Artisans du BTP :

Bâtiment : la Capeb alerte sur la flambée des prix et la pénurie de matières premières


Publié / Actualisé
Bon nombre d'acteurs économiques ont été impactés depuis le début de la pandémie. C'est le cas des artisans du bâtiment. La Capeb Réunion (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du Bâtiment de La Réunion) met en avant les conséquences que cela a pu avoir pour les quelques 8.000 entreprises dont 2.500 qui emploient des salariés. La confédération a donc tenu une conférence en ce vendredi 11 février 2022 pour mettre en avant les problèmes à soulever, à commencer par celui sur l'augmentation des matières premières et la flambée des prix. (Photo ef/www.ipreunion.com)
Bon nombre d'acteurs économiques ont été impactés depuis le début de la pandémie. C'est le cas des artisans du bâtiment. La Capeb Réunion (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du Bâtiment de La Réunion) met en avant les conséquences que cela a pu avoir pour les quelques 8.000 entreprises dont 2.500 qui emploient des salariés. La confédération a donc tenu une conférence en ce vendredi 11 février 2022 pour mettre en avant les problèmes à soulever, à commencer par celui sur l'augmentation des matières premières et la flambée des prix. (Photo ef/www.ipreunion.com)

Les artisans du bâtiment ont vu leur activité changer du tout au tout suite à la crise sanitaire. Des problèmes d'ordre économique se soulèvent alors, comme le pointe du doigt la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises).

Le secteur du bâtiment connaît aujourd'hui une flambée des prix et une pénurie de matières premières. La confédération continue d'interpeller les pouvoirs publics sur le problème. "Nous demandons à l'Etat d'intervenir pour contrôler ce dérapage dans l'augmentation des prix qui va de 25 à 70% sur des matériaux différents. Sur l'acier, l'augmentation est anormale par exemple...", lance Cyrille Rickmounie, président de la Capeb Réunion. Pour ce dernier, l'Etat doit prendre position contre ceux qui "font grimper les tarifs".

Les entreprises artisanales sont déjà fragilisées par la crise sanitaire. La Capeb explique qu'elles ne doivent pas subir en plus "la spéculation de certains acteurs peu scrupuleux comme les fabricants qui annoncent des hausses de prix automatiques sans justifications". Sont aussi visés "les maîtres d'ouvrages publics qui appliquent des pénalités de retard, ou concluent leurs marchés publics de travaux à prix ferme ne permettant pas d'effectuer des révisions de prix".

L'impact est direct sur la survie de l'entreprise. La richesse qu'elle produit constitue l'économie réunionnaise. Aujourd'hui, l'artisan perd de l'argent selon la Capeb. "Certains préfèrent parfois abandonner les chantiers", poursuit le président de la confédération, qui propose l'utilisation de matériaux produits ici, à La Réunion pour enrayer les problèmes d'approvisionnement à l'international.

De leur côté les consommateurs eux aussi sont impactés par ces changements. Le délai de livraison des chantiers assurés par les artisans change également selon l'arrivée des matières premières et leurs coûts ; la facture peut donc augmenter. La Capeb demande à "ne pas avoir recours aux marchés à prix ferme, à ce que l'on prévoit un délai de validité des offres très limitées dans le temps car les prix bougent beaucoup".

Autre problème mis en avant ce vendredi, et qui découle de la hausse tarifaire des matières premières, le remboursement du prêt garanti par l'Etat (PGE) des entreprises fragilisées par la crise sanitaire. "On aura un gros souci à rembourser en temps et en heure. Se pose donc la question de la disponibilité financière. Il y a aujourd'hui un problème de trésorerie, et de rentabilité pour les entreprises. Où pourrons-nous trouver les ressources...?", déplore Cyrille Rickmounie.

Les problèmes autour de la rénovation énergétique sont également posés. Les bailleurs sociaux se la voient imposée. "En tant qu'entreprises de proximité, on travaille avec les petits propriétaires. Ces derniers n'ont pas forcément les moyens ; c'est pourquoi on demande à La Région Réunion de financer les propriétaires privés pour les encourager dans cette démarche de rénovation énergétique", exprime la Capeb.

Enfin, la confédération demande également à l'Etat d'abandonner le plan de relance ; cela n'a pas "permis à tous les porteurs de projets de bénéficier du soutien du plan de relance notamment dans le domaine de l'investissement industriel", termine Cyrille Rickmounie.

ef/www.ipreunion.com/ [email protected]

   

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