Armistice du 8 mai 1945 :

La Réunion célèbre la fin de la Seconde Guerre Mondiale


Publié / Actualisé
Comme chaque année, la France commémore en ce 8 mai 2021 la fin de la Seconde Guerre Mondiale avec la capitulation de l'Allemagne. Malgré les 11.000 kilomètres qui la séparait du théâtre des vraies opérations, sur le continent européen, La Réunion a activement participé à cette guerre, des Réunionnais ayant donné leur vie pour la liberté, et notre île ayant vécu des périodes particulièrement douloureuses. Retour sur cinq années de guerre (Photo d'illustration rb/www.ipreunion)
Comme chaque année, la France commémore en ce 8 mai 2021 la fin de la Seconde Guerre Mondiale avec la capitulation de l'Allemagne. Malgré les 11.000 kilomètres qui la séparait du théâtre des vraies opérations, sur le continent européen, La Réunion a activement participé à cette guerre, des Réunionnais ayant donné leur vie pour la liberté, et notre île ayant vécu des périodes particulièrement douloureuses. Retour sur cinq années de guerre (Photo d'illustration rb/www.ipreunion)

- 3 septembre 1939 : la mobilisation générale -

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne, entraînant une escalade extrêmement rapide sur le continent européen. Dès le 3 septembre, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne, c’est le début de la Seconde Guerre Mondiale.

A cette même date, la mobilisation générale est décrétée partout sur le territoire national, ainsi que les colonies dont faisait alors partie La Réunion. Des centaines d’hommes se mobilisent et souhaitent intégrer l’armée française pour participer à la guerre. On évoque le chiffre de 15.000 à 20.000 mobilisables qui se présentent spontanément à la caserne Lambert. Ils seront finalement . 014 à embarquer à la Pointe des Galets le 9 septembre 1939 sur le "Ville de Tananarive". Trois autres contingents quitteront La Réunion pour l’Europe. Le premier, fort de 800 hommes, quittera La Réunion le 25 avril 1940. Le second, composé de 1.200 soldats, embarquera le 5 mai 1940.  Le dernier contingent quittera l’île le 17 juin 1940 avec 350 hommes.

Au total, 3.354 mobilisés quitteront La Réunion durant ces premiers mois de conflit. Près de la moitié de ces hommes resteront finalement à Madagascar. L’autre moitié partira pour la Métropole afin de participer à l’effort de guerre sur le front.

- A partir de juin/juillet 1940 : La Réunion sous le régime de Vichy -

Ne parvenant pas à faire face à l’invasion allemande sur le territoire français, la voie de l’armistice défendue notamment par le Maréchal Pétain l’emporte. Ce dernier est nommé Président du Conseil. Le 10 juillet 1940, l’Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain, instaurant de fait le régime de Vichy.

A La Réunion, le gouverneur Pierre Aubert décide de se ranger du côté des signataires de l’armistice, contre l’avis général. La loi martiale est par ailleurs instaurée à La Réunion à compter du 13 août 1940 et le gouverneur décide d’appliquer sur l’île les lois du gouvernement de Vichy : la loi dite "anti étrangers", la loi sur l’interdiction des sociétés secrètes, la loi contre les individus dangereux, la loi sur la déchéance de la nationalité et pour le jugement des crimes et délits commis contre la patrie. D’autres lois sont encore promulguées jusqu’à la fin de l’année 1940 : sur le statut des Juifs, l’interdiction des écoutes d’émissions radiophoniques britanniques en novembre, et sur l’obligation pour les fonctionnaires juifs de se déclarer en décembre.

Un arrêté interdit par ailleurs de porter des insignes, ainsi que des croix de Lorraine, pouvant constituer un signe de ralliement de nature à troubler l’ordre public, et vise directement les partisans encore nombreux de la poursuite de la lutte incarnée par le général de Gaulle

Sur le plan sanitaire, La Réunion connaît une situation catastrophique compte tenu du blocus qui l’affecte et des pénuries engendrées. La colonie manque alors de tout, les denrées alimentaires sont insuffisantes, le taux de mortalité infantile grimpe alors fortement. Au fil des mois, le rationnement devient de plus en plus sévère. Parallèlement, la répression policière s’intensifie, le gouverneur voulant éviter la moindre étincelle de contestation qui pourrait amener au soulèvement de la population dans ce contexte aussi exsangue.

- Novembre 1942 : Le Léopard vient libérer à La Réunion -

Alors que les combats font rage à Madagascar où l’armée britannique et les forces françaises libres tentent de capturer le port stratégique de Diego Suarez, le gouverneur Aubert se prépare à un débarquement à La Réunion. Celui-ci aura lieu dans la nuit du 27 au 28 novembre 1942. Le contre-torpilleur "Le Léopard" se présente dans la rade de Saint-Denis, avec à son bord le futur gouverneur de la colonie, André Capgorry. La population n’oppose aucune résistance aux fusiliers-marin qui s’emparent du Palais du Gouverneur. Le 29 novembre 1942, André Capgorry est officiellement nommé nouveau gouverneur de la colonie. Pierre Aubert quitte quant à lui La Réunion pour Maurice où il est placé en résidence au château du Réduit.

Le 3 février 1943, le gouverneur lève l’état de siège. Le 15 mars 1943, une ordonnance rétablit la légalité républicaine.

Lire aussi : 28 novembre 1942 : La Réunion rallie à la France libre

- Fin 1942 : La Réunion souffre, mais s’engage aux côtés des forces françaises libres -

Témoignant toute sa reconnaissance aux hommes du Général de Gaulle pour cette libération, La Réunion se mobilise au sein des forces françaises libres. Fin 1942, ils sont près de 1.200 à vouloir se mobiliser pour aller au front. Ils seront finalement 200 à quitter La Réunion, parmi lesquels les deux fils du docteur Raymond Vergès, Paul Vergès et Jacques Vergès. Parmi les personnalités réunionnaises, on peut aussi citer Raymond Barre, Marguerite Jauzelon, résistante dans l’Armée de Libération, qui avait reçu les honneur du Préfet en septembre 2017 à l’occasion de son centenaire, ou encore Camille Bourhis. Décédé en février dnerier il était le dernier de ces compagnons de la libération

Lire aussi : Camille Bourhis, dernier des Réunionnais embarqués sur le Léopard pour la France Libre

Outre la participation à l’effort national de guerre, le gouverneur Capgorry doit répondre à l’urgence de la situation sanitaire à La Réunion où les vivres manquent cruellement. Les stocks sont alors critiques : 40 jours de riz ou de maïs, 8 jours de matières grasses, 8 jours de savon, très peu de médicaments, manque total de tissu. Dès décembre 1942, Le Léopard et le remorqueur " Amiral Bouvet " effectueront chacun un aller-retour à Maurice afin de rapporter 50 000 mètres de tissu, une dizaine de tonnes de farine, six tonnes d’huile alimentaires et quelques marchandises diverses.

En janvier 1943, le cargo Zambezia importe de Maurice 300 tonnes de farine et 14 tonnes de beurre. En février, une opération de ravitaillement de Madagascar permet de recevoir du riz, de la viande, du saindoux et du savon. Malgré ces ravitaillements, la situation demeure précaire et La Réunion où le taux de mortalité demeure important, tout comme la consommation d’alcool qui fait des ravages. Le marché noir se développe et le la tornade d’avril 1944 ne fera qu’empirer la situation, provoquant des morts, des milliers de sans abris et des dégâts sur le plan agricole.

- Mai 1945 : La Réunion célèbre la capitulation allemande -

Dans la nuit du 6 au 7 mai 1945, le général Alfred Jodl, chef d’état-major de la Wehrmacht, signe à Reims la capitulation sans condition de l’Allemagne. La guerre prend fin officiellement sur le continent européen le 8 mai à 23h01.

A La Réunion, cette capitulation est également célébrée. Les bâtiments de l’île sont pavoisés. Des défilés sont organisés dans les rues. Comme tout le territoire national, les 8 et 9 mais sont exceptionnellement déclarés jours fériés, entraînant des festivités et hommages aux soldates ayant combattu.

Il n’y pas de chiffre précis sur la participation des Réunionnais à cette Seconde Guerre Mondiale. On évoque l’implication de 8.539 soldates mobilisés de 1939 à 1945, dont 1.300 ayant rejoint les forces françaises libres.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Jean-Claude GENEST, Posté
Et on va en profiter pour restaurer la stèle de Raymond DECUGIS, Compagnon de la Libération, chevalier de la Légion d'honneur, Croix de guerre avec palmes , tué par des Vichyssois vers le pK 15 de la route 41 de La Montagne le 28 novembre 1942, jour de la libération de l'île de La Réunion.