L'association Paysages de France s'empare du sujet :

A La Réunion, les normes de panneaux publicitaires ne sont pas vraiment respectées


Publié / Actualisé
Après plusieurs mois de travail, la branche locale de l'association Paysages de France a comptabilisé 165 publicités qui ne respectaient pas les codes de l'environnement en matière de panneaux publicitaires. Et ce, sur trois communes seulement : Saint-Louis, Saint-Leu et Saint-Paul. Si la préfecture assure avoir été mise au courant et avoir interpellé les annonceurs afin qu'ils retirent leurs panneaux, la plupart sont toujours en place...plusieurs mois après les premiers signalements (Photo Paysage de France)
Après plusieurs mois de travail, la branche locale de l'association Paysages de France a comptabilisé 165 publicités qui ne respectaient pas les codes de l'environnement en matière de panneaux publicitaires. Et ce, sur trois communes seulement : Saint-Louis, Saint-Leu et Saint-Paul. Si la préfecture assure avoir été mise au courant et avoir interpellé les annonceurs afin qu'ils retirent leurs panneaux, la plupart sont toujours en place...plusieurs mois après les premiers signalements (Photo Paysage de France)

Les publicités sont omniprésentes à La Réunion, il suffit de regarder autour de soi pour le remarquer. Concessionnaires de voiture, restauration rapide et alcooliers sont les plus présents dans le paysage réunionnais, au grand dam de nombreuses associations environnementales mais aussi de santé publique. "Ce qu'on remarque, c'est qu'en plus d'être omniprésents, ces panneaux publicitaires ne respectent pas les règlementations une fois sur deux" assure Vincent Chausserie-Laprée, représentant local de Paysages de France depuis le début d'année 2021.

Une quarantaine de volontaires ont été missionnés pour traquer ces panneaux jugés illégaux. "165 publicités et 78 enseignes installés sont en violation du Code de l'environnement sur les trois communes qui ont été inspectées" indique Paysages de France. "La plupart appartiennent à de grands groupes" rajoute par ailleurs Vincent Chausserie-Laprée. Les quartiers de Saint-Gilles-les-Bains, l'Hermitage, Piton Saint-Leu, ou encore la Saline sont concernés. Une situation qui, en plus de "polluer le paysage", nuirait aussi aux petits commerces d'après l'association. "Quand on regarde qui sont les annonceurs, il s'agit généralement de grands groupes" explique-t-il.

- Des recours en justice envisagés -

De nombreux recours ont donc été déposés auprès de la préfecture, via la Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DEAL), qui délivre les autorisations d'implantation. "L'association Paysage de France a en effet relayé à la préfecture plusieurs dispositifs qui lui semblaient en infraction sur trois communes. La DEAL, après avoir vérifié l'analyse menée par l'association, demande aux annonceurs d’enlever les panneaux. Les premiers panneaux ont ainsi bien été enlevés" indique-t-elle de son côté.

"Si cette voie amiable n'aboutit pas rapidement, le code de l'environnement prévoit l'engagement de procédures judiciaires qui peuvent conduire à des peines d'amendes" explique-t-elle par ailleurs.

Une réponse "de politesse" d'après Paysages de France. "D'expérience, nous savons très bien que l'unique moyen de faire respecter le code de l'environnement aux annonceurs est de porter nous-même l'affaire devant les tribunaux" assure l'association, qui compte bien passer par ce recours si cela devient nécessaire. "L'objectif aujourd'hui, c'est d'inonder de recours la DEAL afin qu'elle décide de faire respecter la loi. Mais si elle ne le fait pas, on se tournera vers le tribunal administratif" ajoute-t-elle.

- Une responsabilité de l'Etat bientôt déléguée aux maires -

Légalement parlant, il revient aux annonceurs de s'assurer de la légalité de l'affichage. Cependant, c'est la préfecture, via la DEAL, qui a autorité sur les dits-panneaux, sauf dans les communes où un règlement local de publicité (RLP) a été mis en place. A La Réunion, Saint-Denis et Saint-Pierre uniquement possèdent un RLP. "Des plans qui pourraient être plus restrictifs et peu ambitieux" estime d'ailleurs Paysages de France, qui s'était déjà manifestée lors d'une enquête publique sur les publicités numériques à Saint-Denis.

 Le reste du territoire est donc sous l'égide de la préfecture, mais uniquement jusqu'en 2024. "A partir du 1er janvier 2024, avec ou sans RLP, les missions d'instruction et de la police de la publicité seront assurées par les maires ou les représentants d'EPCI" rappelle en effet la préfecture.

Pour l'heure, c'est en tout cas la préfecture qui est dans le collimateur de l'association. "On appelle toute personne qui s'intéresse à la problématique à se rapprocher de nous pour participer à notre action. Il n'est pas possible qu'en 2021, on incite encore de la sorte à la surconsommation, notamment à La Réunion où 39% de la population vit sous le seuil de pauvreté, que l'île vit dans un coma circulatoire constant, et que les problèmes de santé publique sont nombreux" termine Vincent Chausserie-Laprée.

Si Paysages de France a conscience qu'il s'agit d'un combat juridique compliqué, l'association a pas moins de 90 victoires à son actif un peu partout dans le pays. Elle espère donc avoir le même succès à La Réunion.

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

Antipode, Posté
Effectivement, un grand bravo aux membres de l'association Paysages de France que je remercie !
Philippe, Posté
Bravo à l'Association "Paysages de France". Il faut respecter les lois. Et que c'est moche tous ces panneaux ! Merci pour vos actions et continuez. Philippe du Tampon
Jeanbon, Posté
Un petit coup de disqueuse, et le tour est joué, passer par la voie judiciaire est bien trop longue, couteuse et pénible !