La FRBTP alerte :

Bâtiment : "nos entreprises ne veulent plus être des amortisseurs de la hausse des matériaux"


Publié / Actualisé
Ce jeudi 14 avril 2022, la Fédération réunionnaise du bâtiment et des travaux publics (FRBTP) a tenu une conférence de presse pour présenter ses objectif pour l'avenir du bâtiment à La Réunion. L'occasion d'alerter sur les difficultés auxquelles le secteur est confronté notamment sur le plan de l'approvisionnement à cause de la guerre en Ukraine, et informer les entreprises des leviers à leur disposition.
Ce jeudi 14 avril 2022, la Fédération réunionnaise du bâtiment et des travaux publics (FRBTP) a tenu une conférence de presse pour présenter ses objectif pour l'avenir du bâtiment à La Réunion. L'occasion d'alerter sur les difficultés auxquelles le secteur est confronté notamment sur le plan de l'approvisionnement à cause de la guerre en Ukraine, et informer les entreprises des leviers à leur disposition.

La crise sanitaire et la guerre en Ukraine impactent fortement le secteur du bâtiment à La Réunion. Et pour cause, les principaux matériaux nécessaires à la construction viennent d’Asie et d’Europe de l’Est. Des pénuries, des hausses et des retards de livraison, qui ont un coût pour les entreprises réunionnaises, mais qui pourraient être atténués par la mise en place d’une circulaire décidée par le premier Ministre le 30 mars dernier.

- Une circulaire à mettre en place -

"Nos entreprises ne peuvent plus et ne veulent plus être des amortisseurs de la hausse des matériaux", clame Anthony Lebon, président de la FRBTP. Ce que le syndicat patronal demande, c’est que la circulaire du Premier ministre soit mise en place par les maîtres d’ouvrages. "Quand on est engagé sur un marché qui a pris 7 à 8%, on a de vraies difficultés. Nos entreprises ne doivent pas prendre la charge du surcoût des matériaux qui bénéficient aux maîtres d’ouvrages." Ecoutez :

Une circulaire qui fait état des mesures applicables immédiatement sur notre territoire. Elle prévoit un partage des surcoûts des contrats en cours, le gel des pénalités de retard, ainsi que la révision des systèmes des prix des marchés publics comme privés.

- Une urgence pour les entreprises -

La FRBTP demande à ce que cette circulaire soit mise en place sans délai pour assurer la pérennité des entreprises et le maintien des emplois afin de pouvoir assurer la continuité du service public.

"Aujourd’hui on a de vraies difficultés à chiffrer. On a une vraie volatilité du prix. On conseille même aux entreprises de conditionner leur offre à la mise en place d’une clause de révision. C’est le meilleur moyen d’avoir une certaine équité", explique Edouard Gaudemet, vice-président pour le collège Génie Civil.

- Des matériaux plus chers -

Avec la crise Covid et la guerre en Ukraine, la hausse du prix des matériaux se confirme, conduisant parfois à la pénurie, "une augmentation qui engendre des surcoûts à la charge des entreprises", précise Anthony Lebon.

"Cela créer un bouleversement des approvisionnements en matériaux. La Réunion utilise beaucoup de produits européens", estime Stéphane Brossard, président d’honneur. Pour exemple, le prix de l’acier, qui a augmenté de 80%, tandis que le prix de l’aluminium a connu une hausse de 150%. "La Réunion est dépendante de l’importation", ajoute-t-il.

"Les produits sont généralement fabriqués en Asie et en Europe de l’Est, où les usines sont au ralenti. S'ajoutent à ça les délais de fret. L’océan Indien devient une terre isolée avec des délais de livraison multipliés par deux", indique Francis Huot-Marchand, trésorier.

- Des marchés perdus -

Cette situation impacte les entreprises, comme celle d’Alain Cadet, qui avait répondu à un appel d’offre en juin 2021, fait par une grande collectivité de La Réunion. Cependant, en raison de la crise, du coût des matériaux et surtout d’un prix inchangé, l'appel n’a pas abouti. Ecoutez :

- Une rencontre prévue avec les maîtres d’ouvrages -

À l’issue de cette conférence de presse, la FRBTP annonce qu’une rencontre avec les maîtres d’ouvrages est prévue d’ici quelques jours. Objectif : la possible signature d’une charte. "On appelle à cette dimension d’économie solidaire et vertueuse, car certaines entreprises en difficulté peuvent être amenées à des liquidations ", conclut Anthony Lebon.

Une chose est sûre, la FRBTP souhaite un dialogue constructif, afin que les entreprises retrouvent une certaine sérénité pour les marchés à venir.

ma.m/www.ipreunion.com/[email protected]

   

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