lui permettre d’être au premier plan médiatique, à coup de polémiques, de petites phrases et d’opérations de com’ savamment orchestrées, avec la bienveillance directe ou indirecte de certains médias qui, comme régulièrement, préfèrent le battage médiatique au véritable débat d’idées.

Cette stratégie n’est pas sans rappeler celle d’un certain Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Economie de François Hollande qui n’est passé par aucune case " élection " et qui a pourtant réussi à gravir les marches du pouvoir à une vitesse fulgurante grâce à une stratégie de communication fondée sur une prise de distance avec son ancien mentor, François Hollande, tout en apparaissant comme l’homme du renouveau.

- Une offre politique qui répond à une demande -

Autre point commun entre Emmanuel Macron et Eric Zemmour, ils ont su apporter une offre politique répondant à une demande. Emmanuel Macron avait été celui qui incarnait la fin des partis traditionnels et des clivages droite-gauche, séduisant à la fois les électeurs de gauche et de droite. La conséquence, près de 5 ans après, c’est une affaiblissement notable des partis traditionnels.

C’est dans ce contexte qu’apparaît Eric Zemmour au milieu de la droite et de l’extrême droite fatiguées et incapables de donner un nouveau souffle à leur discours politique.

Le polémiste y apparaît avec son talent de tribun, une filiation, qu’il s’auto attribue, au Général de Gaulle, et un discours anti-immigration voire raciste qui permet de séduire l’extrême droite, voire même au-delà.

En effet, le polémiste a bâti son discours dénonce abondamment le péril pour la France face à l’islam et plus largement à l’immigration. Pour Eric Zemmour, la réponse semble très simple : l’assimilation en exigeant notamment à ce que les personnes ayant des prénoms à consonnance étrangères changent d’identité et adopte un prénom plus " français ".

Il a même réussi à se façonner la stature d’un candidat anti-système, lui permettant d’avoir la sympathie, ou du moins l’écoute attentive, de gilets jaunes et d’anti pass sanitaires, ceux-là même qui se défendent de vouloir se ranger derrière un dirigeant.

Eric Zemmour a clairement vu qu’il y avait une place à prendre dans cet espace, et il a réussi à s’y faufiler avec beaucoup d’autorité puisque, n’étant pas encore candidat, ce dernier apparaît déjà dans le trio de tête de certains sondages en vue de la présidentielle de 2022, voire même qualifié au second tour face à Emmanuel Macron. 

- Une certaine démission collective face au populisme -

Si ce discours a de quoi plaire aux purs et durs du Rassemblement National, ce n’est évidemment pas sur la base de ce propos qu’on construit un programme présidentiel. Ce n’est pas à coup d’attaques contre les étrangers et les français de diverses communautés qu’on parviendra à lutter contre le chômage, la pauvreté ou encore à favoriser le développement économique et la compétitivité des entreprises. Or, derrière ce battage médiatique autour d’Eric Zemmour, le discours sembler sonner creux dès lors qu’on sort du sentier battu de l’immigration.

Pourtant, la France continue à jouer à ce jeu dangereux, avec ce micro ouvert et tendu à ce chantre du populisme qui, jour après jour, monte dans les sondages et gagne en popularité. Effectivement, les sondages ne font jamais les élections, on le répète inlassablement. Mais cette tendance est inquiétante d’autant plus que personne, ni les médias, ni la population, ne semble vouloir faire barrage à cette montée en puissance.

Quant aux politiques, ils semblent figés face à ce qui se déroule pourtant sous leurs yeux. A gauche, on est trop divisé et trop occupé aux gueguerres pour s’occuper de l’aile droite. A droite, non seulement on est pris en tenaille en le RN et LREM, mais la primaire approche à grand pas. Zemmour attendra donc. Marine Le Pen tente tant bien que mal d’écoper le bateau RN qui semble couler face à la vague Zemmour. Enfin Emmanuel Macron, bien que vigilant, semble admirer ce spectacle, se préparant déjà à enfiler la cape du sauveur de la France face aux extrêmes et aux populismes.

Alors, effectivement, une victoire d’Eric Zemmour à la présidentielle, à l’heure actuelle, est loin d’être probable. Si ça se trouve, il est tout simplement un phénomène de mode, à l’image du tamagotchi il y a 25 ans ou de squid game pour prendre un exemple plus récent.

Quoi qu’il en soit, nous semblons être les témoins d’une faillite collective face au populisme, témoignant d’une déliquescence profonde de notre société et de la pensée, marquée par la culture de la haine et des petites phrases.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

17 Commentaire(s)

Marcel , Posté
Zemour critique l'ancien monde comme un certain Macron a l'époque.
Zemmour va faire tranquillement son chemin , Posté
Ses idées sont partagées par plus de 50% des français et il n'est pas encore diabolisé par la frange bobo-gaucho-tiers-mondiste donc il a tout ses chances face à Macron !Le Ps est mort, le LR est mort ( comment refaire confiance à un parti qui au pouvoir ne tient pas ses promesses), Melenchon trop sectaire, jadot trop mondialiste trop fracturant !Zemmour a sa chance !
Franckdubos, Posté
Bonjour,C'est un point de vu, trop fermé à mon avis, qui n'ouvre pas à l'échange. M. Zemmour catalyse des frustrations. Il a l'intelligence de s'en servir comme tremplin politique. En soi il n'est pas le premier ni le dernier à agir ainsi. Laissons lui un peu de temps afin qu'il affine son projet pour la France pour un débat plus constructif.Cordialement
Phil, Posté
Beaucoup de déception, les politiciens portent la lourde responsabilité du populisme actuel. Notre président, et Les précédents mentent, pactisent et s enrichissent comme en témoignent les affaires récentes avec Sarkozy, Chirac et ses déjeuners à 4000e et Macron dans la gestion discutable de la crise, du Benalla et sa strategie a divisée. Fragmentation des parties politiques, de la population. Les médias qui ne jouent pas toujours ce rôle d éveil des consciences, de réflexion sur de nombreux sujets portent aussi une part de responsabilité dans cette situation. En témoigne la defiance et parfois le rejet violent de certains journalistes lors de manifestations. DONC le résultat le voilà ! Zemmour à ses chances et si la curiosité de comprendre cet homme par votre propre regard doit se faire par une écoute attentive d une interview INTÉGRALE et non un extrait choisi par un tiers vous comprendrez que cet homme est un républicain, d une grande culture et de plus très redoutable dans les débats car il argumente très solidement ses idées...que l on partage ou pas. Face à face Zemmour et Macron dans le débat présidentiel je crains fortement que Macron ne fasse pas le poids... affaire à suivre en avril 2022.
Sydney, Posté
Je pense que le sieur Zemmour ne va pas se présenter aux élections présidentielles, car au moment de parler économie, écologie, pouvoir d'achat des français, agriculture, industrie, etc... présenter l'immigration à chaque question comme seul recours, sera un peu mince comme programme. Beaucoup de français vont persister à voir en ce personnage un président potentiel mais une large majorité va réfléchir. Et bien que ce thème enflamme beaucoup de monde en ce moment, le seul bénéficiaire est E.Z. avec son livre vendu à 21,90 ' (entendu dans "Quotidien"). Et on dit merci à qui ' Aux médias, bien sûr, aux réseaux sociaux, aux sondeurs qui ramassent gamelle sur gamelle mais qui sont encore là pour nous "suggérer".Face à ces vagues d'intoxication, la seule chose qui nous reste c'est de réfléchir !Intelligemment.
Macron bis , Posté
Zemour c'est du Macron bis. Beaucoup de points communs.
974, Posté
Liberte de la presse et point de vie de journaliste : bravo et c'est rare. Bel article.
Louis, Posté
Est ce un article de presse ou l'avis d'un journaliste ' (Bonjour, c'est un éditorial, donc un article de presse, qui donne l'avis du journaliste (et de la rédaction plus largement). Bonne journée - webmaster)
Toucher le fond , Posté
Macron président et Zemiour au second tour. Le karma de la France doit être vraimenr lourd.
GramounFM, Posté
A une époque, 25% des français et 35% des réunionnais soutenaient les tenants du parti communiste, inféodés à une idéologie et un système dictatorial qui a fait des millions et des millions de morts et de victimes. Comment dès lors criminaliser quelqu'un dont le tort est de dire à ceux qui vivent en France, ou qui veulent s'y installer: "respectez notre culture ou restez chez vous"
Missouk, Posté
Merci pour cet article sans concession. Ce sont les médias et le monde de la finance et du marketing qui ont construit la candidature de ZEMMOUR. Ca me rappelle curieusement 2017 et l'arrivée du sieur MICRON 1er... On est malheureusement dans un monde qui fonctionne ainsi. Le sieur BOLLORE, patron milliardaire de ce triste sire doit bien s'amuser!
HULK, Posté
Faillite collective face au populisme, vous plaisantez' Faillite des politiques face aux problèmes plutôt. Lâchetés et compromissions avec la complicité des médias certainement. D'où la montée du populisme.
Bunnywailers, Posté
Il me fait marrer ce petit Goebbels , rien qu'avec son nom et sa tête, en 1940 il aurait eu une place gratuite pour Dachau. Comme toujours on oublie vite!
Polrun, Posté
Bravo à vous pour cet article intéressant et bien structuré qui présente la non-candidature de monsieur Zemmour comme un produit de marketing politique sans réelle consistance.En suivant l'exemple des Lepen père et fille, le polémiste (tout la vacuité de son discours est révélé avec ce simple mot...) base toute sa communication et son positionnement politique sur l'immigration, la théorie du grand remplacement, la haine des étrangers, de l'autre... La classique stratégie du bouc émissaire.Mais que propose-t-il en effet en matière d'éducation, d'économie, de culture, de développement durable, de protection des plus vulnérables, de relations internationales... ' Un grand vide sidéral !Les médias ont une responsabilité et un rôle à jouer dans le gonflement de cette bulle creuse car aujourd'hui, c'est sur toutes ces questions qu'il faut interroger ce monsieur.Quant à savoir s'il parviendra à réunir sur son nom les 500 signatures de parrainage républicain, ce trublion inutile a encore du chemin à parcourir, ce qui selon moi explique pourquoi il n'est toujours pas officiellement candidat.Quelques petites coquilles dans votre texte : 1) "Cela offre cet homme..." -> "Cela offre à cet homme..."2) "...celui là même..." -> "...celui-là même..."3) "...les raisons de cet ascension..." -> "...les raisons de cette ascension..."4) "...a bâti son discours dénonce abondamment..." -> "..a bâti un discours qui dénonce abondamment.."5) "...occupé aux gueguerres..." -> "..occupé aux guéguerres..."
La vérité si je mens !, Posté
Ti 14 ferait mieux s'il fallait lire cet article . Essayez de voir si leonid brejnef peut faire mieux, autant savoir si marie antoinette huguette B. existe encore disparu depuis peu du radar politique péi
CHABAN, Posté
Les médias, complices des politiques, un temps sarko, aujourd'hui macron, sont co-responsables.Alors, quoi ' Après chirac, après macron, on va nous le refaire une 3ème fois '
Jeanbon, Posté
Les Français ont tout essayé, rien ne change, rien ne s'arrange, au contraire, tout empire, il n'y a qu'à voir l'état de la justice, et celui des prisons, et de ceux qui les occupent en permanence. Le Français quelle que soit sa couleur en a assez de certaines minorités qui font du communautarisme, et pourrissent la vie des honnêtes citoyens dans certains quartiers.Cette situation avait été évoquée fin des années 70, par un certain Georges Machais. A présent, on y est, et jusqu'au cou.