Deux matches interrompus en Métropole en raison d'insultes :

Homophobie dans les stades : pas de ça à La Réunion


Publié / Actualisé
Ce dimanche 25 août 2019, l'arbitre du match de Ligue 1 opposant Monaco et Nîmes a menacé d'interrompre la rencontre alors que des chants homophobes avaient retenti dans le stade. Le 16 août, c'était une rencontre entre Nancy et Le Mans, en Ligue 2, qui avait été interrompue quelques minutes pour les mêmes raisons. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a adressé ses félicitations à l'arbitre du match de dimanche. Une prise de position qui n'a pas semblé plaire à certains fans de foot, qui l'accusent de ne rien connaître à la "culture du football". Les chants homophobes sont-ils vraiment indissociables des tribunes ? Pas à La Réunion en tout cas...
Ce dimanche 25 août 2019, l'arbitre du match de Ligue 1 opposant Monaco et Nîmes a menacé d'interrompre la rencontre alors que des chants homophobes avaient retenti dans le stade. Le 16 août, c'était une rencontre entre Nancy et Le Mans, en Ligue 2, qui avait été interrompue quelques minutes pour les mêmes raisons. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a adressé ses félicitations à l'arbitre du match de dimanche. Une prise de position qui n'a pas semblé plaire à certains fans de foot, qui l'accusent de ne rien connaître à la "culture du football". Les chants homophobes sont-ils vraiment indissociables des tribunes ? Pas à La Réunion en tout cas...

"Je ne crois pas avoir déjà entendu la moindre insulte homophobe" affirme Pascal Suteau, entraîneur du club de Trois-Bassins. Pourtant, si les insultes homophobes font partie intégrante de la culture football, une personne qui passe tant de temps dans les stades devrait en avoir entendu quelques-unes, non ? Il semblerait bien qu'à La Réunion, si les esprits s'échauffent et que les joueurs sont régulièrement cibles des moukatages de leurs supporters, personne ne semble avoir entendu d'insultes à caractère homophobe.

Un avis que semble partager Grégory Pausé, gardien à la Jeanne d'Arc. "J'en passe du temps près des tribunes grâce à ma position de gardien, et des insultes, j'en entends à longueur de match, indique-t-il. Mais je ne crois pas avoir déjà entendu d'injures homophobes…Des insultes, ça c'est sûr, mais jamais de la même ampleur qu'en métropole" raconte-t-il en riant.

Pour autant, le sportif temporise sur la polémique : "Ces chants font partie des tribunes depuis si longtemps, il va falloir du temps avant que les mentalités ne changent. Pour l'instant, je pense que les gens ne se rendent surtout pas compte que c'est effectivement homophobe, il faudra être patient pour que tout le monde évolue avec l'époque" continue le gardien de but, qui reste perplexe quant à l'efficacité de ces interruptions de match.

Un combat qui sème la zizanie

Alain Joineau, président du fanclub du PSG, s'interroge lui aussi sur la façon dont est mené le combat. "Ca me semble très compliqué de faire changer les mentalités, c'est plus de la bêtise qu'autre chose ici. Surtout que ces interruptions se font au bon vouloir de l'arbitre, cela risque de créer la zizanie" explique-t-il.

Chose sur laquelle il n'a peut-être pas tout à fait tort, à en voir les réactions concernant la ministre des Sports. "La phrase la ligue on t'encule n'a rien d'homophobe salope" écrit un Twittos visiblement irrité. "Démissionne tu es une incapable" dit un autre, "comment peut-on être ministre des sports et avoir une méconnaissance totale du monde des tribunes ?" s'interroge un troisième. Un vocabulaire fleuri – et nous n'avons pas sélectionné les pires messages -, qui démontre que certains ne voient pas l'avenir de fan de football sans leur insulte préférée. Et s'ils n'arrivent pas à dicerner l'homophobie qui réside dans ces appellations, il n'en reste pas moins qu'elles le sont bel et bien.

"Ces insultes commencent à être récurrentes en métropole, et c'est très bien qu'on s'en rende compte. D'un autre côte, ça fait plus de trois ans maintenant que j'entraîne l'équipe Excelsior, et je n'ai encore jamais entendu d'insultes homophobes fuser dans les gradins" explique Dominique Veilex , entraîneur du club saint-joséphois.

"Il y a effectivement une culture très macho dans le monde du football, mais s'il y a bien des insultes qui fusent lors des matchs, je n'en ai jamais entendu à caractère homophobe, raconte-t-il. Par contre, il est arrivé que j'entende des insultes racistes, surtout en tant qu'entraîneur zoreil…" se désole-t-il. Semblerait-il que le football réunionnais ait donc ses propres maux, mais au moins il est exempté de celui de l'homophobie ordinaire…

as/www.ipreunion.com
 

   

2 Commentaire(s)

Gueénec, Posté
Pour revenir a une situation normale a la moindre insulte homophobe ou raciale l'arbitre doit arreter la rencontre sur le score faire évacuer le terrain et l'équipe fautive 10 rencontres a huis clos sa devrai calmer
Malo, Posté
Quelle pauvreté culturelle ...