Inquiétude sur la situation sanitaire :

Covid-19 : la filière agricole sur le qui-vive


Publié / Actualisé
Si la restauration et l'événementiel sont de nouveau sous pression avec les restrictions sanitaires mises en place, l'agriculture n'est, pour l'instant, pas encore impactée. Les acteurs du secteur agricole restent sur le qui-vive et surveillent de près la préoccupante situation sanitaire (Photo : rb/www.ipreunion.com)
Si la restauration et l'événementiel sont de nouveau sous pression avec les restrictions sanitaires mises en place, l'agriculture n'est, pour l'instant, pas encore impactée. Les acteurs du secteur agricole restent sur le qui-vive et surveillent de près la préoccupante situation sanitaire (Photo : rb/www.ipreunion.com)

Le retour du couvre-feu à partir du samedi 1er janvier s'accompagne d'autres restrictions sanitaires concernant les ERP (Etablissements recevant du public). Retour des jauges d'accueil fixées à 75% de la capacité de ces lieux, tablée de six pour les restaurants et bars. Les restaurateur.rice.s en première ligne de face à ces nouvelles mesures n'hésitent pas exprimer leur ras-le-bol, tout comme les autres acteur.rice.s du tourisme et du cinéma.

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Si l'agriculture semble être epargnée par le Covid pour l'instant et ces nouvelles restrictions c'est parce que la Chambre d'agriculture "n'a pas encore eu de retour des agriculteurs" explique Frédéric Vienne, président de la Chambre d'agriculture. Celui-ci redoute d'autres restrictions sanitaires plus strictes sur les marchés forains. "Il est vrai que les jauges d'accueil n'influencent pas vraiment la fréquentation des marchés forains mais je m'attend à ce qu’ils soient clôturés de nouveau si la situation sanitaire venait à se dégrader".

Pour Stéphane Fontaine un agriculteur du sud de l'île, "la perte du chiffre d'affaires remonte au tout début de la crise sanitaire". Même si il ne fait que 50% de son chiffre d'affaires lors des marchés forains avant l'arrivée du Covid, soit 300 euros au lieu de 600, l'agriculteur "s'en sort davantage qu'avant malgré les difficultés rencontrés".

Stéphane Fontaine a pour l’instant arrêté les livraisons de paniers à cause de la faible demande. "Je n’ai pas plus de 30 paniers à livrer, parfois 50 mais c’est très rare". Celui-ci avait mis ce système en place lors du premier confinement en mars 2020.
Il en livrait plus de 150 voire même 170.

La hausse des prix joue beaucoup dans le secteur agricole. Les prix des produits phytosanitaires, des plants et des graines ont augmenté au point que Stéphane Fontaine décide de produire lui-même "une bonne partie des légumes proposés pour limiter les coûts" explique-t-il.

- "On fera tout pour que les agriculteurs puissent travailler" -

Frédéric Vienne est inquiet de la contagiosité du virus qui pourrait impacter l'agriculture au même stade que la restauration et l'hôtellerie aujourd'hui. La demande de produits locaux pourrait en effet chuter car ils sont utilisés principalement par les hôteliers et restaurateur.rice.s de l'île explique Frédéric Vienne.

La Chambre d'agriculture est mobilisée auprès des producteur.rice.s réunionnais.e.s mais reste dans le flou car "il est difficile de prévoir ce qui va se passer" souligne le président de la Chambre d'agriculture. "Si l'agriculture venait à être impactée nous demanderons l'élargissement des aides allouées aux ERP à la filière agricole" explique Frédéric Vienne "on fera tout pour que les agriculteurs puissent travailler" insiste-t-il.

Le ras-le-bol et l'inquiétude des restaurateur.rice.s, hôtelier et agriculteur.rice.s pourrait s'amplifier dans les jours à venir à la vue de la situation sanitaire qui continue de se dégrader dangereusement. Le dernier bulletin des autorités sanitaires publié ce mardi 4 janvier, montre de nouveaux records. Le service de réanimation est toujours sous tension avec 90% de taux d'occupation.

9.358 cas ont été confirmés du 24 au 31 décembre 2021 contre 4.807 la semaine précédente. Le taux d'incidence dépasse désormais le seuil des 1.300 cas pour 100.000 habitants. Tous les indicateurs ont doublé et risquent de se dégrader (encore) dans les semaines à venir.

vl/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Dom, Posté
A propos de sanitaire, on en est où avec le glyphosate'Le choledécone local.
Dom, Posté
Situation sanitaire et agriculture moi aussi suis inquiet.Dans quelques années on parlera du glyphosate à la Réunion comme du chloredecone aux Antilles.