Des exilés évoquent un "crime contre l'humanité" :

Enfants de la Creuse : "Notre histoire doit entrer dans les livres scolaires"


Publié / Actualisé
Alors qu'une commission d'enquête travaille depuis février 2016 sur le sujet, l'épisode des "Enfants de la Creuse" reste encore méconnu dans la mémoire réunionnaise. Si l'État français a reconnu sa responsabilité morale depuis 2014, les anciens exilés estiment que "beaucoup reste encore à faire". Leur espoir : que leur histoire entre dans les livres scolaires. Vice-présidente du collectif Rassin Enlèr, Valérie Andanson souhaite également qu'elle soit reconnue comme "crime contre l'humanité".
Alors qu'une commission d'enquête travaille depuis février 2016 sur le sujet, l'épisode des "Enfants de la Creuse" reste encore méconnu dans la mémoire réunionnaise. Si l'État français a reconnu sa responsabilité morale depuis 2014, les anciens exilés estiment que "beaucoup reste encore à faire". Leur espoir : que leur histoire entre dans les livres scolaires. Vice-présidente du collectif Rassin Enlèr, Valérie Andanson souhaite également qu'elle soit reconnue comme "crime contre l'humanité".

Arrachés de leur île, ils ont parfois été utilisés comme de la main d'oeuvre gratuite. Les enfants de la Creuse : une réalité dramatique et encore méconnue. De 1963 à 1982, plus de 2000 mineurs ont ainsi été déplacés vers la "diagonale du vide", soit les départements de la Creuse, du Tarn et de la Lozère. L'objectif de l'État français : repeupler ces contrées rurales en soulageant tout à la fois la surpopulation et le chômage endémique d'une île gangrénée par le chômage. Mais la souffrance entraînée est multiple, entre racisme ordinaire, travail forcé, violence physique ou sexuelle. Certains de ces marmailles transférés, âgés de 6 mois à 18 ans, sont aujourd'hui en quête de leur identité perdue. Avant la mise en place d'une commission d'enquête par le gouvernement, les associations étaient déjà montées au créneau pour dénoncer ce passé douloureux et oublié.

Pour Jean-Philippe Jean-Marie, président de l'association Rasinn Anler, "il y a encore beaucoup de recherches à faire". Celui qui a aujourd'hui "totalement retrouvé son identité" souhaite désormais soutenir ceux qui ont aussi vécu ces "adoptions illégales". Il raconte : "On a été volés et pris comme esclaves !". Vice-présidente du collectif, Valérie Andonson estime que "leurs droits d'enfants ont été bafoués". D'autres associations ont également vu le jour avec le même objectif : Les Réunionnais de la Creuse ou encore Génération Brisée.

Aujourd'hui, par le biais de cette commission d'enquête, ces anciens exilés souhaitent que leur histoire "entre dans les livres scolaires" et qu'elle soit reconnue comme "crime contre l'humanité". Sur la page du collectif Rasinn Anler, des multiples avis de recherche s'enchaînent.

 

Une reconnaissance très, trop, tardive. Ce n'est qu'en 2014 que l'Assemblée nationale reconnaît la "responsabilité morale" de l'Etat. Pour Jean-Jacques Martial, président du Comité de soutien des enfants d'Outre-Mer excilés de force en France, c'est un "journée historique". C'est lui le premier à pousser l'affaire en justice en déposant plainte pour "rafle, enlèvement, séquestration".  Les transférés espèrent qu'à travers la mise en place de cette commission, l'accès à leur dossier en sera facilité.

 

 

En intégralité ci-dessous la proposition de loi reconnaissant la responsabilité morale de l'Etat dans cette migration forcée d'enfants réunionnais. Toute la gauche a voté pour, l'UMP contre, tandis que l'UDI n'a pas participé au vote. Une résolution et aussi révolution symbolique et mémorielle.

 

 

 

En décembre 2013, une polémique avait éclaté autour de la stèle commémorative installée sur la place de l'aire d'accueil Grand Raid. Robert Chicaud, président de l'association de la Diagonale des Fous estimait alors qu'il était "impossible d'envisager l'accueil des trailers venus à la fois chercher du plaisir sportif et faire du tourisme sur un site où on leur rappelle des cruautés perpétrées contre des enfants arrachés à leurs parents". Jean-Philippe Jean-Marie avait imméditement réagi : "M.Chicaud n'a pas l'air de comprendre qu'il faut que le Réunionnais puisse, pour avancer dans l'avenir, reconnaître la souffrance et son passé". Au vu de la nécessité de l'ouverture d'une commission d'enquête, ce passé est visiblement encore trop flou pour la majorité des Réunionnais.

 

 

   

7 Commentaire(s)

Jean, Posté
Certains s'en sont très bien sortis, accueillis dans des familles qui les ont adoptés et mieux traités que beaucoup qui sont restés ici dans leur misère, et auront fini avec le rhum devant un boutique.
Et affirmer que l'épisode des "Enfants de la Creuse" reste encore méconnu dans la mémoire réunionnaise, est un véritable et méprisant mensonge.
Celui ou ceux qui n'ont pas eu vent de cette histoire sont soit idiots, ou ne savent pas lire.
Interviewez ceux qui ne se sont pas plaint de cette malheureuse aventure pour certains, et vous aurez confirmation que ceux qui pleurent et réclament quelque indemnités ne sont pas la majorité.
La culture du misérabilisme, voilà le maux de notre société, sortez vous les doigts du ...L, et vous avancerez!
Milou, Posté
Une déportation certes, mais pas pour finir dans des chambres à gaz, "crime contre l'humanité" est à employer avec précautions, au même titre que génocide, un peu de respect pour les déportations massives sous le régime Hitlérien, les Arméniens, le Rwanda, l’ex-Yougoslavie, la traite des noirs et l'esclavage, la Syrie et bien d'autres.
Domie, Posté
Ma sœur aînée faisait partie de ces enfants qui ont quitté la Réunion dans les conditions de l'époque . Maltraitée au sein de notre famille par un père violent , sans amour (l'amour ne fait pas partie de la société créole de l'époque ;;on dressait les enfants à coups de chabouk).... Elle a pu s'en sortir grâce à son départ pour la métropole ! La Réunion, elle n'en a plus jamais voulu entendre parler .... Je crois qu'il faut que chacun retrouve son histoire ... mais l'histoire des uns n'est pas l'histoire des autres. Ce dispositif a malgré tout sauver des gens. Car rappelons nous de la société de l'époque violente humiliante pour les plus fragiles. Cette violence résidait au sein des familles principalement à cause du manque d'éducation. Envoyer les gens vers la métropole pour les travailleurs sociaux de l'époque n'avait certainement pas pour but de nuire aux familles... mais pour sauver des enfants de toutes sortes de misères. Ce que je dis, n'est pas fait pour nier la souffrance de ceux qui ont été mal accueillis en métropole mais pour dire que ce dispositif a pu être salvateur pour certains. Et ne croyez pas que ces histoires douloureuses sont terminées rappelez-vous de l'affaire de l'arche de Noé où des humanitaires ont essayé de faire adopter des petits africains en France .....UNIQUEMENT POUR LE BIEN DE L'ENFANT ! L'homme croit toujours bien faire ...... dans son monde idéal ! Est-il condamnable pour autant parce que le succès n'a pas été au rendez-vous à 100% ? "Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse" ..... Et si Michel Debré avait laissé les enfants dans les foyers .........
Gérard Jeanneau, Posté
L'histoire arrangée semble bien en route !

http://www.courriers-reunion.fr/Oraison.html
Gramounfm, Posté
Combien d'enfants déshérités ont été adoptés en tout ? Et combien sont ceux qui se manifestent aujourd'hui pour se plaindre de souffrances? Accusez vous les agents de la DASS de l'époque d'être des tortionnaires qui envoyaient pour le plaisir des enfants en enfer?
Jolaracaille, Posté
Une tranche historique qui doit bien évidemment être inscrite dans les manuels scolaires, au risque d'écorcher la réputation bienveillante du député Michel DEBRE dont on a vite occulté cet épisode sombre de sa carrière politique....
Épisode qui se résume ni plus ni moins à une déportation réfléchie d'enfants !...La Réunion ne doit pas oublier !!
Citoyen, depuis son mobile, Posté
Crimes contre l'humanité ?? Rien que cela... cette simple revendication discrédite les porteurs de cette revendication. De quels morts s'agit-il? Est-ce que cette commission s'est intéressée aux jeunes réunionnais les plus démunis qui n'ont pas ete retenus pour etre places ds des familles en metropole..quelle est leur vie actuelle...ont ils reussi? Ont ils eu la même education que ceux qui ont vécu dans leur nouvelle famille? En résumé qui s'en est mieux sorti?? Bien évidemment ces recherches ne seront pas faites et on va continuer a n'entendre que des aigris qui n'ont qu'un but réclamer de l'argent a la mere patrie..ces discours et revendications.extrémismes n'ont aucune légitimité ...et n'ont rien a faire dans les manuels scolaires