Armistice de 1945 :

8-Mai : une commémoration sur fond de guerre et de montée des nationalismes


Publié / Actualisé
Ce dimanche 8 mai 1945 est célébrée la commémoration de l'armistice du 8 mai 1945 qui met fin à la très meurtrière et dramatique Seconde Guerre Mondiale. Cette année, cette commémoration prendra une allure très particulière alors que le nationalisme continue de monter en Europe, comme l'illustre le score du Rassemblement National aux dernières élections présidentielles, et que la guerre fait rage en Ukraine, faisant craindre le spectre d'une Troisième guerre mondiale qui serait, cette fois, nucléaire. Un sentiment donc de déjà vu qui laisse penser que les Hommes n'ont décidé pas retenu les leçons de l'Histoire.
Ce dimanche 8 mai 1945 est célébrée la commémoration de l'armistice du 8 mai 1945 qui met fin à la très meurtrière et dramatique Seconde Guerre Mondiale. Cette année, cette commémoration prendra une allure très particulière alors que le nationalisme continue de monter en Europe, comme l'illustre le score du Rassemblement National aux dernières élections présidentielles, et que la guerre fait rage en Ukraine, faisant craindre le spectre d'une Troisième guerre mondiale qui serait, cette fois, nucléaire. Un sentiment donc de déjà vu qui laisse penser que les Hommes n'ont décidé pas retenu les leçons de l'Histoire.

- Le conflit le plus meurtrier de l’histoire -

On estime à près de 60 millions le nombre de morts de la Seconde guerre mondiale, soit quatre à cinq fois plus que la guerre de 14-18. Selon les bilans, la moitié serait des civils. L’Union soviétique a payé un lourd tribut avec une estimation de près de 20 millions de mots. La France recense environ 1 million de morts, dont 400 000 civils. Cette guerre fera aussi plusieurs millions de blessés et plus de 30 millions de déplacés en Europe.

La Shoah aura bien sûr marqué les esprits et l’histoire avec cette volonté de déporter des individus pour des raisons raciales, religieuses ou encore liées à l’orientation sexuelle. L’Humanité a alors montré son visage le plus cruel et le plus intolérant. Selon l’Institut d’histoire du temps présent et le Ministère des Anciens Combattants, près de 141 000 personnes ont été déportées de France. 75 000 environ pour des raisons raciales (2 500 survivants) et 66 000 environ pour des raisons diverses dont 42 000 pour des faits de résistance (23 000 survivants).

Comment ne pas évoquer non plus l’horreur d’Hiroshima et de Nagasaki. Le 6 août 1945, une bombe à l'uranium de quatre tonnes et demi surnommée Little Boy est larguée sur la ville d’Hiroshima, au Japon, pays allié de l’Allemagne nazie, provoquant la mort de 70 000 personnes, des dizaines de milliers de blessés et beaucoup d’autres morts, des années plus tard. Puis le 9 août 1945, une seconde bombe est cette fois larguée sur la ville de Nagasaki, provoquant la mort de 40 000 personnes et là aussi des milliers de blessés, marquant à tout jamais les esprits et montrant tout le danger de l’arme nucléaire pour l’avenir de l’humanité.

- Après la guerre, la volonté d’une paix durable -

Plus jamais ça. C’était en tout cas la volonté des différents protagonistes, et notamment du camp victorieux, que cette barbarie ne se reproduise plus, notamment sur le territoire européen qui avait vu en l’espace de 50 ans deux guerres mondiales ravager l’Europe avec toutes les conséquences connues en termes de bilan humain, mais aussi en termes de bilan économique, social, ou encore géopolitique.

C’est alors que naît la volonté de créer un organisme international en charge d’assurer la paix dans le monde. L’Organisation des Nations Unis (ONU) voit le jour le 24 octobre 1945, sur les cendres de la Société des Nations (SDN) avec trois principaux objectifs : maintenir la paix et la sécurité dans le monde, promouvoir et défendre les droits de l’homme, développer la coopération internationale. Elle compte aujourd’hui 193 Etats membres.

- En 2022, l’histoire semble se répéter -

Malgré cette volonté de préserver une paix durable, l’histoire semble malheureusement se répéter aujourd’hui. En effet, plusieurs faisceaux laissent à penser que le monde est à un point de bascule, et qu’un conflit de très grande ampleur pourrait faire rage, non seulement en Europe mais partout dans le monde.

D’abord, on peut faire le parallèle entre la montée actuelle des extrêmes avec celle du nazisme dans les années 1920/1930, sans pour autant parler de similarité entre l’idéologie nazie et celle de l’extrême droite. Il est important de constater la montée du nationalisme -identitaire en Europe. Cela a permis à certains partis d’extrême droite et leurs idées d’accéder au pouvoir comme en Hongrie ou en Pologne.

La France n’est pas en reste. En témoigne le score record enregistré par Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles de 2022 (41,55%), démontrant que les idées d’extrême droite, les revendications identitaires, les thèses excluantes en matière de religion ou encore d’immigration gagnent du terrain, non seulement en Europe, mais aussi dans le monde.

En effet, la planète entière ne semble pas épargnée par cette tendance au repli identitaire et à l’intolérance, comme en Inde où l’actualité montre une hausse significative des actes de repressions vis-à-vis des musulmans.

Comme le disait l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, "c’est le refus d’accepter la différence qui cause une grande partie de la violence et de la souffrance que nous voyons autour de nous". Cette montée de l’extrême droite est donc particulièrement inquiétante, car faisant la lie de la haine, et de la violence.

L’autre principal faisceau qui peut faire craindre le basculement du monde dans une Troisième guerre mondiale est l’actuelle conflit armé entre la Russie et l’Ukraine. L’enlisement de la situation, la violence des affrontements, la posture va-t’en guerre de Vladimir Poutine et les tensions affichées compte tenu de l’engagement de plus en plus évident de l’Occident aux côtés de l’Ukraine pourrait faire sombrer cette guerre dans une situation difficilement contrôlable.

A plusieurs reprises, le patron du Kremlin a agité le chiffon rouge de l’arme nucléaire. Le déclenchement d’une guerre nucléaire serait tout à fait dévastateur pour le monde avec toutes les conséquences qu’on peut imaginer en termes de bilan matériel et humain. Elle signerait peut-être même la fin de l’humanité compte tenu de l’impact pour le monde en termes de radioactivité.

"On ne peut pas vivre sans le passé. Si on oublie le passé, notre humanité est mutilée" disait l’écrivain Elie Wiesel, survivant d’Auschwitz qui fut prix Nobel de la Paix.

Alors que le monde célèbre aujourd’hui le 77ème anniversaire de l’armistice de la Seconde guerre mondiale, il est important pour tout un chacun de porter un regard lucide et clair sur le passé, sur ces moments d’histoire qui ont fait basculer l’humanité dans l’horreur, pour ne pas reproduire, dans ce présent, les mêmes erreurs.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Heinrich Koffee, Posté
C'est un très bel édito, qui remet dans un contexte historique plus global l'actualité de 2022. J'ajouterai l'intolérance des gouvernements actuels, eux qui ne laissent plus de place aux débats, et qui donnent des perspectives de misère aux populations. C'est sur ce terreau que poussent et fleurissent toutes ces haines. De ce point de vue là Macron, Biden, Johnson - et Poutine - ont une responsabilité historique. A eux de jouer.