Agriculture :

Les mangues se font rares : la faute au vent, à la sécheresse et aux mouches à fruit


Publié / Actualisé
José ou américaine, la mangue revient timidement sur les étals des marchés. En cette année 2021, l'absence de pluie, les mouches à fruit et la mauvaise floraison ont eu raison des récoltes. La saison ne s'annonce pas très bonne à ce stade (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
José ou américaine, la mangue revient timidement sur les étals des marchés. En cette année 2021, l'absence de pluie, les mouches à fruit et la mauvaise floraison ont eu raison des récoltes. La saison ne s'annonce pas très bonne à ce stade (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

4.500 tonnes de mangues sont récoltées chaque année. Mais pour cette saison, seules 3.000 tonnes sont attendues. "Nous sommes très déçus, on s'attendait à bien mieux. La production de mangues nécessite une irrigation importante", commente Éric Lucas, conseiller agricole à la chambre d'agriculture. Au mois de novembre, il n'a presque pas plu. Le Comité sécheresse qui s'est réuni le 2 décembre 2021 a confirmé la baisse des ressources en eau sur l’ensemble du département.

- "Je n'ai quasiment rien pu récolter" -

"J'ai un petit verger familial, mais je n'ai quasiment rien pu récolter" raconte Laurent, commerçant au Petit marché de Saint-Denis depuis plusieurs années. "On dit souvent qu'une récolte est bonne une année sur deux, mais c'est la deuxième année consécutive. On a encore moins de mangues que l'année dernière" regrette-t-il. Les autres bazardiers sont du même avis. Les mouches à fruit s'agglutinent sur les mangues, les vendeurs sont tracassés, pourtant ils affichent un sourire, commerce oblige, auprès de leur clients.

"J'ai de la chance d'avoir un bon système d'irrigation pour mes parcelles" indique Patrick Serveaux, producteur de mangues au Port. Les grosses exploitations ont de meilleures récoltes. "J'ai quelques amis producteurs qui n'ont pas ma chance" précise Patrick Serveaux. "Moi, c'est surtout le vent qui a fait tomber mes fruits avant qu'ils ne soient mûrs."

"Le vent a vraiment sévi dans le sud de l'île, indique Eric Lucas, il a emporté les fleurs très fragiles. C'est la deuxième année difficile et la mouche à fruit persiste" déplore le conseiller agricole.

L'insecte est redouté des producteurs. Il pond ses œufs dans les fruits et ses larves mettent moins de 24 heures à éclore, jusqu'à rendre le fruit non comestible. Au Petit marché de Saint-Denis, Laurent vérifie régulièrement la bouteille qui lui sert de piège, soigneusement installée entre ses mangues. À l'intérieur, trois mouches à fruits sont captives. "Le peu de récoltes que l'on a est attaqué par les mouches, c'est invendable", regrette-t-il.

- La deuxième fleuraison : l'espoir des commerçants - 

La deuxième floraison sera peut-être abondante, mais ce n'est pas le plus gros chiffre d'affaires des commerçants. Selon Eric Lucas, "avec l'interdiction d'exporter causée par la mouche à fruit, il risque d'y avoir beaucoup de mangues et les prix vont chuter". Une deuxième fleuraison des manguiers devrait avoir lieu courant janvier, mais la période des fêtes, très attendue pour les producteurs, sera déjà passée.

"La mangue est très demandée à la mi-décembre, les acheteurs veulent garnir leurs tables pour Noël. Pour sauver la saison, j'espère au moins qu'il y aura quand même des acheteurs en janvier", soupire Laurent, dispersant machinalement de la main les mouches à fruits de son étal.

mc/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Ste Suzanne , Posté
Il y a quoique chose qui ne cloche pasComment se fait il que dans certain marché le prix est aussi bas pour un mou de décembre hors que sa fait un momment qu' on n a pas vu sa