Elle vit dans l'île depuis plusieurs années :

Natasha Dorozhovska : "depuis La Réunion, les Ukrainiens assistent impuissants à la guerre"


Publié / Actualisé
Depuis plus d'un mois désormais, la guerre fait rage en Ukraine suite à l'invasion russe. Plus de 2,5 millions de personnes ont déjà fui le pays. Beaucoup, cependant, sont restés sur place, par choix ou par obligation. C'est impuissants et inquiets que leurs proches prennent donc des nouvelles, parfois depuis La Réunion même, à l'image de Natasha Dorozhovska, Ukrainienne installée dans l'île depuis plusieurs années désormais.
Depuis plus d'un mois désormais, la guerre fait rage en Ukraine suite à l'invasion russe. Plus de 2,5 millions de personnes ont déjà fui le pays. Beaucoup, cependant, sont restés sur place, par choix ou par obligation. C'est impuissants et inquiets que leurs proches prennent donc des nouvelles, parfois depuis La Réunion même, à l'image de Natasha Dorozhovska, Ukrainienne installée dans l'île depuis plusieurs années désormais.

"Mon frère et mon père sont restés sur place. S’ils sont épargnés pour le moment, notre famille habitant proche de la Moldavie, ils ont peur, ils ne savent pas si les combats vont arriver jusqu’à eux " confie-t-elle. Son père, ancien colonel dans l’armée de l’URSS, a refusé de quitter le pays malgré la guerre. "C’était hors de question pour lui, c’était inenvisageable de quitter son pays" sourit-elle. Son frère, lui, n’est pas autorisé à quitter l’Ukraine, étant en âge de combattre. Le gouvernement a en effet interdit à tous les hommes de 18 à 60 ans de quitter le pays. La mère de Natasha, elle, a pu fuir vers l’Italie avec d’autres membres de sa famille.

Depuis La Réunion, où elle s’est installée avec son mari italien, elle reste en contact constant avec sa famille. "Je les appelle matin et soir. C’est effrayant : les hôpitaux, les écoles, les aéroports sont bombardés. C’est comme s’il n’y avait pas de limite à cette guerre " souffle-t-elle, attablée dans le restaurant italien où elle travaille, à Saint-Denis. Regardez :

- Des nouvelles en continu -

Boucles What’s app, Télégram, tout est bon pour prendre des nouvelles de son pays. Dans des discussions interminables, les photos et vidéos défilent : bombardements, victimes, prises de parole de politiciens, tout est diffusé à plusieurs milliers de personnes toute la journée.

" Je n’accepte pas ce qu’il se passe aujourd’hui. On vivait bien, on avait un président que nous avons choisi, nous avons fait la révolution en 2014 pour mieux vivre, et tout s’améliorait enfin " énonce Natasha, amère. Elle qui avait pris l’habitude d’aider financièrement sa famille jusqu’à 2014, elle affirme que les choses finissaient enfin à se mettre en place pour les Ukrainiens.

Russophone, ayant habité dans l’enfance dans plusieurs villes de l’URSS, appartenant désormais à la Russie, elle rejète fermement toutes les accusations portées par le président russe Vladimir Putin. "Notre président est d’origine juive, comment peut-on dire qu’il soutient les nazi ?" lance-t-elle.

Et si elle a quitté l’Ukraine en 2000 pour s’établir en Italie et y faire ses études, avant de s’envoler avec son mari pour La Réunion, Natasha reste attachée à son pays, où elle avait l’habitude d’aller en vacances chaque année. "Vous vous doutez que des vacances ne sont pas possibles cette année" plaisante-t-elle, alors qu’elle souhaitait y emmener son fils pour les vacances.

Critique vive de la politique russe, elle s’agace de la communication officielle du Kremlin. "Ils disent que nous créons des armes biologiques, que nous payons des acteurs, que nous bombardons notre propre pays. Ils ont même essayé de faire revenir l’ancien président que nous avons chassé en 2014. Mais de qui se moque-t-on ?" conclut-elle, en colère.

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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