Troubles psychiques :

Santé mentale : une charte entre l'ARS et les acteurs régionaux pour mieux prendre en charge les Réunionnais


Publié / Actualisé
Ce vendredi 18 janvier, l'ARS, et les représentants régionaux de la Communauté territoriale de santé mentale ont signé le Contrat territorial de santé mentale (CTSM). Ce dispositif se déroulera sur 4 ans et permettra d'améliorer le parcours des Réunionnais.es présentant des troubles psychiques en mettant en place les engagements de tous les signataires. Nous publions ci-dessous le communiqué de l'ARS. (Photo d'illustration : rb/www.ipreunion.com)
Ce vendredi 18 janvier, l'ARS, et les représentants régionaux de la Communauté territoriale de santé mentale ont signé le Contrat territorial de santé mentale (CTSM). Ce dispositif se déroulera sur 4 ans et permettra d'améliorer le parcours des Réunionnais.es présentant des troubles psychiques en mettant en place les engagements de tous les signataires. Nous publions ci-dessous le communiqué de l'ARS. (Photo d'illustration : rb/www.ipreunion.com)

Le Contrat Territorial de Santé Mentale (CTSM) de La Réunion a été signé le 18 février 2022, par l’ARS La Réunion et les représentants de la Communauté Territoriale de Santé Mentale 974. D’une durée de 4 ans, (2021/2024), il formalise les engagements réciproques de tous les signataires pour améliorer les parcours de santé des Réunionnais présentant des troubles psychiques. Il porte les fondements de la nouvelle Politique Territoriale de Santé Mentale (PTSM), en cohérence avec la feuille de route nationale santé mentale et psychiatrie. Des actions sont d’ores et déjà engagées à La Réunion depuis 2021.

- Contexte -

La santé mentale de la population constitue l’un des grands enjeux de santé publique. L’OMS estime qu’une personne sur quatre est touchée par des troubles psychiques à un moment de sa vie. Si la demande de soins liés à des troubles psychiques est en constante augmentation, la prévention et les interventions précoces sont encore insuffisantes et les réponses inégalement réparties sur le territoire. Issu de ce diagnostic partagé, le Projet Territorial de Santé Mentale (PTSM) de La Réunion s’est appuyé depuis 2018 par les grandes orientations de la feuille de route nationale santé mentale et psychiatrie :

• Repérer le plus précocement possible les premiers signes de troubles psychiques et y apporter une réponse réactive, sans ruptures, permettant de limiter l’impact des troubles sur les trajectoires de vie des personnes et de leurs familles

• Prendre en compte spécifiquement les populations les plus vulnérables : les très jeunes enfants (en lien avec la stratégie des 1000 premiers jours), les enfants, les adolescents, les personnes âgées, les populations en précarité sociale, sans oublier les familles et aidants.

Dans le même temps, la santé mentale a bénéficié au niveau national de la mise en place d’un plan de rattrapage de plus de 472 millions d’euros entre 2018 et 2021 visant notamment à compenser les inéquités entre régions. Ainsi, la région Réunion a bénéficié de nouveaux financements visant à corriger le sous-équipement de la psychiatrie.

- Un plan d’actions ambitieux élaboré grâce à une démarche partenariale -

Grâce au plan de rattrapage, La Réunion peut aujourd’hui mener des projets ambitieux :

- Entre 2018 et fin 2021, la dotation annuelle régionale de fonctionnement à destination des établissements publics autorisés en psychiatrie a augmenté de près de 30 millions d’euros, dont 23 millions de crédits permettant le financement des priorités définies au niveau régional. La psychiatrie privée a obtenu de nouvelles autorisations d’activité :

- Implantation d’une nouvelle clinique psychiatrique sur l’Est de l’île,
- Autorisations d’activité de pédopsychiatrie sur les trois implantations du groupe Les Flamboyants.

Les dépenses afférentes à cette nouvelle offre sont estimées à 11 millions d’euros. Au final, ce sont près de 41 millions d’euros supplémentaires qui seront consacrés aux activités de psychiatrie sur la durée du CTSM dont 7 millions de remise à niveau des dotations des établissements publics. Ces moyens nouveaux vont en effet permettre de renforcer l’offre de psychiatrie à La Réunion au plan quantitatif et qualitatif.

Le Contrat Territorial de santé mentale vise 7 grandes priorités régionales :

• Eviter les principales ruptures de prise en charge des adultes en renforçant de manière significative l’offre de proximité dans les centres médico-psychologiques et en créant les structures d’accompagnement faisant défaut sur le territoire,
• Améliorer la prise en charge de la santé mentale des enfants et des adolescents, notamment en consolidant la psychiatrie périnatale et la filière spécifique à destination des adolescents,
• Structurer la filière de soins psychiatriques à destination des personnes âgées,
• Déployer des dispositifs spécialisés, à vocation intersectorielle voire régionale, par exemple la prise en
charge du psychotrauma ou la prévention du suicide,
• Renforcer les coopérations entre les acteurs de la santé mentale, notamment dans le cadre de la recherche,
• Renforcer le soutien aux aidants,
• Favoriser la réhabilitation psychosociale des personnes souffrant de troubles psychiques.

- Des actions du PTSM déjà engagées à La Réunion -

• Renforcement des centres médico psychologiques (CMP), premiers interlocuteurs des usagers

A La Réunion, le renfort des CMP a été désigné de façon unanime par la Communauté Territoriale de Santé Mentale 974 comme prioritaire. Ainsi les CMP pourront apporter un soutien aux professionnels de santé de proximité et apporter une réponse rapide aux situations de pré alerte identifiées par ces derniers.

• Evolution de l’offre de soins pour les enfants et les adolescents

A La Réunion, il a été constaté un taux d’hospitalisation plus important pour tentative de suicide qu’en métropole chez les adolescents, alors même que l’offre de prise en charge était incomplète sur les différents territoires.

Le CTSM a donc été l’occasion, non seulement de renforcer les moyens de prévention et de prise en charge mais aussi de mieux organiser les dispositifs sous la forme d’une véritable filière de prise en charge des adolescents, à l’échelle de chaque territoire, avec des hôpitaux de jour dédiés et des groupes thérapeutiques au sein des ateliers des Centres d’Aide Thérapeutique à Temps Partiel (CATTP).

Cette filière se structure à travers le renforcement de l’offre d’hospitalisation à destination des adolescents (extension de 4 places de l’unité de crise pour adolescents Vanille portée par l’EPSMR, création de 41 lits dans les cliniques du groupe Les Flamboyants).

• Création d’une Unité régionale de Soins Intensifs de Psychiatrie (USIP)

La première USIP de La Réunion ouvrira ses portes le 1er mars 2022 et commencera à accueillir des patients de la Réunion ou de Mayotte, à partir du 15 mars. Elle garantira la prise en charge de patients :
- présentant un trouble psychiatrique en phase aiguë et dont les symptômes sont difficilement contrôlables dans une unité de psychiatrie classique,
- sous main de justice incarcérés nécessitant des soins psychiatriques en hospitalisation complète,
- hospitalisés au long cours et présentant des troubles du comportements de type agressifs.

Elle pourra également servir de sas pour des patients justifiant d’un transfert en Unité pour Malades Difficiles (UMD) en métropole.

• Développement de la psychiatrie périnatale

Des enquêtes récentes révèlent que 93% des parents déclarent rencontrer des difficultés pour alimenter leur enfant de 0 à 3 ans, qu’ils sont plus de la moitié à trouver qu’il est difficile d’être parent, et autant à chercher régulièrement des réponses à leurs interrogations sur les réseaux sociaux.

Concernant la dimension psychique de cette période, il s’avère que les enfants de parents dépressifs, auront six fois plus de risques de présenter des troubles dépressifs que les autres enfants.

L’accompagnement en soins des parents souffrant de troubles mentaux est donc une priorité. Or, il n’existe pas sur l’île de possibilité d'hospitalisation à temps plein mère-bébé, ni d'hospitalisation de jour mère-bébé.

Le CTSM répond à cette problématique au travers de deux types de dispositifs :

- Le renforcement des équipes de psychiatrie périnatale existantes intervenant dans les maternités et au domicile, en lien avec la PMI
- La création d’une unité d’hospitalisation Parent-bébé (Hope) sur le territoire Sud.

Cette unité permettra en particulier de prévenir, dépister et traiter précocement l’ensemble des troubles psychologiques et/ou psychiatriques du parent, de l’enfant, de soutenir la relation parents-bébé, de favoriser le développement harmonieux de l’enfant.

   

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