Célébration de l'abolition de l'esclavage :

20 désanm, savourer la liberté


Publié / Actualisé
La Réunion célèbre ce lundi 20 décembre 2021 le 172ème anniversaire de la proclamation de l'abolition de l'esclavage sur l'île, c'était le 20 décembre 1848. Partout l'île, cette date sera fêtée, même si le contexte sanitaire et le récent drame de Montgaillard qui a endeuillé l'île ont quelque peu terni ce jour. Une fête qui aura lieu alors que Marine Le Pen, chantre du Rassemblement National et de l'extrême droite, foule nos terres. Alors, aussi, qu'Eric Zemmour continue paisiblement sa marche vers la présidentielle, avec ses idées nauséabondes. Au fond, ce 20 décembre est peut-être l'occasion de savourer une liberté plus que jamais mise en danger.
La Réunion célèbre ce lundi 20 décembre 2021 le 172ème anniversaire de la proclamation de l'abolition de l'esclavage sur l'île, c'était le 20 décembre 1848. Partout l'île, cette date sera fêtée, même si le contexte sanitaire et le récent drame de Montgaillard qui a endeuillé l'île ont quelque peu terni ce jour. Une fête qui aura lieu alors que Marine Le Pen, chantre du Rassemblement National et de l'extrême droite, foule nos terres. Alors, aussi, qu'Eric Zemmour continue paisiblement sa marche vers la présidentielle, avec ses idées nauséabondes. Au fond, ce 20 décembre est peut-être l'occasion de savourer une liberté plus que jamais mise en danger.

- 20 décembre 1848, Sarda Garriga proclame l’abolition de l’esclavage -

Ile vierge au cœur de l’océan Indien, La Réunion apparaît sur les routes maritimes partir du 16ème siècle, avec l’arrivée de navigateurs et de marins qui fouleront ses terres. Elle sera colonisée par la France qui y installera des résidents, et par conséquent, des esclaves pour assurer la main d’œuvre, notamment pour la culture du tabac, du café et des épices.

L’esclavage se développe ainsi à La Réunion avec l’arrivée de femmes et d’hommes venus de Madagascar ou encore d’Afrique, travaillant dans des conditions extrêmement difficiles et privées de toutes libertés.

Le 20 décembre 1848, Sarda Garriga, commissaire général de la République, proclame l’abolition de l’esclavage qui avait été décrétée par l’Etat français le 27 avril 1848. " Mes amis, les décrets de la République française sont exécutés : vous êtes libres. Tous égaux devant la loi, vous n’avez autour de vous que des frères. La liberté, vous le savez, vous impose des obligations. Soyez dignes d’elle, en montrant à la France et au monde qu’elle est inséparable de l’ordre et du travail… ", a-t-il déclaré sur la place du Barachois.

Près de 62 000 esclaves réunionnais accéderont ainsi à la citoyenneté.

- 20 décembre 2021, entre festivités, deuil et présidentielles -

Comme chaque année, le 20 décembre est célébré partout sur l’île. Mais comme en 2020, cet évènement sera moins expansif que les années précédentes. Cela n’est pas dû à un moindre intérêt pour cette date mais à du fait de la crise sanitaire qui ne faiblit pas. Compte tenu des restrictions, les manifestations ont été reconfigurées afin de limiter les risques. Ainsi, pas de grand défilé dans les rues de Saint-Denis ce dimanche. La municipalité a préféré organiser 25 kabars dans les quartiers, depuis le 17 décembre jusqu’à ce lundi 20 décembre.

Du côté du Département, le musée de Villèle, haut lieu de l’histoire de l’esclavage à La Réunion, sera l’épicentre de la célébration avec des expositions et des kabars organisées depuis ce dimanche 19 décembre et qui se poursuivront ce lundi.

La Région quant à elle a décidé de revoir son programme suite à l’incendie de l’immeuble de Montgaillard qui a notamment provoqué la mort de 5 personnes, dont 4 enfants. Si les séquences commémoratives sont maintenues, le grand kabar prévu à Saint-Paul a été annulé en signe de deuil.

A noter que ce 20 décembre comptera des invités un peu particuliers puisque pas moins de 2 candidats à la présidentielle sont présents sur l’île et assisteront aux festivités. Du côté de Sainte-Suzanne, c’est le candidat du PCF (Parti communiste français) Fabien Roussel qui sera présent aux côtés du maire Maurice Gironcel pour les célébrations de cette commémoration. Marie Le Pen, candidate du Rassemblement National, se rendra quant à elle pour la Fête Kaf, aux côtés de son désormais allié, et maire de la commune, Johnny Payet.

- Fête Kaf, affirmer notre vision de la liberté -

Les restrictions sanitaires ne doivent pour autant pas être un frein pour célébrer la liberté. Bien au contraire, il est important de crier et d’affirmer cette liberté obtenue par les ancêtres. Il est essentiel de rappeler les chemins sinueux traversés par le peuple réunionnais, avant et après cette date, pour avoir toutes les libertés, et pour obtenir l’égalité, notamment sociale, le chemin parcouru pour faire de La Réunion cette terre de paix, de fraternité, et de vivre ensemble.

A l’heure où Marine Le Pen vient battre la campagne à La Réunion, ce 20 décembre est l’occasion d’envoyer un message clair à ceux qui se réclament de l’extrême droite, à ceux qui opposent les français, à ceux qui attisent la haine de l’étranger. Il est essentiel de rappeler que La Réunion s’est construite grâce aux différentes communautés venus d’horizons divers, pour apporter leur richesse humaine, culturelle ou encore culinaire qui font toute la particularité de notre île.

Il est important d’opposer à Eric Zemmour qui veut franciser les prénoms, que cela n’est pas notre conception de la République, et de la liberté. Le 20 décembre est l’occasion d’une prise de conscience personnelle et collective que nos libertés sont plus que jamais en danger. Pas du fait d’un pass sanitaire ou de mesures restrictives mises en place temporairement pour limiter une épidémie, mais par des idées nauséabondes d’hommes et de femmes qui veulent purement et simplement abolir le vivre-ensemble au profit d’une assimilation pure et simple.  

A ce propos, Eric Zemmour proposait dernièrement une politique d’immigration zero, sauf pour la venue de mains d’œuvre venant travailler dans les champs, notamment pour ramasser les fraises gariguettes qu’il affectionne particulièrement. On se croirait revenu à une époque qu’on pensait révolue…

www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

Mayaqui, depuis son mobile , Posté
' la haine de l'étranger ''' ' quand chaque communauté accepte l'autre et n'essaie pas de l'écraser ou la dominer sournoisement , il n y a pas de peur ou de haine de l'étranger !
Alain, Posté
Savourons Marine....Baguett doit se retourner dans sa tombe...
Marcpayet10, Posté
Article orienté assez nauséabond pour rappeler surtout à nous reunionnais la fin des libertés avec des élus complaisants des âneries nationales réduisant à l'infini nos libertés avec un virus . C'est cette liberté la qui nous touche entendez le