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Affaire Mathieu Caizergues : cinq ans après, les questions subsistent


Publié / Actualisé
Après la publication d'une vidéo du YouTubeur Rafu, où un ancien gendarme du PGHM (Unités de montagne de la gendarmerie nationale) assurait que le corps de Mathieu Caizergues ne se trouvait pas dans Mafate, un direct était organisé ce mercredi 11 mai 2022 pour répondre aux questions des internautes. L'ancien gendarme, Christophe, était présent, tout comme la mère de Mathieu Caizergues, Delphine Caizergues.
Après la publication d'une vidéo du YouTubeur Rafu, où un ancien gendarme du PGHM (Unités de montagne de la gendarmerie nationale) assurait que le corps de Mathieu Caizergues ne se trouvait pas dans Mafate, un direct était organisé ce mercredi 11 mai 2022 pour répondre aux questions des internautes. L'ancien gendarme, Christophe, était présent, tout comme la mère de Mathieu Caizergues, Delphine Caizergues.

Environ 200 personnes étaient présentes pour poser leurs questions aux intervenants, de nombreuses zones d’ombres subsistant sur cette affaire. Pendant 45 minutes, Delphine Caizergues et Christophe Grange se sont efforcés de retracer la chronologie de l’affaire, et d’explorer les différentes théories avancées par les spectateurs.

Toute l’attention s’est portée sur les deux compagnons de randonnée de Mathieu Caizergues, qui sont les derniers à l’avoir vu vivant, et qui ont tardé à donner l’alerte après la disparition du gendarme.

La mère du gendarme disparu en 2017 a confirmé qu’il ne connaissait pas l’un des deux randonneurs, tandis que le second était aussi gendarme. Elle a insisté à plusieurs reprises sur le fait que les deux randonneurs n’avaient pas alerté les autorités assez rapidement à ses yeux.

La séparation lors de la randonnée a longuement été interrogée par les spectateurs, mais a été relative par Christophe Grange. "Ce n’est pas choquant de s’être séparés, c’est quelque chose de courant, notamment si toutes les personnes n’ont pas le même niveau en randonné" a-t-il estimé.

"N’oublions pas qu’ils sont présumés innocents, je ne veux voir personne affirmer qu’ils sont coupables" a dû rappeler le Youtubeur, en charge de l’intervention, à plusieurs reprises.

Comme mentionné dans la première vidéo, Christophe Grange a de son côté affirmé que les chances que le corps Mathieu Caizergues se trouvent dans Mafate était, à ses yeux, infiniment faibles.  "Dans la zone qui a été explorée entre la Brèche et la montée du Maïdo, avec toutes les mesures qui ont été mises en oeuvre pour explorer les environs, je pense qu’on l’aurait retrouvé" a-t-il déclaré, se laissant une marge d’erreur de "0,1%". Hélicoptères, grimpeurs, drones et chiens ont été engagés sur les sentiers pour tenter retrouver le gendarme, sans succès.

L’éventualité d’une chute a aussi été longuement abordée, encore une fois écartée par l’ancien gendarme du PGHM. "C’est un tracé connu et entretenu, c’est un sentier classique" sans difficulté particulière, a-t-il rappelé.  La remontée a d’ailleurs été réalisée par la famille. "Je n’ai pas trouvé que c’était particulièrement dangereux" a indiqué la mère du disparu.

Elle a aussi affirmé avoir reçu de nombreuses photos de la journée de randonnée, écartant donc l’idée que cette sortie n’aurait pas du tout eu lieu. Elle attend cependant une analyse d’une photo reçue lors de la randonnée, où Mathieu se cacherait les yeux et aurait une bosse.  "Quand on a vu cette bosse, on s’est dit qu’il était peut-être tombé en contre-bas d’un sentier, et qu’il s’y trouvait" a répondu Christophe Grange.

- Rappel des faits -

Pour rappel, le 23 juin 2017. Mathieu Caizergues et ses deux compagnons de marche, un gendarme et le mari d’une militaire, avaient entamé une randonnée dans Mafate. C’est sur le chemin du retour, après un repas manifestement bien arrosé à Roche plate, que le jeune gendarme aurait disparu.

Selon les déclarations de ces randonneurs, Mathieu Caizergues aurait été vu pour la dernière fois, à une demi-heure de marche du parking du Maïdo. Là où les trois hommes étaient censés se retrouver. Il n'est jamais arrivé jusqu'au point de rendez-vous que les deux compagnons ont pu rejoindre vers 17 heures. Ils ont indiqué n'avoir pu signaler la disparition qu'en début de soirée, une fois de retour en ville, car leurs batteries de téléphone portable étaient déchargées.

Quelques jours plus tard, les deux compagnons avaient été convoqués par la gendarmerie. Suite à leur audition, le procureur de Saint-Denis, Éric Tuffery, avait ouvert une information judiciaire pour "non assistance à personne en danger". Ils ont finalement été mis en examen.

Les recherches se sont concentrées sur Mafate, notamment à l’aide d’une équipe cynophile. Des équipes du groupe d'investigation cynophile de Grammat, dans le Lot, composées de maîtres-chiens et de leurs animaux spécialisés en recherche avaient été mobilisées. Recherches qui sont restées vaines.
Mathieu Caizergues a été déclaré mort par la justice un an après sa disparition. Cette déclaration a permis au procureur de saisir le juge pour des faits d'homicide involontaire. De son côté, pour mettre toutes les chances de son côté, la famille du disparu a fait appel à un détective privé, Jean-Claude Pennino, qui a recoupé différents témoignages, repéré les lieux de la disparition.

En juillet 2019, la chambre d'instruction de la Cour d'Appel de Saint-Denis a décidé que les deux compagnons de randonnée restaient mis en examen pour non assistance à personne en danger. Ils seront donc jugés par un tribunal correctionnel.

Les dernières recherches officielles pour tenter de retrouver le randonneur ont été menées en juin 2021, alors que le sentier reliant le Maïdo à la Brèche était fermé depuis l'incendie de novembre 2020, pour rénovation. Des recherches hélas infructueuses.

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Philo974, Posté
Ben voyons, l'ancien gendarme ayant participé aux investigations sort de son silence' Faut-il y voir là une énième tentative d'exempter les collègues d'être incarcérés et inculpés d'homicide volontaire' Comment se fait-il que ces douteux personnages soient encore libres alors que pour d'autres citoyens lambda, c'est la prison' Pour ne pas citer la femme qui se retrouve condamnée pour meurtre sur sa copine à l'Étang-Salé, la justice n'a ni corps, ni preuves et ne s'est contentée que des présomptions..