Le goût lontan :

Patates, fruits à pain, manioc et songes font leur le grand retour dans l'assiette des Réunionnais


Publié / Actualisé
Augmentation du prix du riz, des pâtes, de l'huile, de la viande... Remplir son caddy n'a jamais été aussi compliqué. Les conséquences de la crise sanitaire et du conflit en Ukraine se font sentir sur le pouvoir d'achat des Réunionnais. Face à l'inflation et aux difficultés d'approvisionnement, certains se remettent à cultiver des racines et fruits lontan. Des produits quasiment disparus des assiettes tels que le manioc, le songe gris, la patate douce, le conflore, le fruit à pain ou encore le cambarre reviennent au goût du jour. (Photo d'illustration : www.ipreunion.com)
Augmentation du prix du riz, des pâtes, de l'huile, de la viande... Remplir son caddy n'a jamais été aussi compliqué. Les conséquences de la crise sanitaire et du conflit en Ukraine se font sentir sur le pouvoir d'achat des Réunionnais. Face à l'inflation et aux difficultés d'approvisionnement, certains se remettent à cultiver des racines et fruits lontan. Des produits quasiment disparus des assiettes tels que le manioc, le songe gris, la patate douce, le conflore, le fruit à pain ou encore le cambarre reviennent au goût du jour. (Photo d'illustration : www.ipreunion.com)

Si les productions sont minimes, la Chambre d’agriculture révèle que 800 tonnes de patate douces, 1 000 tonnes de songe gris, 1200 tonnes de manioc et 25 tonnes de conflore ont tout de même été produites en 2021 à La Réunion.

Bien avant l’arrivée des grandes surfaces, l’alimentation réunionnaise reposait sur ces cultures traditionnelles, riches en sucre lent et en amidon. Cuisinés au sucre ou au sel, ils sont déclinables sous différentes formes. En accompagnement d’un cari ou comme plat principal.

"Je ne saurais dire le jour où j’ai mis un pied chez un marchand de légumes tellement les prix sont exorbitants", s’indigne Maud Ethève, 60 ans allocataire du RSA.  Face à la baisse de son pouvoir d’achat, cette dernière a décidé de refaire son potager. " J’essaye de me débrouiller comme je peux en plantant des légumes et des racines que j’aime bien pour ma consommation personnelle", explique la séxagénaire. "Pour l’instant, seuls mes maniocs ont poussé. Les patates, j’ai essayé mais ça n’a pas marché", ajoute-t-elle.

A l’inverse, Céline Pothin, 75 ans, a toujours planté ses songes et ses patates. "Mon mari et moi, depuis marmailles, on a toujours eu l’habitude d’en planter et d’en manger", raconte-t-elle. Depuis quelques mois, le couple a décidé de cultiver des maniocs et des cambars. Si la vieille dame dit vouloir diversifier son alimentation, ces nouvelles cultures sont aussi une façon de répondre à ses inquiétudes : "on en mange pas tous les jours mais le jour où le riz sera trop cher ou si jamais les bateaux n’arrivent plus à La Réunion, il y aura toujours à manger".

Jean-Hugues Cadet, 62 ans, cheminot à la retraite et originaire du Tampon n’a pas attendu l’augmentation des prix pour cultiver son morceau de terre. "Avec une petite retraite, les fins de mois sont difficiles", confie-t-il. Un peu avant le confinement et avec un peu de bonne volonté, le retraité s’est mis à nettoyer sa cour et à planter " tout sak y gingn manger comme i fesé dan tan lontan ".

Entre maniocs, conflores, songes, patates mais aussi papayers, tomates, salades… Son jardin-potager le rend quasiment autonome. "En matière de fruits et légumes, j’en achète quasiment plus, on mange ce qu’il y a dans le jardin ", indique le cheminot retraité. Son credo : planter pour manger. " Des fois na trop, bin mi donne ", dit-il en riant. Jean-Hugues Cadet ne s’est pas arrêté aux fruits, légumes et racines. Il a aussi son canard, ses poules et son cochon…

Finalement, dans ces temps de pénurie et de baisse du pouvoir d’achat, les Réunionnais se penchent vers ce qu’ils ont toujours vu faire : planter et élever pour manger. On pourrait presque dire que les vieilles habitudes ont la vie dure, à condition d’avoir un son lopin de terre…

Quelques recettes avec les racines lontan :

Gateau de patate douce

Ingrédients (8 personnes):
• 1,5kg de patates douces
• 4 à 5 œufs (selon la grosseur de l’œuf)
• 175g de beurre
• 250 g de sucre
• 1 gousse de vanille (facultatif)
• 4 cuillères à soupe d’Anisettte ou de Marie Brizard (facultatif)

Recette :

Etape 1 : Laver les patates pour retirer l’excédent de terre.
Etape 2 : Cuire les patates douces avec leur peau dans une cocotte ou dans une marmite avec de l’eau à hauteur des patates, jusqu'à ce qu'elles soient tendres. Pour vérifier la cuisson,  piquez-les avec un couteau. S’il s’enfonce, les patates sont cuites.
Etape 3 : Les égoutter puis les éplucher. Réduire les patates en purée à l’aide d’un presse purée ou d’une fourchette pendant qu’elles sont chaudes dans un bol.
Etape 4 : Couper le beurre en petits morceaux. L’ajouter aux patates encore chaudes. Ajouter le sucre, la vanille. Mélanger.
Etape 5 : Battre les œufs et les ajouter au mélange du bol. Bien mélanger.
Etape 6 : Beurrer un moule et y verser la préparation. A l’aide d’une fourchette, faire des traits horizonaux et verticaux.

Source: Lesfoodies

Galettes de manioc :

Ingrédients :
• 500g de manioc râpé
• 100g de sucre de canne blond
• 50ml de lait demi-écrémé
• 100ml Huile neutre (tournesol bio désodorisé pour moi)

La recette :
Etape 1 : Mélanger les ingrédients ensemble.
Etape 2 : Faire chauffer une poêle assez grande ou une marmitte avec un peu d’huile.
Etape 3 : Avec les mains propres, mais humides, prenez une boule de votre préparation et l’aplatir entre vos mains, tout en arrondissant les bords.
Etape 4 : Les poser délicatement dans l’huile chaude, en faisant attention de ne pas vous brûler.
Etape 5 :  Une fois chaque face dorée, la galette est prête.
Etape 6 : Les égoutter sur une assiette recouverte de 3 feuilles de papier absorbant.
Etape 7 : Laisser tiédir avant de les consommer. L’extérieur doit être légèrement croquant et l’intérieur moelleux.

Source : Mon île, ma passion

Songe grise au sucre :

Ingrédients :
• 250 gr de sucre ;
• 500 gr de songes ;
• De l’eau ;
• De la gousse de vanille (facultative).

La recette :
Etape 1 : Nettoyez les songes dans de l’eau tiède.
Etape 2 : Pelez-les et coupez-les en morceaux. Réservez dans un bol.
Etape 3 : Faites chauffer une marmite sur le feu. Ajoutez les songes et le sucre.
Etape 4 : Rajoutez quelques verres d’eau jusqu’à hauteur des songes.
Etape 5 : Bien mélanger puis couvrir avec le couvercle. Laisser le tout cuire durant une quinzaine de minutes. Remuez assez souvent.
Etape 6 : Laissez cuire 15 minutes sans le couvercle et continuez à tourner jusqu’à obtenir une sorte de caramel. Les songes sont presque cuits lorsque la cuillère commence à coller lorsque vous tournez.
Etape 7 : Vous pouvez les retirer du feu lorsqu’elles sont bien tendres.

Source : La cuisine réunionnaise

mp/www.ipreunion.com

   

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