Signes de reprise :

Trafic aérien : La Réunion résiste bien contrairement aux Antilles


Publié / Actualisé
Avec la crise sanitaire, les vols à direction des Antilles se sont écroulés en 2021. La faible vaccination de la Guadeloupe ou de la Martinique et la crise sociale sur place ont eu raison des touristes. Durant les fêtes, les voyages se sont raréfiés vers les Outre-mer mais La Réunion semble au contraire avoir plutôt bien résisté et l'année 2021 permet de remonter un peu la pente après une année 2020 catastrophique pour l'aérien. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Avec la crise sanitaire, les vols à direction des Antilles se sont écroulés en 2021. La faible vaccination de la Guadeloupe ou de la Martinique et la crise sociale sur place ont eu raison des touristes. Durant les fêtes, les voyages se sont raréfiés vers les Outre-mer mais La Réunion semble au contraire avoir plutôt bien résisté et l'année 2021 permet de remonter un peu la pente après une année 2020 catastrophique pour l'aérien. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué des Transports au Gouvernement, l'a annoncé sur LCI il y a de ça une semaine : le trafic vers les Outre-mer "a diminué de 70%" depuis la mise en place des motifs impérieux. Un coup dur pour certains territoires ulramarins comme les Antilles qui peuvent difficilement attirer les touristes, faute d'une vaste vaccination.

Le magazine spécialiste de l'aviation Tourmag s'inquiète des conséquences en Martinique ou en Guadeloupe où "dans ces conditions, le tourisme n'existe plus ou presque". Et les vacances de février ne permettront pas de rattraper le retard économique accumulé.

Il faut dire que le protocole est strict : vaccination obligatoire pour pouvoir voyager sans motif impérieux, septaine pour les non-vaccinés et test pré-embarquement dans les deux sens de voyage, que l'on soit vacciné ou non. "Quelque 700 personnes" ont été "refusées à l'embarquement" a indiqué Jean-Baptiste Djebbari, à destination des Outre-mer.

- Afflux de visiteurs en décembre -

Pour autant La Réunion affiche des signes clairs de reprise. Ce jeudi 10 février, l'aéroport Roland-Garros indiquait avoir accueilli plus d'1,18 million de passagers en 2021 soit moitié moins qu'en 2019 mais 13,5% de plus qu'en 2020. C'est en décembre surtout que la fréquentation a bénéficié d'une forte hausse "jusqu'à dépasser les valeurs de 2019" indique alors l'aéroport : +7,6% de trafic sur la destination Métropole et +24,5% sur Mayotte.

Alors peut-on imaginer que les vacances de Noël auront permis d'accueillir à La Réunion tous les voyageurs qui n'ont pas pu se rendre dans d'autres territoires ultramarins, notamment les Antilles ? "Attention aux raccourcis faciles", prévient Willy Ethève, directeur du développement et des relations clients à l'aéroport Roland-Garros.

"Il faut prendre les chiffres avec précaution : La Réunion n'a pas forcément bénéficié de ce 'reflux'. Tout simplement parce que nous ne sommes pas sur la même typologie de voyageurs. Les touristes recherchent la plage et le lagon aux Antilles tant que le point fort de La Réunion c'est davantage l'intérieur, les cirques, la randonnée etc." La cible n'est donc pas la même entre les deux destinations. "A La Réunion nous avons aussi un tourisme affinitaire important à savoir des voyageurs qui viennent avec l'objectif de rendre visite à leur famille ou à des amis, contrairement au tourisme d'agrément" explique Willy Ethève. Ainsi il est "possible" que la destination Réunion ait profité des déprogrammations aux Antilles "mais le quantifier serait difficile".

L'afflux de passagers en décembre passe aussi par les échanges avec Mayotte, destination pour laquelle la reprise est "plus que confirmée". "On observe même une hausse de 30% par rapport à 2019 car trois compagnies desservent désormais Mayotte au lieu d'une seule : Air Austral, Corsair et Ewa".

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Côté fret enfin, l'aéroport observe le même niveau activité qu'en 2020, "ce qui correspond à une baisse de -13% par rapport à 2019 mais l'activité a moins souffert que celle des passagers" note Willy Ethève. Le fret maritime souffre beaucoup plus que son équivalent aérien. "Les marchandises traînent à être envoyées, on le ressent encore aujourd'hui et on le voit dans les rayons. Il y a bien eu un petit report du maritime vers l'aérien, mais on ne peut pas transporter plus de 30.000 tonnes. Il s'agit surtout de matériel médical, sanitaire, ou encore périssable pour les fêtes fin d'année."

- Un protocole impactant malgré tout -

L'aéroport Roland-Garros ne parle pas de "reprise" mais plutôt "de signes de reprise" au regard des chiffres de l'année 2021. "Cette reprise a pu s'observer pendant les mois de juillet-août et plus récemment en janvier" note Willy Ethève. En janvier 2022 justement, la tendance à la hausse se confirme. Sur l'axe Métropole, le trafic augmente de 28% entre janvier 2022 et janvier 2021. Les autres destinations habituellement touristiques en période de vacances, comme la Thaïlande, l'Afrique du sud ou l'île Maurice ont été suspendues à cause du Covid, les Réunionnais en ont donc profité pour aller en Métropole.

Cette reprise est d'autant plus appréciable que l'adaptation n'a pas été de tout repos, protocole sanitaire oblige."Nous n'avons pas la main sur tout" rappelle Willy Ethève. "En 2021, nous avons souhaité être au plus proche des compagnies en retard de factures en leur attribuant un report exceptionnel de paiement pour souffler."

Quant aux passagers, le motif impérieux a nécessairement eu un impact sur la fréquentation de Gillot. "Sur le premier semestre, nous comptons moins de passagers qu'en 2020 à cause du motif impérieux. Mais attention il faut comparer ce qui est comparable (le premier cas de Covid n'a été détecté que le 11 mars 2020, ndlr). Bien entendu le motif impérieux a joué et a freiné les voyages. Mais depuis la mise en place du pass vaccinal, on a vu une tendance à la hausse" explique le directeur du développement.

Si le protocole est aujourd'hui compris par les passagers, il n'est pas toujours accepté. "On ne nous a pas signalé de refus de masse" note cependant l'aéroport Roland-Garros qui ne gère pas le contrôle des tests et du vaccin. Celui-ci doit être effectué par les compagnies aériennes et départ et peut l'être de manière aléatoire à l'arrivée par la police aux frontières.

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Rappelons que le motif impérieux est appliqué à La Réunion depuis plus d'un an maintenant, soit janvier 2021. Obligatoire pour tous les passagers au départ, la mesure n'a été maintenue que pour les passagers non vaccinés à partir du 9 juin 2021. C'est toujours le cas aujourd'hui.

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mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

JR, Posté
Y a-t-il un journaliste pour faire le point des aides obtenues par notre compagnie régionale, Air Austral, depuis la crise Covid-19 'Il me semble que la compagnie ait perçu :120 millions en 2020 dont 80 millions en PGE30 millions en avril 2021 (PGE)30 millions en avril 2021 ( SEMATRA dont 5 millions de la CDC)20 millions en août 2021 (FDES, Fond de Développement Economique et Social)20 millions en janvier 2022 (aide de l'Etat)Cela fait déjà 220 millions et je n'ai pas tout suivi. Il en manque encore provenant du couple Région/SEMATRA/CDC( CDC : Caisse des Dépôt et Consignations )Dans l'attente d'un article sur ce point, un lecteur assidu.
Martial, depuis son mobile , Posté
On attend les interviews des gens refusés... Ah le journalisme, c'est pas évident...