L'ancien député-maire de Saint-Benoît était âgé de 74 ans (actualisé) :

Jean-Claude Fruteau n'est plus


Publié / Actualisé
L'ancien maire de Saint-Benoît Jean-Claude Fruteau est décédé ce jeudi 28 avril 2022 à l'âge de 74 ans. Il était ancien député de la cinquième circonscription mais aussi conseiller général durant de nombreuses années. Figure de la politique locale, il aura incarné le socialisme réunionnais, dont il a été un promoteur et défenseur tout au long de son engagement politique. Malade et affaibli, il avait démissionné de son mandat de maire de Saint-Benoît en mai 2020 pour raison de santé (Photo rb/www.ipreunion.com)
L'ancien maire de Saint-Benoît Jean-Claude Fruteau est décédé ce jeudi 28 avril 2022 à l'âge de 74 ans. Il était ancien député de la cinquième circonscription mais aussi conseiller général durant de nombreuses années. Figure de la politique locale, il aura incarné le socialisme réunionnais, dont il a été un promoteur et défenseur tout au long de son engagement politique. Malade et affaibli, il avait démissionné de son mandat de maire de Saint-Benoît en mai 2020 pour raison de santé (Photo rb/www.ipreunion.com)

Pour Jean-Claude Fruteau, le parcours politique commence véritablement en 1981 lorsqu’il adhère au parti socialiste suite à l’élection à la présidence de la République de François Mitterrand. Il devient alors premier secrétaire fédéral du Parti socialiste à La Réunion jusqu’en 2000.

Après avoir été membre du Conseil économique et social, l'ex-enseignant Jean-Claude Fruteau a occupé le poste de maire de Saint-Benoît pour la première fois de 1983 à 1999. Conseiller régional dans le même temps, il devient ensuite vice-président de l'assemblée du Conseil général.

En 1997, il perd les élections législatives face à André Thien Ah Koon dans la troisième circonscription. Jean-Claude Fruteau devient alors en 1999 député européen pour deux mandats, avant d'être élu en 2007 député de la cinquième circonscription cette fois-ci, en remportant le second tour contre Bertho Audifax, candidat UMP. Pour cause de cumul des mandats, il est contraint à la démission de son mandat de député européen.

En 2008 il vise à nouveau la mairie bénédictine et est largement élu dès le premier tour avec 57,7% des voix. Il se lance à nouveau dans la course aux législatives en 2012 pour renouveler son mandat et est élu au second tour avec plus de 67% des voix, contre le maire de Salazie Stéphane Fouassin.

En 2013, Jean-Claude Fruteau rompt de façon surprenante avec le Parti socialiste réunionnais pour rejoindre, avec Michel Vergoz et Jean-Jacques Vlody, Le Progrès fondé par Patrick Lebreton, une manière de contester la mainmise sur le parti des élus dionysiens, actant la rupture entre le "PS des villes" et le "PS des champs" En 2016, Jean-Claude Fruteau prendra ses distances avec le mouvement de Patrick Lebreton, estimant que ce dernier s’éloignait trop du Parti socialiste, démontrant une fois de plus qu’il demeurait un authentique socialiste jusqu’au bout.

Entretemps, en 2014 il se présente à sa propre succession et est réélu sans surprise, mais doit passer cette fois-ci par le second tour.

Lors des élections régionales de 2015, le leader socialiste défend la liste de Patrick Lebreton et finit par s'allier avec Paul Vergès, dirigeant du Parti communiste réunionnais. "Frères ennemis", les deux hommes sont alors côte à côte pour mener un comité de parrainage à la liste Lebreton. C'est finalement le duo Robert - Bello qui se dessinera à l'issue du premier tour. Le candidat de droite sera alors élu lors du second.

- Démission pour "raisons de santé" -

En mai 2020, Jean-Claude Fruteau remet sa démission auprès du préfet pour "raisons de santé". Une décision qui entraînera de nombreuses réactions de la part du monde politique réunionnais. Une page se tourne pour le socialiste, après 30 ans de vie publique.

Il ne se représentera donc pas aux élections municipales de 2020, et préférera soutenir Philippe Le Constant, son premier adjoint. Celui-ci n'arrivera pourtant qu'en 4ème position, mais conservera une place pour le second tour, pour une "pentagulaire". C'est Patrice Selly qui remportera l'élection avec 43,05% des voix, loin devant Philippe Le Constant qui avait alors formé une alliance ave Patrick Dalleau.

Le parcours socialiste de Jean-Claude Fruteau a notamment été marqué par la victoire de François Hollande à la Présidence de la République en 2012, le candidat du PS qu'il avait amplement soutenu lors des élections. Il est d'ailleurs pressenti pour entrer au gouvernement, signe de l’apogée d’une carrière marquée par une fidélité totale au camp socialiste. Ce dernier préférera finalement se consacrer à ses mandats locaux et notamment à sa ville, Saint-Benoît.

Jean-Claude Fruteau aura clairement contribué durant toutes ces années au développement de Saint-Benoît dont il avait un attachement très particulier. En qualité de responsable socialiste, il s’évertue à structurer et à développer le rôle du Parti à La Réunion, aux côtés d’autres ténors tels que Wilfried Bertile, Albert Ramassamy ou encore Gilbert Annette.

Il promeut notamment l’égalité sociale promise par François Mittérrand. Avec son attachement aux valeurs socialistes, Jean-Claude Fruteau restera dans la mémoire politique collective de l'île comme étant un homme d’ouverture et de dialogue promouvant l’intérêt général comme conduite de son action publique et politique.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

4 Commentaire(s)

Missouk, Posté
A l'attention de "Patrick depuis son mobile". Je peux comprendre que vous n'aimiez pas le politique, mais un peu de compassion ne nuit jamais bien au contraire ! Dans votre propos à charge, pas un mot!
Patrick, depuis son mobile , Posté
Magnifique hagiographie mais totalement hors-sol.
Son parcours politique n'est qu'une longue et sempiternelle succession de renoncements,de mensonges et de trahisons envers la population et ceux et celles qui ont eu la faiblesse de croire en ce bonimenteur.
Les incarcérés qui sont employés et rémunérés par sa généreuse commune tout le long de sa pathétique et désastreuse mandature, on en parle ou pas.
L'état calamiteux de sa commune,seul un prêt conjoint Banque Mondiale et FMI pourrait rendre un visage digne à ce territoire dévasté par tant d'années de gabegie et de non-développement, on en parle ou pas.
Que de vies gâchées dans la population (les faits-divers nous en font l'écho chaque jour) à cause de la cupidité et de la recherche permanente des honneurs de cet édile.
Effectivement une longue,trop longue carrière politique au service uniquement de lui-même, des membres de sa famille et assimilés et de ses proches.
Un vrai Homme politique au sens de la Vième République.
Pour rappel, c'est lui l'homme de Gôche, qui avait "bloqué" le versement du RMI décidé au niveau national à 80% de son montant en agitant le spectre d'un désengouement face au marché de l'emploi.
Ça aurait pu être l'occasion rêvée de payer à sa juste mesure les employés du Privé face aux surcoûts réels de la vie liés à l'insularité et à l'éloignement.
Non plus facile de taper sur les plus fragiles et de souligner leur oisiveté légendaire.
Pour un descendant d'esclavagiste, on ne pouvait attendre moins.
Au fait, ces fameux 20% spoliés aux Allocataires du RMI ont été abondé à la création des Logements Sociaux.
40 ans de recul nous montre que ce n'était qu'un prétexte pour alimenter toutes les SEM SPL et autres pompes à fric des politiques locaux. Tout ça pour sortir de terre des logements insalubres à leur livraison.
Oui merci bien Missié Fruteau de Laclos.
Vous manquerez sans nul doute aux opportunistes et autres poli-tocards du 974 qui perdent l'un de leur modèle, aux citoyens qui attendaient un changement pour leur quotidien, une aspiration démocratique pendant vos quarante années de règne,le doute est permis.
Missouk, Posté
Un homme brillant, fidèle, et un politique qui aura marqué son époque et notre île. Mes plus profondes condoléances à la famille.
Triste nouvelle , Posté
Une personnalité brillante et qui a marqué l'histoire de la Reunion. Courage aux proches.