Risques d'éboulement suite à l'incendie du Maïdo :

Roche Plate : les habitants sous la menace d'une évacuation


Publié / Actualisé
Depuis l'incendie du Maïdo, les habitants de Roche Plate (Mafate) sont encore plus isolés de l'île qu'ils ne l'étaient avant. Le réseau de téléphonie fixe reste suspendu, les sentiers sont fermés, et depuis ce jeudi 26 novembre 2020, un risque d'éboulement a forcé la municipalité saint-pauloise à fermer l'école primaire. Du côté des habitants, l'inquiétude est vive, ils craignent de devoir évacuer l'îlet (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Depuis l'incendie du Maïdo, les habitants de Roche Plate (Mafate) sont encore plus isolés de l'île qu'ils ne l'étaient avant. Le réseau de téléphonie fixe reste suspendu, les sentiers sont fermés, et depuis ce jeudi 26 novembre 2020, un risque d'éboulement a forcé la municipalité saint-pauloise à fermer l'école primaire. Du côté des habitants, l'inquiétude est vive, ils craignent de devoir évacuer l'îlet (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

L'incendie du Maïdo a en effet provoqué des dégâts sur les parois des remparts qui surplombent l'île. L'écaille rocheuse des parois a en effet été endommagée, créant un risque "significatif" d'éboulement, relève le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). La pose d'instruments de mesure a aussi révélé que l'écaille rocheuse avait "sensiblement bougé". Des éboulements menacent désormais l'îlet, notamment l'école primaire qui a immédiatement été fermée.

Ce vendredi matin la maire Huguette Bello et le sous-préfet de Saint-Paul vont à la rencontre de la population pour échanger avec elle sur les mesures immédiates à prendre.

La plupart des habitants de l'îlet s'interroge déjà depuis ce jeudi sur une possible évacuation. "Je reçois beaucoup de messages inquiets des autres familles de l'îlet, personne n'a envie de quitter son domicile mais que faire si nous n'avons pas le choix ? Si on devait évacuer, ça ne serait sûrement pas pour une seule semaine…" souffle Yoann Atache, gérant du gîte Chez Merlin.

La décision d'une évacuation n'a cependant pas été prise pour l'heure, des réunions étant prévues ce vendredi entre la préfecture, les services de l'Etat et la municipalité. Une visite de la maire est aussi prévue dans la matinée dans l'îlet, accompagnée du sous-préfet. Les habitants craignent de leur côté l'arrivée des pluies saisonnières, qui pourraient engendrer un éboulement.

0262 45 81 11 : une ligne d'écoute ouverte pour les habitants

Les autorités n'excluent en tout cas pas de devoir évacuer, "totalement ou partiellement", Roche Plate, où 97 personnes résident. Pour combien de temps, et vers où, cela reste à déterminer. "Nous sommes très inquiets bien évidemment, et suivons les analysés du BRGM pour prendre les décisions adaptées" a indiqué Huguette Bello à la presse à la sortie du conseil municipal de Saint-Paul. Les autorités communiqueront dans la journée sur les décisions prises concernant Roche Plate. En attendant, une ligne d'écoute a été ouverte pour répondre aux questions des habitants. Le numéro est le 0262 45 81 11

Les habitants ont en tout cas dû s'adapter depuis quelques semaines maintenant. "J'envoyais mon enfant à l'école la boule au ventre une fois l'école rouverte suite à l'incendie" confie Yvette, qui gère le gîte Lavitra. Lors de l'incendie, les écoles de Roche Plate, Marla et l'Ilet des Orangers avaient en effet fermé leurs portes par mesure de sécurité, pour rouvrir le 16 novembre. Depuis, la mère de famille n'était pas rassurée à l'idée que son enfant se rende à l'école.

"Pour l'instant, il fera l'école à la maison, l'enseignante envoie les devoirs à faire et passe une heure et demie avec chaque élève" explique-t-elle. Une solution plus pérenne devrait cependant être trouvée bientôt si l'école devait rester fermée, selon l'habitante de Roche Plate. "L'idée de l'église a été avancée mais il n'y a ni toilette ni réfectoire, ça me semble compliqué" continue-t-elle.

- Des habitants presque coupés du reste de l'île -

En plus de ces éboulements qui menacent Roche Plate, c'est aussi la crise économique qui plane sur l'île, où l'activité principale tourne autour du tourisme. "On était déjà touchés par la crise sanitaire, qui a fait chuté le nombre de touristes, désormais il n'y a plus aucun client" se désole Yoann Atache, propriétaire de l'auberge Chez Merlin. Si son établissement n'est pas directement menacé par les éboulements, l'accès au gîte est lui impossible à cause de la fermeture des sentiers. "Forcément, l'inquiétude est vive chez tous les habitants de l'îlet, c'est très compliqué économiquement parlant" continue-t-il.

 En attendant, les habitants restent presque totalement coupés du reste de l'île. Si le réseau mobile a été rétabli, le réseau fixe, lui, ne le sera pas de si tôt. "Les installations sont anciennes et les technologies utilisées à l'époque ne sont plus fabriquées aujourd'hui, on ne peut donc pas rétablir les lignes pour l'heure" indique Orange, qui assure faire tout son possible en concertation avec la mairie pour trouver une solution.

Les sentiers pour accéder à Roche Plate sont par ailleurs toujours fermés. Le sentier depuis le Piton Maïdo le sera encore pour "les semaines, voire les mois à venir" a indiqué récemment Cyrille Melchior, président du Département. Une solution est aujourd'hui étudiée pour rouvrir le sentier entre les Lataniers, en passant par les Orangers, afin d'accéder à Roche Plate. En supposant que la population ne soit pas évacuée d'ici là.

as / www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Choune, Posté
Bonjour, s'il y a des menaces d' éboulements... pourquoi posez-vous des questions. Partez, n'attendez pas une catastrophe... Je vous souhaite de prendre la bonne décision.Choune.