Un pas en avant, deux pas en arrière :

La lutte pour les droits des femmes, un combat qui ne s'arrête pas au 8 mars


Publié / Actualisé
Une nouvelle journée internationale des droits des femmes commence ce 8 mars 2021. Comme chaque année, les grandes entreprises à travers le monde vont se draper d'une communication centrée sur l'importance des combats féministes, sans jamais vraiment faire quoi que ce soit pour y participer. Les plus désinformées le feront même à coups de slogans incorrects, célébrant une "Journée de la femme" qui n'existe pas, arborant fièrement des logos roses ou en coeur. Mais en attendant, les avancées en matière de droits des femmes patinent toujours, chaque pas en avant devant être précédé d'une lutte sans fin. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Une nouvelle journée internationale des droits des femmes commence ce 8 mars 2021. Comme chaque année, les grandes entreprises à travers le monde vont se draper d'une communication centrée sur l'importance des combats féministes, sans jamais vraiment faire quoi que ce soit pour y participer. Les plus désinformées le feront même à coups de slogans incorrects, célébrant une "Journée de la femme" qui n'existe pas, arborant fièrement des logos roses ou en coeur. Mais en attendant, les avancées en matière de droits des femmes patinent toujours, chaque pas en avant devant être précédé d'une lutte sans fin. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

En 1991 déjà, la journaliste américaine Susan Faludi alertait sur la réalité des luttes féministes dans son livre "Backlash : la guerre froide contre les femmes" : chaque avancée serait suivie d'un "retour de bâton", c'est-à-dire d'une régression face aux droits que nous avons réussi à acquérir au fil du temps. Un peu en avant, deux pas en arrière. La preuve en est, en cette année 2021, le 8 mars reste une date de lutte face aux violences sexistes que subissent les femmes à travers le monde. Une lutte qui est sans cesse accueillie avec hostilité, voire moqueries, de la part d'une partie de la population.

Certes, les langues se délient face aux violences sexuelles. Mais la culture du viol reste toujours aussi ancrée, la remise en question de la parole des victimes étant toujours aussi présente.

Certes, les femmes osent de plus en plus porter plainte contre leur agresseur. Mais c'est toujours seulement 1% de ces plaintes qui aboutissent à une condamnation.

Certes, les féminicides sont désormais jugés en tant que tel. Mais on peut toujours n'être condamné qu'à 15 ans de prison après avoir tué sa femme à coup de couteau à La Réunion. On peut aussi toujours parler de "crime passionnel", malgré des années et années de lutte pour qu'un terme aussi inadéquat face à la tragédie ne soit utilisé.

Certes, un Président de la République a fait de la lutte pour l'égalité femme-homme sa "cause du quinquennat". Mais c'est aussi ce même président qui a placé un homme accusé de viol à la tête du ministère de l'Intérieur. C'est ce même président qui a placé à la tête du ministère de la Justice un homme qui ignorait tout des réalités des chiffres des violences faites aux femmes.

Certes, les femmes françaises vivent infiniment mieux en 2021 qu'en 1950. Mais les violences conjugales, les agressions, les viols, les insultes n'ont pas pour autant disparu. Face aux revendications, une levée des boucliers de plus en plus virulente se fait sentir. Sans parler de la condition des femmes à travers le monde, où les problématiques françaises pourraient même paraître risibles tant les violences sont exacerbées dans certains pays.

Comme chaque année, le 8 mars sera consacré aux femmes, à leurs droits, et à leur condition. Comme chaque année, une fois les agitations du 8 mars passées, seules les associations engagées toute l'année sur le terrain resteront pour continuer à lutter pour les droits des femmes. Comme depuis toujours, il faudra continuer à se battre pour ne pas reculer dans la bataille.  
as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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