[VIDÉOS] Journée d'hommage le 11 novembre (actualisé) :

Lazaret de la Grande chaloupe : La Réunion commémore ses travailleurs engagés


Publié / Actualisé
Le Conseil départemental, les Fédérations tamoule, chinoise et arabe et le Collectif pour la mémoire des engagés prévoient jeudi 11 novembre 2021 une journée dédiée à la mémoire de l'engagisme, et l'histoire de la quarantaine. Le système de l'engagisme, mis en place en 1828, permettait de recruter des travailleurs sur l'île de La Réunion, venus de pays divers : Madagascar, Inde, Chine, Comores... La majorité sont appelés à travailler dans les champs de canne à sucre. Au Lazaret de la Grande Chaloupe, ils seront dès 1861 contraints de subir une quarantaine sanitaire. Aujourd'hui ce lieu et l'histoire qui l'accompagnent sont valorisés par le Département, à travers la réhabilitation des deux lazarets devenus lieux historiques et culturels, mais aussi via des expositions et des ateliers scolaires. La journée du 11 novembre, elle, sera divisée en deux temps : une procession multicultuelle et un temps d'échanges et de discours au Lazaret. (Photo d'archives rb/www.ipreunion.com)
Le Conseil départemental, les Fédérations tamoule, chinoise et arabe et le Collectif pour la mémoire des engagés prévoient jeudi 11 novembre 2021 une journée dédiée à la mémoire de l'engagisme, et l'histoire de la quarantaine. Le système de l'engagisme, mis en place en 1828, permettait de recruter des travailleurs sur l'île de La Réunion, venus de pays divers : Madagascar, Inde, Chine, Comores... La majorité sont appelés à travailler dans les champs de canne à sucre. Au Lazaret de la Grande Chaloupe, ils seront dès 1861 contraints de subir une quarantaine sanitaire. Aujourd'hui ce lieu et l'histoire qui l'accompagnent sont valorisés par le Département, à travers la réhabilitation des deux lazarets devenus lieux historiques et culturels, mais aussi via des expositions et des ateliers scolaires. La journée du 11 novembre, elle, sera divisée en deux temps : une procession multicultuelle et un temps d'échanges et de discours au Lazaret. (Photo d'archives rb/www.ipreunion.com)

C'est au 19ème siècle que le Lazaret de la Grande Chaloupe est érigé. Site de quarantaine pour les travailleurs engagés, il se divise en deux parties. Le lazaret numéro 1 a pu être rouvert au public dès 2008 après un temps de travaux. Expositions et documentaires viennent s'ajouter au site historique. Le lazaret numéro 2 quant à lui reste fermé au grand public. Grâce à un chantier archéologique en 2012, il a été possible de mieux comprendre comment s'organisait une quarantaine et comment se déroulait la vie à l'intérieur pour les travailleurs engagés.

Pour rappel, le Département a organisé les Journées internationales d'études sur l'engagisme en 2019. Le travail de réhabilitation du lazaret numéro 2 se poursuit : les deux dortoirs ont été consolidés et en 2022 commencera une phase de travaux visant à rendre le site accessible au public.

- Deux temps forts le 11 novembre -

La journée du jeudi 11 novembre se divisera en deux parties. "D'abord un hommage aux ancêtres via une procession vers la mer. Chaque communauté y réalisera son propre rituel" explique Jessica Play, responsable scientifique et culturelle du Lazaret de la Grande Chaloupe. "Ensuite sera organisé un temps culturel où les présidents des différentes associations seront amenés à s'exprimer. Ce sera également l'occasion d'inaugurer l'exposition 'Terre à l'horizon', une création d'artistique réalisée par Noemi Sjöberg, qui fait le lien entre les migrations passées et les migrations actuelles." Une visite de la gare ferroviaire sera également proposée par l'association Ti Train. Le masque sera nécessaire durant tout l'événement, le pass sanitaire ne sera demandé que sur le site du Lazaret et pas pour la procession.

Pour Patricia Profil, présidente de l'association Kafpab, "le 11 novembre est incontournable : on y montre la cohésion et la communion entre les peuples. Toutes ces populations ensemble sont réunies par la langue créole. A l'époque ces communautés se sont mélangées pour s'entraider, se soigner, cuisiner. Cela montre que notre histoire va au-delà des drames, elle puise aussi dans la magie de ces peuples qui se retrouvent."

Selon Jean-Luc Amaravady, "il est important d'honorer cette date pour les Réunionnais indiens. Il y a l'Armistice d'accord, mais cette date marque surtout la fin de l'engagisme" rappelle-t-il.

- Un travail de mémoire essentiel -

Selon Honoré Rabesahala, président de l'association Miaro, "le travail de mémoire collective est capital, et il y a encore beaucoup de recherches à faire, universitaires, mais aussi sr le terrain. Sur ce point, les archives départementales sont très fournies". Pour lui, "si on néglige cette partie de l'histoire, cela risque de se perdre. Et on ne peut pas compter uniquement sur l'école pour en parler" reconnaît-il.

Du côté du Département, un travail important est réalisé depuis 2007, "via plusieurs campagnes de restauration" rappelle Jessica Play. "Un accueil scolaire est effectué au Lazaret, pour ramener ces questions dans les programmes scolaires. Une formation est également proposée aux enseignants sur le sujet."

Pour l'ensemble des intervenants, c'est un lieu "que tous les Réunionnais doivent s'approprier" et le Département réfléchit déjà à la façon d'entretenir cette valorisation culturelle du lieu, malgré l'ouverture dans quelques années de la Nouvelle route du littoral, poussant à la fermeture de l'axe actuel.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Charité Hospotal, Posté
sur la foto lé bel, pas de Mask