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Fret maritime : la hausse des prix inquiète le monde économique


Publié / Actualisé
Ce vendredi 27 août 2021 avait lieu une première réunion entre les élus et les acteurs économiques de l'île, pour faire le point sur la hausse du fret maritime. En un an seulement le prix des matières premières a augmenté en moyenne de 25%. Les entreprises enregistrent également des problèmes d'approvisionnement. Autant de conséquences dues à la crise sanitaire impactant le quotidien des Réunionnais (Photo rb/www.ipreunion.com)
Ce vendredi 27 août 2021 avait lieu une première réunion entre les élus et les acteurs économiques de l'île, pour faire le point sur la hausse du fret maritime. En un an seulement le prix des matières premières a augmenté en moyenne de 25%. Les entreprises enregistrent également des problèmes d'approvisionnement. Autant de conséquences dues à la crise sanitaire impactant le quotidien des Réunionnais (Photo rb/www.ipreunion.com)

Dans l'hémicycle du Conseil régional, les chiffres affichés sur grand écran ce vendredi ont été sans appel : les matières premières (alimentaire, agro-industriel, minéral) enregistrent une augmentation de 25% en moyenne entre avril 2020 et avril 2021. Certains produits ont même atteint 91% d'augmentation.

Concernant les coûts du fret maritime, l'augmentation enregistrée sur cette période est d'environ 30% en provenance d'Europe, et les coûts sont multipliés par 2,5 pour l'Asie. Environ 28% des entreprises disent rencontrer des difficultés d'approvisionnement.

Jeannick Atchapa, vice-président du département, a souligné "une situation inquiétante et grave". "On enregistre des hausses des prix de 8 à 10% sur les agrégats, 25% sur les aciers, jusqu'à 100% sur le bois. Nécessairement, le flux des marchandises est impacté." Pour le BTP, l'impact est évident : "le retard d'apprivisonnement entraîne un retard dans la livraison des chantiers, avec un risque de pénalité par les maîtres d'ouvrage" a ajouté Jeannick Atchapa.

- Le manque de matériaux inquiète -

Les inquiétudes avancées par les représentants économiques assis dans l'hémicycle sont nombreuses. A commencer par une pénurie des matières premières. "Pour exemple, ma commande du mois de juin va être livrée en mars prochain" a témoigné Cyrille Rickmounie, président de la CAPEB Réunion (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment de La Réunion).

Une pénalité supplémentaire, pour Abdoullah Ravate, du Medef Réunion : "à La Réunion, on a des normes qui ferment toute possibilité d'approvisionnement supplémentaire." Le représentant du Medef a ainsi appelé à revoir ces normes de certification, dans une certaine limite pour ouvrir un spectre plus large de capacités d'importation.

Les problèmes d'importation pourraient aussi concerner les véhicules. Fabrice Hanni, à la tête du Syndicat de l'importation et du commerce de La Réunion (SICR), redoute une "pénurie de semi-conducteurs". "On va bientôt avoir des problèmes pour importer des véhicules, car beaucoup d'entreprises ferment dans le monde entier."

- Aller vers une production plus locale -

Si la crise du fret a bien prouvé une chose selon ces acteurs économiques, c'est à quel point La Réunion est dépendante de l'importation. Un point qu'a souhaité souligner Frédéric Vienne, président de la Chambre d'agriculture. "Moi il y a deux chiffres qui me font peur : importation : 5,3 milliards, exportations : 293 millions. Ce qui m'intéresse c'est quels moyens on met pour importer moins."

Produire localement donc, et assurer des services dont La Réunion n'a pour l'instant pas l'habitude, comme la destruction des déchets dangereux. Seule une compagnie accepte d'exporter ce type de produits actuellement, a souligné Fabrice Hanni. "Aujourd'hui nous sommes donc saturés en déchets." Un risque qui dépasse le simple problème d'exportation a insisté Jeannick Atchapa : "il y a un risque sur l'environnement, et de santé publique important".

Sur les questions agricoles et alimentaires, la question se pose également de l'arrivée du produit jusqu'au consommateur. Des témoins font déjà part d'augmentation des prix sur le sac de riz. Pascal Gauci, secrétaire général aux affaires régionales à la préfecture, estime que "la hausse n'est pas celle qu'on évoque, sur un kilo de riz ça représente peut-être 0,02 centime." Ainsi il appelle à "une analyse plus fine" de la solution. Ecoutez :

Du point de vue agricole, Pascal Gauci, a également rappelé l'accord bientôt signé par le préfet sur la filière animale "pour réguler et contenir la hausse de l'impact des intrants pour les éleveurs et les consommateurs".

- Les recettes de l'octroi de mer "sur-dynamitées" -

Face à ces constats, des demandes financières en premier lieu. Le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCIR) Ibrahim Patel a souligné l'insuffisance des aides existantes, notamment les limites du prêt rebond. "On exporte moins et on importe plus. Et on taxe, on taxe, on taxe" a dénoncé le président de la chambre.

Tous ont fait part de leur inquiétude concernant la santé des entreprises. "On a besoin d'accompagnement sur la trésorerie" a déclaré Eric Leung, président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises). "On parle beaucoup des prêts, mais nous avons besoin d'oxygène mais cet oxygène ne passe pas par des prêts. Il faut anticiper l'après 31 décembre."

Or élus comme acteurs économiques l'ont souligné ce vendredi, l'impact de cette hausse des prix sur l'octroi de mer sera indiscutable. "L'octroi de mer est très dynamique, cela dépend de l'importation. Ses recettes vont être sur-dynamitées dans cette crise du fret. Et cette recette supplémentaire, il serait intéressant de la redistribuer" a estimé le député LR David Lorion.

Patrick Lebreton appelle à la prudence. "Nous on ne ferme pas la porte. Mais en ma qualité de vice-président, je dis allons bien analyser les choses, il ne faut pas s'engager sur n'importe quoi." Ecoutez :

- L'espoir d'une compagnie régionale maritime -

L'ADIR a rappelé la publication récente d'une étude sur la possible mise en oeuvre d'une compagnie régionale maritime. "Elle est tout à fait nécessaire en termes d'indépendance" a estimé Daniel Moreau. "On devient une zone qui n'est plus attractive et qui intéresse moins les grandes compagnies. Cette compagnie, c'est l'opportunité pour La Réunion de redevenir attractive."

Composante du programme de campagne de Huguette Bello, la compagnie régionale pourrait faire office de "hub" (plateforme au coeur d'un réseau, ndlr) maritime, qui renforce le rayonnement du territoire, explique Patrick Lebreton. Ecoutez :

Une composante logistique qui fera nécessairement l'objet de futures réunions. Jeannick Atchapa a d'ores et déjà appelé à une future rencontre avec tous les partenaires au Conseil départemental. Il s'agira ensuite de voir, maintenant que les propositions sont sur la table, quelles solutions peuvent être mise en place à court ou moyen terme.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Reel974, Posté
CRM gère par la politique. Come la sodiac..