Les agriculteurs sont inquiets (actualisé) :

Convention canne toujours pas signée : les planteurs mettent la pression


Publié / Actualisé
À un mois à peine du début de la campagne sucrière, les planteurs restent sans nouvelles des négociations sur la prochaine convention canne. Pour rappel, cette convention sera signée pour une durée de cinq ans, jusqu'en 2027. Inquiets de la situation, la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de La Réunion (FDSEA) et les planteurs vont se rassembler ce mardi 31 mai à Saint-Denis devant les locaux de la CTICS (Centre Technique Interprofessionnel de la Canne et du Sucre) où doit se tenir la réunion du Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS) (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
À un mois à peine du début de la campagne sucrière, les planteurs restent sans nouvelles des négociations sur la prochaine convention canne. Pour rappel, cette convention sera signée pour une durée de cinq ans, jusqu'en 2027. Inquiets de la situation, la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de La Réunion (FDSEA) et les planteurs vont se rassembler ce mardi 31 mai à Saint-Denis devant les locaux de la CTICS (Centre Technique Interprofessionnel de la Canne et du Sucre) où doit se tenir la réunion du Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS) (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

La convention canne 2022-2027 n’est toujours pas signée, à l’approche du début de la campagne sucrière. Même si l’État a donné une enveloppe de près de 14 millions d’euros, les industriels disent eux, ne pas pouvoir mettre d’argent sur la table. Une convention qui pourtant est nécessaire pour les planteurs comme pour les industriels, car elle fixe les règles de rémunération des agriculteurs pour les cannes livrées.

Ce qu’espèrent donc les planteurs pour ce mardi 31 mai 2022, c’est que la réunion du Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS) aboutisse sur des négociations pour qu’agriculteurs et industriels puissent signer la convention canne, avant le début de la campagne sucrière.

- Un dialogue au point mort -

Comme l’expliquait il y a quelques temps Frédéric Vienne de la FDSEA et président de la Chambre d’agriculture, "le dialogue avec les industriels est quasiment rompu". Dans un contexte de baisse des tonnages, du prix de la canne, du manque de mains d’œuvre et des crises qui touchent le monde, la tension entre planteurs et industriels se fait sentir.

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Les agriculteurs n’ont pour l’heure aucune vision quant aux conditions qui seront posées pour la prochaine convention canne. "Les réunions techniques ont démarré. On est convié toutes les semaines mais aucune décision n’en découle", explique la FDSEA. "La campagne va commencer rapidement et on a besoin que tout le monde se positionne de façon officielle." C’est pourquoi les planteurs comptent se mobiliser. "On va mettre la pression sur les négociations pour que ça avance rapidement", explique Dominique Gigan. Il explique que "sans convention négociée, on peut repartir sur l’ancienne et on ne veut pas ça". "On veut une convention qui donne de la lisibilité sur les cinq ans à venir et redonner envie aux professionnels de faire le nécessaire pour la canne", conclut-il.

Si les négociations n’avancent pas, c’est, selon la FDSEA, parce que les industriels auraient fait une demande de subventions. Aides que l’État a refusé de leur accorder.

- 14 millions pour les planteurs… pas plus -

Le 23 mars 2022, un courrier conjoint des ministres de l'Agriculture et des Outre-mer avait annoncé la reconnaissance par l'État de la revendication des planteurs. Une aide supplémentaire de 14 millions d'euros par an versée directement aux planteurs entrera en vigueur dès cette année et jusqu'à 2027. Une somme qui, pour les planteurs, ne servira seulement qu’à amortir le coût des engrais, multiplié par deux en raison de la crise Covid et de la guerre en Ukraine.

"Tout a augmenté, les prix ont explosé : engrais, herbicides, matériels, gasoil… On a besoin d’une augmentation", indique Dominique Gigan. Près de 2.700 planteurs sont impactés par ces tensions entre agriculteurs et industriels. Des tensions qui interviennent alors que les planteurs ont déjà été fortement impactés par une année 2021 infructueuse. Pour rappel 1,55 million de canne avait été récolté.

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