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Appel à l'aide des planteurs : "sans convention, la filière cannes - sucre est morte"


Publié / Actualisé
Depuis le 14 juin 2022, les planteurs de La Réunion sont mobilisés pour manifester leur inquiétude sur face à la campagne sucrière qui tarde à commencer. Notamment en raison d'une convention canne 2022-2027 toujours pas signée. De ce fait, le retard dans la coupe canne risque fortement d'impacter les plantations, les tonnages en sucre et du coup, l'ensemble de la filière. (Photo : rb/www.ipreunion.com)
Depuis le 14 juin 2022, les planteurs de La Réunion sont mobilisés pour manifester leur inquiétude sur face à la campagne sucrière qui tarde à commencer. Notamment en raison d'une convention canne 2022-2027 toujours pas signée. De ce fait, le retard dans la coupe canne risque fortement d'impacter les plantations, les tonnages en sucre et du coup, l'ensemble de la filière. (Photo : rb/www.ipreunion.com)

"Les premières cannes il faudrait les couper là. Si on prend trop de temps pour couper, la canne va pourrir au pieds et on va perdre du poids et du sucre", explique Dominique Clain, président de l’UPNA (Unis pour nos agriculteurs). Et si la convention n’est pas signée et que la campagne prend trop de retard, c’est l’ensemble de la filière qui sera impactée. "Les gens vont laisser leurs cannes, ils vont les broyer ou laisser en friche", indique le représentant syndical. "On aura des plantations perdues, des terrains à l'abandon et on va se retrouver avec des bêtes dans les champs", ajoute le planteur.

Ce retard de la coupe se voit d’ailleurs déjà dans les champs car certaines cannes sont en fleur. Et cela n’est pas forcément bon signe. "Cela veut dire que ça fait déjà une à deux semaines que les cannes sont mûres", indique Dominique Clain. Il ajoute, "quand les cannes sont mûres elles sont prêtes à couper". Cependant, "si les cannes restent trop longtemps au pied à un certain moment la tige de la canne va perdre en tonnage de poids et en sucre", souligne le planteur. Pour Dominique Clain, "c’est une perte énorme. Déjà la campagne ne s’annonce pas bonne et si on tarde trop on risque de perdre encore plus".

Pour les agriculteurs, il faudrait absolument que la convention soit signée avant le 14 juillet pour ne pas perdre trop en tonnage de sucre. "Si on prend trop de retard on aura l’impact des cyclones en fin d’année, les fortes pluies, l’entretien va prendre du retard et donc tout va prendre du retard pour la campagne 2023", explique Dominique Clain, président de l’UPNA (Unis pour nos agriculteurs). "La campagne 2022 est pratiquement fixée aujourd’hui et nous notre inquiétude si on ne démarre pas cette campagne rapidement, on aura du mal à redémarrer", ajoute-t-il.

- Des pertes financières pour les planteurs -

Qui dit retard de coupe dit également pertes financières pour des planteurs, qui se battent actuellement pour une revalorisation de la tonne de sucre. Pour rappel, les planteurs demandent 35 euros la tonne pour une richesse de 13,80. Pour bien comprendre ce que cela signifie, Dominique Clain de l’UPNA nous éclaire. "En fait on parle de point de richesse. Il faut faire 13,80 de richesse pour obtenir 41 euros. Mais si on est en-dessous de ce seuil, on est loin de cette somme", explique-t-il. "Souvent, des agriculteurs ne touchent que 9 euros."

C’est là que le bât blesse. "Quand on est en-dessous, c’est là que l’agriculteur devient redevable des industriels", dit-il. Le seuil pour lequel les planteurs ne seraient pas redevables aux industriels est de 11,80, soit 30 euros. Mais alors, pourquoi les planteurs seraient-ils redevables ? "Toutes les semaines les industriels nous font une avance par tonne de canne à hauteur de 30 euros", explique Dominique Clain. "Le solde des planteurs est fait seulement trois jours avant les fêtes de fin d’année, et si on n’a pas atteint 30 euros, on est redevable de la différence auprès des industriels", indique-t-il.

- Une filière en danger –

Canne coupée ou pas, de toute façon, pour Dominique Clain, "l’impact de la filière canne c’est cette convention là. Donc s’il n’y a pas de convention solide il n'y a pas de campagne et si pas de campagne, la filière est pratiquement morte". Il compare même la situation avec celle vécue en 2017, lorsque les planteurs avaient bloqué plusieurs jours la Préfecture. "Depuis 2017, on a vu que la convention canne plombe l’agriculteur. Sur trois années de suite on perd plus de 500.000 tonnes cannes tous les ans, donc ça montre bien que s’il n’y a pas de solution rapide pour rééquilibrer la convention et retrouver un juste prix, la filière est finit."

Toutefois, il indique, "s’il y a des usines qui sont capables de prendre notre canne pour faire de l’énergie on est prêt à donner gratuitement, mais si on n’a pas de solution rapidement c’est la campagne 2022 qui va être impactée".

Mais actuellement, les planteurs l’assurent, "on n’est pas prêt à livrer de la canne au jour d’aujourd’hui tant qu’il n’y a pas une convention conforme". "Si on va couper la canne pour donner aux industriels cela ne sert à rien."

Dominique Clain conclut en disant que, "on veut que la convention soit signée cette semaine pour démarrer la campagne et ne pas avoir de pertes conséquentes". Il l’assure, "dès que la convention sera signée on va dans nos champs et on va livrer les cannes."

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ma.m/www.ipreunion.com/[email protected]

   

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