[VIDÉOS] Les dons en baisse de 30% :

Les stocks de sang sont au plus bas


Publié / Actualisé
Depuis deux mois environ, les stocks de sang sont au plus bas à La Réunion. L'Etablissement français du sang enregistre des baisses de fréquentation des collectes allant jusqu'à -30%. Environ 400 poches de sang sont collectées en une semaine, contre 545 en moyenne habituellement. L'EFS lance un appel urgent et souhaite remobiliser les donneurs, notamment les groupes sanguins universels comme le O négatif pour lesquels les besoins sont énormes. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Depuis deux mois environ, les stocks de sang sont au plus bas à La Réunion. L'Etablissement français du sang enregistre des baisses de fréquentation des collectes allant jusqu'à -30%. Environ 400 poches de sang sont collectées en une semaine, contre 545 en moyenne habituellement. L'EFS lance un appel urgent et souhaite remobiliser les donneurs, notamment les groupes sanguins universels comme le O négatif pour lesquels les besoins sont énormes. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"EFS – Alerte stock !" : sous ses airs alarmistes, ce SMS reçu par les donneurs pour les informer des prochaines collectes cache une vérité, le manque de sang à La Réunion. Si les besoins sont constants et les stocks régulièrement affaiblis, le nombre de poches récoltées par semaine est en chute libre depuis le mois d'avril.

Depuis deux mois donc, l'Etablissement français du sang (EFS) enregistre "une baisse de 30% sur certaines collectes, avec une incidence très forte sur les groupes qui sont fréquemment utilisés, comme le O et le B. Ils sont descendus en-dessous des 10 jours de stock disponible, alors que notre cible est de 12 jours".

Ce mercredi, à La Possession, la collecte mobile organisée à la mairie n'est que le reflet de cette tendance. Si les donneurs sont plus nombreux sur les premiers créneaux entre 8h et 10h, la salle polyvalente se vide rapidement et les visites sont peu nombreuses jusqu'à la fin de la collecte, à 14h. 

- Une baisse difficile à justifier -

Le rendez-vous est toujours préconisé, mais il est également possible de venir sans rendez-vous. L'EFS essaie tant bien que mal de maintenir le rythme des collectes, avec au moins une dans le nord et une dans le sud chaque semaine, en fonction des disponibilités des médecins et infirmiers.

A La Possession, la docteure Amandine Bénard, médecin à l'EFS, déplore l'absence des donneurs. "Les stocks sont bas, et ce mois-ci encore on note une forte diminution de la fréquentation. On a des difficultés pour en trouver les raisons : il y a eu le Ramadan, les jours fériés et les ponts, et peut-être la levée des mesures Covid qui fait que les gens partent davantage en vacances et sont donc moins disponibles" explique la médecin.

Ce n'est pas le cas de Corinne, qui a profité de ses congés pour faire le déplacement. "Je suis donneuse universelle, O négatif, donc c'est un devoir pour moi de venir régulièrement donner mon sang. Avec la crise sanitaire et mes soucis d'emplois du temps, je n'ai pas pu donner plus tôt mais là comme je suis en vacances, j'en profite. Je sais qu'on en a besoin" nous dit-elle en plein don, aiguille dans le bras.

L'"action solidaire", c'est également ce qui motive Louis et Maxime, deux étudiants en médecine bénévoles à l'EFS. Âgés tous deux de 19 ans, ils assurent l'accueil des donneurs devant la mairie de La Possession. "J'ai toujours voulu faire du bénévolat, c'est une bonne action. Et on a la chance en tant qu'étudiants en médecine qu'on nous propose d'être bénévole. On voit aussi l'envers du décor" explique Louis.

"Notre rôle c'est accueillir les éventuels donneurs, leur demander s'ils se sentent bien, s'ils savent comment se passe le don, leur donner quelques indications, quelques conseils et aussi vérifier s'ils peuvent donner leur sang puisqu'il y a pas mal de contre-indications" précise Maxime. Des critères qui ne sont "pas ni nombreux" pour la médecin Amandine Bénard au regard de la "sécurité transfusionnelle" : "le but c'est que le don soit sans risque pour le patient comme pour le donneur, ça fonctionne des deux côtés".

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- "Sauver des vies" -

S'il semble perdre en attractivité en ce moment, le don de sang est pourtant essentiel. Après une fréquentation stable en début d'année, malgré les cyclones, la baisse se confirme de jour en jour. "Ça représente des variations de -100 à -120 poches de sang par semaine. En moyenne nous en réalisons plus ou moins 545" indique l'EFS.

"On a vraiment besoin que les donneurs se remobilisent et reviennent vers nous, parce qu'on a de gros soucis de stocks, notamment sur certains groupes sanguins. Pour le groupe O, les stocks sont très très faibles" déplore la docteure Amandine Bénard. Groupe des donneurs universels, le O est particulièrement recherché : "dans l'urgence, c'est celui dont on va avoir le plus besoin, et c'est un groupe très représenté sur l'île" ajoute la médecin. Une représentation due au métissage de la population réunionnaise.

"Le but du jeu c'est pouvoir assurer la demande de sang de nos patients derrière. Il y a des besoins pour les malades atteints de cancers, de leucémies… ces dons servent éventuellement à aller vers une guérison" précise la docteure Amandine Bénard. "Que les donneurs n'hésitent pas, au moindre doute ou inquiétude on est toujours là pour les renseigner. La finalité derrière, c'est que ça permet de sauver des vies."

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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