Etablissements scolaires :

Rendre la cantine attractive, le grand défi des collectivités


Publié / Actualisé
Comme partout ailleurs, collégiens et les lycéens peuvent être tentés de fuir le self pour aller se chercher des repas rapides à moindre coût dans les snacks environnants. Une démarche que cherchent à éviter les collectivités responsables de la restauration scolaire. Les menus se veulent diversifiés et des ateliers de sensibilisation sur une nutrition équilibrée sont régulièrement déployés dans les établissements scolaires. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Comme partout ailleurs, collégiens et les lycéens peuvent être tentés de fuir le self pour aller se chercher des repas rapides à moindre coût dans les snacks environnants. Une démarche que cherchent à éviter les collectivités responsables de la restauration scolaire. Les menus se veulent diversifiés et des ateliers de sensibilisation sur une nutrition équilibrée sont régulièrement déployés dans les établissements scolaires. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

• Des menus équilibrés

Fini le "la cantine, c'est pas bon" : pour garder les jeunes élèves sur les bancs du self, le Département, en charge des collèges, et la Région, en charge des lycées, mettent au point des menus équilibrés. Le résultat est là pour le Conseil départemental, qui compte 35.000 collégiens déjeunant chaque jour dans les restaurants scolaires, "soit un taux de demi-pensionnaire important (plus de 60 % des effectifs)" nous dit-on.

Dans les lycées, "la restauration scolaire reste attractive car elle propose un menu diversifié - 3 entrées/ 3 plats / 2 garnitures / 3 desserts au choix - et respectueux des règles en matière d'équilibre nutritionnel et des enjeux sociétaux et environnementaux" estime le Conseil régional.

Pour valoriser la bonne nutrition, "aucun collège public ne propose un snack au regard des priorités de la collectivité en termes de santé publique et de la promotion des produits "péi" en faveur du "bien manger" et contre la "mal bouffe"" affirme le Département. Au lycée, seuls 22 établissements sur 45 ont une cafétéria, chiffre la Région de son côté. "Le système de "salade bar" afin que les élèves puissent se servir eux mêmes leur entrée se développe également dans nos établissements." Une méthode qui fonctionne bien.

• Des tarifs "maîtrisés"

Pour faire rester les élèves à la cantine, encore faut-il proposer des prix attractifs. Si l'inflation fait craindre aux parents une forte augmentation à venir, le Département maintient qu'à ce stade, "les tarifs sont maîtrisés". "Les tarifs en vigueur cette année 2022 ont été réajustés comme à l'accoutumée sur la base de l'indice Insee des prix à la consommation c'est à dire 1,8% soit environ 6 centimes par repas, le coût moyen d'un repas pour un collégien étant de 3,5 euros. Les tarifs sont fixés pour une année civile, afin que les collèges puissent élaborer leur budget pour l'année" nous précise-t-on. Les tarifs étant fixés pour l'année, aucun changement de prix n'est prévu d'ici le 31 décembre 2022.

Les prix sont également gelés du côté des lycées et donc de la Région. Quant à la crise, "nous avons déjà par le biais du Codarun (commandes de denrées alimentaires de La Réunion, ndlr) le pourcentage des produits impactés par la crise : il n'y aura pas de répercussion pour le moment sur les tarifs de restauration. Les plans alimentaires sont construits de façon à réduire au maximum les propositions de denrées ayant subi une forte augmentation" affirme le Conseil régional.

Pour les collèges, la facturation est assurée par les établissement eux-mêmes, "elle est faite sur trois périodes : janvier à mars, avril à juillet, août à décembre" précise le Département. "Les tarifs sont harmonisés et sont donc les mêmes quel que soit le collège fréquenté. La facturation tient compte de la PARS (Prestation d'accueil de la restauration scolaire) versée par la CAF à chaque établissement et de la bourse nationale. Ces deux aides permettent de diminuer le prix du repas pour chaque collégien." Pour les lycées, les élèves "peuvent payer au forfait selon un certain nombre de jours ou au ticket/jour ou encore sous forme de carte lorsque l'élève passe à la cafétéria" nous dit la Région.

Le Département contribue aussi "à hauteur d'un peu plus de 50% du coût de revient des repas servis (soit plus de 4 euros par repas) à travers les investissements (équipements et restauration) et le personnel mis à disposition des cuisines centrales, autonomes et satellites des 78 collèges publics de La Réunion" rappelle la collectivité départementale. La Région, elle, propose "une compensation financière de 690.000 euros en 2021".

• Sensibilisation sur l'alimentation

L'important est de montrer aux élèves qu'une alimentation équilibrée est essentielle à leur santé. "La collectivité départementale accompagne et sensibilise les agents intervenant en restauration scolaire sur la qualité nutritionnelle des repas servis" informe le Département pour qui "offrir une prestation qualitative est un des objectifs majeurs de la stratégie départementale en matière de restauration scolaire". De fait, des ateliers de sensibilisation sur l'alimentation sont organisés "à destination du public collégien, comme l'opération "Bann frui ek légim péi anlèr dann nout kolez"".

Pour les lycées, des projets régionaux ont été mis en place dans plusieurs établissements scolaires de l'île "ayant pour objectif premier de sensibiliser les lycéens au "Bien manger" mais aussi au patrimoine culinaire de La Réunion" note le Conseil régional. Ce fut le cas dans le cadre de "Tous au jardin ! Tous en cuisine !", où "une équipe composée de lycéens et d'agents de l'équipe cuisine a été accompagnée par un agriculteur afin de planter, entretenir, récolter les légumes et produire le menu défini tous ensemble en début d'année scolaire". Un projet participatif incluant directement les élèves. Quatre lycées y ont participé.

Le concours Recettes lontan s'inscrit aussi dans cette dynamique, et a pour vocation de "favoriser l’épanouissement des jeunes avec une restauration de qualité" ou encore "participer au développement et à la dynamique du tissu économique local en privilégiant les approvisionnements locaux" note la Région, qui enregistre sept lycées participants pour l'année 2021-2022. Les comités des usagers, qui ont lieu de manière trimestrielle, permettent également aux élèves et à leurs parents de donner leur avis sur les menus proposés en restauration scolaire.

La Région rappelle aussi son engagement dans une démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire dans les lycées. "La démarche vise à quantifier et qualifier le gaspillage via des campagnes de pesée sur une semaine en début d’année scolaire avec des pesées détaillées par plat et en mesurant le poids initial préparé, le poids des déchets non servis et le poids des déchets au niveau des retours plateaux. Des enquêtes qualitatives sont également réalisées lors de cette même semaine de pesée." En fonction du résultat, des plans d'action sont pensés pour réduire le gaspillage. "Sept sites pilotes ont participé à la formation-action sur l’année scolaire 2021-2022 ; à terme la démarche sera étendue à tous les lycées sur les quatre prochaines années scolaires" précise la Région.

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