Contraintes sanitaires :

Gîte du Piton des Neiges : vers un retour à la normale d'ici juillet


Publié / Actualisé
Les amoureux de la randonnée en montagne sont bien placés pour le savoir : les contraintes sanitaires perdurent dans les gîtes type refuges notamment celui de Caverne Dufour, au pied du Piton des Neiges. Depuis deux ans déjà, crise Covid oblige, les restrictions restent en place et les dortoirs ne peuvent pas accueillir plusieurs groupes en même temps. Ces mesures sont amenées à être levées : l'association des gestionnaires des gîtes de montagne (AGGM) parle d'un retour à la normale d'ici juillet (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Les amoureux de la randonnée en montagne sont bien placés pour le savoir : les contraintes sanitaires perdurent dans les gîtes type refuges notamment celui de Caverne Dufour, au pied du Piton des Neiges. Depuis deux ans déjà, crise Covid oblige, les restrictions restent en place et les dortoirs ne peuvent pas accueillir plusieurs groupes en même temps. Ces mesures sont amenées à être levées : l'association des gestionnaires des gîtes de montagne (AGGM) parle d'un retour à la normale d'ici juillet (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"On prend notre mal en patience" lâche Alain Boyer, directeur de l'AGGM. Représentant des gérants de gîtes en montagne, il est bien conscient que les mesures sanitaires encore maintenues dans certains lieux, à commencer par le Piton des Neiges, sont fatigantes pour tout le monde.

La raison est purement technique : "il ne s'agit pas de restrictions que l'on garde volontairement, c'est parce que certains clients ont réservé depuis près d'un an déjà. Or, ils ont réservé un espace entier, et non pas seulement quelques lits, à cause du Covid" explique Alain Boyer. La restriction principale liée à la crise sanitaire étant en effet l'interdiction de mélanger les groupes dans un même dortoir. "On ne peut pas rappeler les clients un par un pour leur dire : finalement il y aura d'autres gens dans le dortoir avec vous."

Résultat : il faut attendre que ces réservations de longue date soient épuisées pour pouvoir à nouveau ouvrir toutes les places en dortoirs, tous groupes confondus. Ces réservations courent jusqu'à juillet environ. "On envisage de remettre tout ça progressivement. Si le dortoir de 15 n'est pas encore réservé en juin par exemple, on peut l'ouvrir à tous. Peut-être qu'à côté par contre il y aura un dortoir de 9 qui reste réservé pour quelques personnes seulement."

- 6 maximum dans un dortoir de 15 -

Dans les faits, le célèbre gîte de Caverne Dufour, situé à 2.400 mètres d'altitude sous le Piton des Neiges - dont le sommet se trouve 600 mètres au-dessus -, est particulièrement prisé des randonneurs qui veulent atteindre le toit de l'océan Indien. Pour éviter de faire la montée entière (soit 1.700 mètres de dénivelé positif en cinq heures environ), beaucoup dorment au gîte avant de finir la montée très tôt le matin et voir le lever de soleil du sommet. Problème : depuis près d'un an, le gîte affiche complet plusieurs mois avant. Un effet facile à comprendre, quand on sait qu'un groupe de quatre personnes bloque à lui tout seul un dortoir de neuf.

"On fonctionne toujours sur le système suivant : 4 personnes maximum dans le dortoir de 9, 6 personnes dans le dortoir de 15" explique Luc Morel, gérant du gîte. Pour lui c'est un gros manque à gagner puisque les dortoirs sont quasi vides. Pour les clients aussi, la mesure est contraignante. Au-delà de ceux qui doivent anticiper leur réservation de plusieurs mois, il est impossible de réserver pour deux seulement. Un couple devra alors payer pour quatre personnes. "Mais même s'ils ont payé pour quatre, ils ne seront que deux et ne prendront donc que deux repas" précise Luc Morel. Ce ne sont donc pas les réservations de dîners qui peuvent aider à compenser le manque d'activité.

Depuis 2020 c'est ainsi, "on fait avec, on a pas le choix" admet le gérant, qui a pu toucher les aides de l'Etat au plus fort de la crise sanitaire, ce qui n'est plus le cas depuis plusieurs mois alors que toutes les restrictions dans les établissements recevant du public sont lâchées une à une. "C'est compliqué, on n'a pas assez de sous pour payer l'hélicoptère du ravitaillement à chaque fois" ajoute le gérant, qui attend impatiemment la (vraie) reprise dès juillet.

"Nous avons eu un très mauvais début de saison avec les cyclones, la fermeture de la Rivière des galets, les fortes pluies... Aujourd'hui, on ne peut pas dire si ça va reprendre, on n'est pas devins. Mais oui, on espère un retour à la normale très vite" indique Alain Boyer. Pour retrouver une "vie d'avant" au gîte de Caverne Dufour, désespérément vide.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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