Élections (actualisé) :

Présidentielle : morne campagne à La Réunion à deux semaines du premier tour


Publié / Actualisé
Ce lundi 28 mars 2022 marque le début de la campagne officielle pour la présidentielle. Dans 15 jours, jour pour jour, La Réunion est le reste de la France sauront qui les électeurs ont placé en tête du premier tour de la présidentielle qui aura eu lieu le dimanche 10 avril. 12 candidats, dont le président de la République sortant, Emmanuel Macron sont en lice pour ce premier tout de scrutin. Si la campagne bat son plein en Métropole avec ses meetings et son lot de petites phrases, à La Réunion, la campagne se fait à bas bruit, voire silencieusement pour certains candidats. Tour d'horizon des forces réunionnaises en présence à moins de trois semaines du premier tour. (Photo : rb/www.ipreunion.com)
Ce lundi 28 mars 2022 marque le début de la campagne officielle pour la présidentielle. Dans 15 jours, jour pour jour, La Réunion est le reste de la France sauront qui les électeurs ont placé en tête du premier tour de la présidentielle qui aura eu lieu le dimanche 10 avril. 12 candidats, dont le président de la République sortant, Emmanuel Macron sont en lice pour ce premier tout de scrutin. Si la campagne bat son plein en Métropole avec ses meetings et son lot de petites phrases, à La Réunion, la campagne se fait à bas bruit, voire silencieusement pour certains candidats. Tour d'horizon des forces réunionnaises en présence à moins de trois semaines du premier tour. (Photo : rb/www.ipreunion.com)

• Emmanuel Macron, plein de soutiens mais pas forcément de voix

Complètement esseulé lors de sa première campagne en 2017, le président de la République semble cette fois bénéficier d’une belle vague de soutiens des personnalités politiques réunionnaises.

Près d’une vingtaine de ces soutiens était réunie le 12 mars dernier pour exprimer très officiellement leur soutien à Emmanuel Macron.

Parmi les personnalités présentes, on peut citer le sénateur Michel Dennemont, la sénatrice Nassimah Dindar, le président du Département Cyrille Melchior et différents maires (Serge Hoareau, Bachil Valy, Patrice Selly, Richard Nirlo). Deux autres maires étaient absents mais ont d’ores et déjà annoncé leur soutien à Emmanuel Macron : Michel Vergoz et André Thien-Ah-Koon. 

Très clairement, le président sortant avoir les bonnes grâces des élus Réunionnais. D’autant plus qu’il peut aussi compter sur le silence bienveillant de certains baron.ne.s tels qu’Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, ou encore de Michel Fontaine, maire de Saint-Pierre. Reste à voir si ce soutien se matérialisera aussi dans les urnes.

En effet, il est important de rappeler que le parti d’Emmanuel Macron, LaRem, n’a jamais réussi à vraiment se structurer à La Réunion. Par ailleurs, son parti n’a jamais réussi à faire de score transcendant sur l’île lors des scrutins qui ont eu lieu durant le quinquennat. Aux présidentielles de 2017, Emmanuel Macron avait terminé à la troisième place au premier tour (18,91%) derrière Jean-Luc Melenchon (24,53%) et Marine Le Pen (23,46%) avant de l’emporter confortablement au second tour avec 60,26% des voix.

Aux élections européennes de 2019, la liste de la majorité présidentielle n’était arrivée qu’en troisième position (10,43%) derrière le Rassemblement National (31,24%) et la France Insoumise (19,03%).

Emmanuel Macron risque aussi de souffrir de certains épisodes de son quinquennat tels que la crise des gilets jaunes qui a profondément marqué La Réunion, un des territoires d’Outre-mer où la colère s’est exprimée de façon très véhémente.

C’est d’ailleurs pour tenter de convaincre les Réunionnais que le président sortant a décidé de parler directement à la population locale à travers une "lettre aux Réunionnais" dans laquelle il jure "son engagement personnel " pour La Réunion".

Lire aussi : Le candidat Macron écrit aux Réunionnais pour jurer "son engagement personnel" au service de La Réunion

• Jean-Luc Melenchon, favori de la gauche ?

Entre Jean-Luc Melenchon et La Réunion, cela semble être une histoire d’amour particulière. En effet, à chaque scrutin national, la France Insoumise semble réussir à avoir le soutien des électeurs Réunionnais. Lors des présidentielle de 2017, Jean-Luc Melenchon a terminé en tête. La liste de son parti est arrivée seconde lors des européennes de 2019.

De passage à La Réunion du 24 au 27 février dernier, Jean-Luc Melenchon était venu en opération séduction sur un territoire qui semble acquis à sa cause.

Il peut être conforté dans cette idée par les 27 parrainages offerts par des élus Réunionnais au candidat de la France Insoumise, le hissant à la première position en termes de parrainages reçus de la part d’élus Réunionnais, devant Emmanuel Macron (20) et Valérie Pécresse (7).

Parmi les personnalités le soutenant, on peut citer la présidente de Région Huguette Bello, les députés Karine Lebon et Jean-Hugues Ratenon, ou encore les maires Patrick Lebreton, Emmanuel Séraphin, Joé Bédier et Jacques Técher.

Face à l’élan dont semble bénéficier Jean-Luc Melenchon, difficile de penser que les autres candidats de gauche arriveront à percer dans ce scrutin. Fabien Roussel, candidat du PCF ayant été en visite à La Réunion du 16 au 20 décembre 2021, peut compter sur le soutien du PCR et notamment du maire de Sainte-Suzanne Maurice Gironcel. Yannick Jadot pourrait espérer un score correct sur un territoire sensibles aux questions d’écologique, de maitrise énergétique ou encore de lutte contre le réchauffement climatiques.

Anne Hidalgo, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud semblent devoir se résigner à faire de la figuration à La Réunion. La première, pourtant candidate officielle du Parti socialiste, n’a d’ailleurs reçu aucun parrainage d’élus réunionnais.

• Valérie Pécresse, la droite bien silencieuse

Les Républicains ont leur championne. Ce sera Valérie Pécresse, l’actuelle présidente de la Région Ile-de-France qui tentera de gravir la plus haute marche et de devenir la première présidente de la République.

Mais voilà, au-delà des difficultés de la candidate qui ne cesse de dévisser dans les sondages nationaux, il semblerait que Valérie Pécresse ne parvienne même pas à unir la droite réunionnaise derrière elle.

Elle bénéficie du soutien d’au moins 7 élus locaux. Outre Nathalie Bassire, on peut citer les députés Nadia Ramassamy et David Lorion, le sénateur Jean-Louis Lagourgue, le Conseiller régional Jean-Jacques Morel, et des Conseillers départementaux Jean-Louis Pajaniaye et Augustine Romano. 

Absent de marque de cette liste, le maire de Saint-Pierre et patron des Républicains 974 Michel Fontaine. Ce dernier semble faire le choix d’une posture de neutralité, sans pour autant tourner le dos ni à sa famille politique, ni à la sphère Macron puisque plusieurs élus réputés proches de Michel Fontaine ont donné leur parrainage à la candidate de droite (David Lorion ou Jean-Louis Pajaniaye) ou au président sortant (Sabrina Tionohoué).

On peut aussi citer la présence de Julien Hoarau, connu comme étant un fidèle lieutenant de Michel Fontaine, lors d’un meeting de soutien à Emmanuel Macron à l’Entre-Deux le 17 mars dernier.

Toujours à droite, Jean Lassalle a évoqué la semaine dernière sa réflexion de poursuivre ou non la campagne, faute de véritable débat entre candidats. https://www.ipreunion.com/france-monde/reportage/2022/03/15/presidentielle-une-campagne-sans-debats-mais-pas-sans-remous,149098.html En visite à La Réunion du 16 au 18 mars derniers, le député est apparu aux côtés du Conseil départemental Jean-François Nativel.

• Marine Le Pen : 4 élus, une réserve (théorique) de voix et le mystère Eric Zemmour

Pour la première fois dans l’histoire du Front National devenu Rassemblement National, Marine Le Pen a engrangé le parrainage de 4 élus réunionnais dont celui du député Jean-Luc Poudroux du maire de la Plaine des Palmistes Johnny Payet. Ce soutien n’est nullement une surprise puisque l’édile avait accueilli la candidate RN lors de sa visite à La Réunion les 19 et 20 décembre 2021 h

Marine Le Pen avait participé à la célébration de la Fête Kaf à la Plaine des Palmistes, au grand dam de nombreux opposants politiques.

Malgré le peu de soutiens affichés par les élus, Marine Le Pen semble savoir qu’elle pourrait bénéficier d’un soutien populaire comme en 2017 où elle avait talonné Jean-Luc Melenchon au 23,46% des voix. Si elle a largement été battue au second tour, elle a quand même enregistré un score historique de 39,74% des voix. Le Rassemblement National semble creuser son sillon à La Réunion au fil des élections.

La faute, certainement, à une classe politique totalement discréditée, ce qui s’exprime par un fort taux d’abstention ou, lorsque les citoyens s’expriment, par le choix des extrêmes et notamment celui du Rassemblement National. Si le vote en faveur des idées de ce parti d’extrême droite ne semble pas être prioritaire chez les électeurs de Marine Le Pen, ce choix démontre un certain ras-le-bol et une volonté de changer profondément le système politique réunionnais.

Dans cette course à la présidentielle au niveau de La Réunion, Marine Le Pen devra tout de même faire attention à un adversaire à sa droite, en la personne d’Eric Zemmour. Le candidat de "Reconquête" chasse allègrement sur les terres du RN. Reste à voir si son discours visant notamment à franciser les prénoms à consonnance étrangère aura un écho favorable à La Réunion, terre de multicultrualisme. Un comité de soutien en faveur d’Eric Zemmour a été crée à La Réunion, sans toutefois faire preuve de grand activisme.

Quant à Nicolas Dupont-Aignan, sa campagne ne semble pas décoller à La Réunion.

• La grande interrogation de l’abstention

Va-t-on vers un nouveau record du taux d’abstention lors de ces présidentielles ? Personne ne semble exclure cette possibilité, tant la fracture entre la classe politique et la population semble profonde. Les derniers scrutins locaux (municipales 2020, régionales et départementales 2021) ont déjà été marqués par des taux d’abstention records dépassant les 50%.

Cette présidentielle pourrait ne pas échapper à cette dynamique, malgré une mobilisation des QG de campagne pour tenter de convaincre les Réunionnais d’aller voter.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

Eve, Posté
https://www.ipsos.com/fr-fr/presidentielle-2022/barometre-2022-ipsosJLMélenchon à 15, 5 %
Non à la retraite à 65 ans , Posté
On.ne votera pas pour la candidat qui veût mettre la retraite à 65 ans.
OLLIVIER , depuis son mobile , Posté
Je ne comprendrais jamais comment des gens comme le Pen peuvent avoir la faveur des Réunionnais ce doit être le syndrome de Stockholm. Un peu comme si un juif votait pour hitler.