Une décision provisoire :

Vente des fleurs de CBD : "un début de victoire même si ce n'est que provisoire"


Publié / Actualisé
Victoire pour la vingtaine de boutiques de CBD que compte La Réunion, le Conseil d'État a suspendu provisoirement l'interdiction de vente de fleurs de chanvre CBD instaurée par le gouvernement en décembre dernier. Une véritable bouffée d'oxygène pour les commerçants concernés, pour lesquels cette vente représentait au minimum la moitié de leur chiffre d'affaires. Ils attendent maintenant un encadrement légal de la part de l'État. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Victoire pour la vingtaine de boutiques de CBD que compte La Réunion, le Conseil d'État a suspendu provisoirement l'interdiction de vente de fleurs de chanvre CBD instaurée par le gouvernement en décembre dernier. Une véritable bouffée d'oxygène pour les commerçants concernés, pour lesquels cette vente représentait au minimum la moitié de leur chiffre d'affaires. Ils attendent maintenant un encadrement légal de la part de l'État. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Le 31 décembre 2021, le gouvernement interdisait la vente de fleurs ou feuilles brutes de CBD - la molécule non-psychotrope du cannabis -, prenant de cours tous les acteurs de la filière. "On a appris cette interdiction sur les réseaux sociaux sans s'y attendre donc c'était compliqué de trouver des solutions rapidement. Certains petits magasins ont même dû jeter leur stock" raconte Vedran Kapetanovic, gérant de la boutique Kaz CBD à Saint-Pierre.

Nouveau rebondissement ce 24 janvier lorsque le Conseil d'Etat suspend l'interdiction de vente de fleurs de CBD. "Un début de victoire même si ce n'est que provisoire. Nous nous y attendions tout de même car c'était un arrêté bâclé qui allait dans le sens des industriels et non des petits agriculteurs. Toute la filière a été impactée par cette annonce, des agriculteurs et distributeurs aux consommateurs" déclare Benjamin Coudriet, président de Chanvre Réunion. "C'était un cri de désespoir de certains politiciens qui ne veulent pas voir un développement du CBD en France" estime-t-il.

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Même son de cloche de la part de Vedran Kapetanovic qui se dit "soulagé par cette décision". "Beaucoup de nos clients voulaient continuer à acheter des produits chez nous mais nous ne pouvions pas le faire sereinement car en sortant cette interdiction, on criminalisait le consommateur."

C’est l'Union des Professionnels du CBD (UPCBD) qui a saisi en urgence le Conseil d'Etat. Une pétition avait également été lancée sur les réseaux sociaux rassemblant plus de 40.000 signatures.

"Nous avons reçu beaucoup de soutiens venus de toute part. Mais dès le départ, cet arrêté ne tenait pas la route car l'Union européenne a déjà statué sur la vente de CBD et la France doit se conformer au droit européen. Nous sommes tout de même heureux de cette décision" se félicitent les enseignes CB D'eau présentes à Saint-Denis et La Saline-Les-Bains, membres de l'UPCBD.

- Un cadre légal et durable pour le CBD -

Les commerçants souhaitent à présent des mesures concrètes et durables avec un cadre entièrement légal. "Nous sommes des entreprises comme les autres. Nous demandons donc à pouvoir être encadré sur le long terme sans nous demander chaque jour si notre secteur ne va pas être chamboulé du jour au lendemain" confie le gérant de La Kaz CBD, également membre de l'UPCBD.

Un possible secteur d'avenir pour La Réunion comme nous le confirme également Benjamin Coudriet. "Nous attendons maintenant une décision définitive car il y a encore tout un travail devant nous pour pouvoir développer une filière locale et durable à La Réunion. A terme, nous souhaitons cultiver des variétés adaptées aux conditions particulières de l'île afin de les commercialiser."

lc/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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