Cyclones et début d'immunité :

Dengue : sept fois moins de cas qu'en 2021 à la même période


Publié / Actualisé
Du 21 mars au 3 avril 2022, 137 nouveaux cas de dengue ont été enregistrés. A la même époque l'an dernier, près de 1000 cas avaient été recensés en une semaine. Une différence de taille qui pose nécessairement la question suivante : La Réunion a-t-elle atteint une forme d'immunité collective ? Il est trop tôt pour parler d'immunité en général selon l'Agence régionale de santé, puisque trois sérotypes différents circulent sur l'île, mais certains quartiers pourraient être immunisés contre le séroptype 1. Les récents cyclones auraient également pu balayer les gîtes larvaires et de fait permis de limiter la circulation du virus. En cette cinquième année d'épidémie, nous faisons le point avec l'ARS. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Du 21 mars au 3 avril 2022, 137 nouveaux cas de dengue ont été enregistrés. A la même époque l'an dernier, près de 1000 cas avaient été recensés en une semaine. Une différence de taille qui pose nécessairement la question suivante : La Réunion a-t-elle atteint une forme d'immunité collective ? Il est trop tôt pour parler d'immunité en général selon l'Agence régionale de santé, puisque trois sérotypes différents circulent sur l'île, mais certains quartiers pourraient être immunisés contre le séroptype 1. Les récents cyclones auraient également pu balayer les gîtes larvaires et de fait permis de limiter la circulation du virus. En cette cinquième année d'épidémie, nous faisons le point avec l'ARS. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Imaz Press : Comment explique-t-on qu'en ce mois d'avril, les cas de dengue semblent moins élevés que les années passées ?

Agence régionale de santé : A ce jour, la situation épidémiologique correspond à une période d’inter-épidémie. De nombreux éléments pourraient contribuer à limiter la probabilité d’apparition et l’ampleur d’une vague épidémique par rapport aux années précédentes :

- la saison des pluies particulièrement abondante accompagnée du passage des cyclones Batsiraï et Emnati en début d’année, qui aurait permis d’éliminer une partie des larves présentes dans l’eau (débordement de gîtes, nettoyage des ravines) et les moustiques adultes non abrités.

- la possible augmentation de l’immunité acquise dans certains quartiers après plusieurs années de circulation du sérotype 1

- la mobilisation collective des différents acteurs au quotidien : ARS, services préfectoraux, collectivités, population…

Les restrictions sanitaires liées au Covid ont-elles joué un rôle dans cette circulation virale de la dengue ? (moins de brassage, isolements...)

Les restrictions sanitaires liées au Covid ont temporairement réduit la mobilité des personnes, avec ainsi peut-être une baisse de la diffusion géographique du virus à partir du lieu initial de circulation. Mais le fait que la population reste plus à domicile peut également représenter une source plus importante d’exposition aux moustiques, de par notamment la présence en milieu ouvert (fenêtres, portes vers le jardin), contrairement à ce qui est habituel dans le monde du travail en entreprise ou en bureau.

Peut-on estimer, après plusieurs années d'épidémie, que La Réunion commence à atteindre une forme d'immunité collective face à la dengue ?

Le virus de la dengue a majoritairement circulé dans l’Ouest et le Sud de l’île avec 3 sérotypes différents. L’infection par un sérotype ne conférant pas une immunité vis-à-vis des autres sérotype,  le maintien des gestes de prévention et des actions de lutte anti-vectorielle sur l’ensemble du territoire reste nécessaires pour éviter l’apparition de nouvelles vagues épidémiques.

Qu'en est-il des cas graves ?

Depuis le début de l’année 2022, 64 passages aux urgences et 6 hospitalisations pour dengue ont été enregistrés. En 2021, à la même période, il était recensé 518 passages aux urgences et 178 hospitalisations.

La part d’hospitalisation et de patients présentant des formes sévères est moindre que l’année précédente.

D'autres sérotypes circulent-ils depuis l'an dernier sur notre territoire ? Lesquels circulent actuellement ?

Depuis le début des signalements en 2021 et jusqu’à ce jour, seul le sérotype 1 de la dengue a été détecté chez les patients.

A noter qu’il existe 4 sérotypes du virus de la dengue. Une infection par un sérotype confère une immunité contre ce sérotype mais pas contre les autres. Il est donc possible de contracter 4 fois la dengue au cours de sa vie.

Une surveillance renforcée des sérotypes circulant dans l’île est en place en collaboration avec les laboratoires du CHU et Santé publique France.

Doit-on craindre une brusque remontée des cas comme l'an dernier, de façon tardive soit en début d'hiver austral ?

La situation épidémiologique est suivie avec beaucoup d’attention. Le pic de dengue avait été observé en mai l’an passé. Si les cas restent peu élevés à ce jour par rapport aux années précédentes, avec l’été encore présent et les pluies favorables à la prolifération des moustiques, la situation peut effectivement évoluer très vite.

Quels sont les moyens actuels de lutte anti-vectorielle déployés par l'ARS ? Ont-ils baissé en intensité du fait du nombre inférieur de cas ?

La mobilisation en cours des différents renforts et de tous les acteurs reste  primordiale, face à l’augmentation du nombre de cas hebdomadaires observée ces dernières semaines et à la présence de conditions météorologiques encore favorables au développement du moustique

Les équipes du service de lutte anti-vectorielle (LAV) de l’ARS La Réunion (120 agents) complétées par des intérimaires ont été renforcées en mars 2022 d’une vingtaine de sapeurs-pompiers du SDIS, pour un engagement envisagé jusqu’à la fin juin. La Sécurité Civile, qui avait appuyé le service lors de la vague épidémique d’ampleur de 2021, ne sera pas engagée cette année sur la mission LAV à La Réunion, la situation actuelle ne justifiant pas ce soutien.

Ces effectifs importants permettent de poursuivre une stratégie basée sur des interventions systématiques et réactives autour de chaque cas isolé et des foyers émergents. Cela est complété, dans les zones de circulation virale les plus actives, d’actions de salubrité publique et de sensibilisation du public aux gestes de prévention et à l’élimination des gîtes larvaires, portées en lien avec les collectivités et les associations.

Les interventions des équipes de lutte anti-vectorielle de l’ARS sur le terrain sont complétées par la distribution gratuite de répulsifs auprès des publics cibles les plus fragiles (personnes ayant contracté la dengue, enfants en bas âge, femmes enceintes, personnes âgées).

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Toute vérité n'est pas bonne à dire , Posté
Il.faut remercier les cyclones alors. Quant à l'ARS ....
Vale, Posté
Bonjour,Quel est le bilan des lâchers de moustiques stériles '