Une reprise se dessine difficilement :

Festivals : les organisateurs toujours dans le flou malgré les annonces


Publié / Actualisé
Alors que le gouvernement esquisse actuellement un calendrier de reprise pour les festivals, du côté des organisateurs, c'est toujours le flou. Le préfet a annoncé que les événements de plus de 5.000 personnes pourraient se tenir à compter du 9 juin, en respect d'un protocole sanitaire strict et accompagné un pass sanitaire. Du côté du ministère de la Culture, Roselyne Bachelot a évoqué une autorisation des festivals debout à partir du 1er janvier, avec une jauge de 4 m2 par festivalier. Des annonces qui n'éclairent finalement que peu les professionnels de l'événementiel. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Alors que le gouvernement esquisse actuellement un calendrier de reprise pour les festivals, du côté des organisateurs, c'est toujours le flou. Le préfet a annoncé que les événements de plus de 5.000 personnes pourraient se tenir à compter du 9 juin, en respect d'un protocole sanitaire strict et accompagné un pass sanitaire. Du côté du ministère de la Culture, Roselyne Bachelot a évoqué une autorisation des festivals debout à partir du 1er janvier, avec une jauge de 4 m2 par festivalier. Des annonces qui n'éclairent finalement que peu les professionnels de l'événementiel. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"A mes yeux, ce sont des effets d'annonce" tacle Thomas Bordese, directeur des Electropicales. "Nous n'avons aucun élément qui nous permet de prendre des décisions vis-à-vis de l'organisation de notre festival : la restriction de 4m2 par festivalier ne concerne que la jauge ou est-ce qu'on doit veiller à ce que les festivaliers restent éloignés ? Est-ce qu'une date pour la fin des motifs impérieux est arrêtée ? Est-ce que nous pourrons inviter des artistes internationaux ? Pourrons-nous servir des boissons et de la nourriture ?" liste-t-il par ailleurs.

Des questions essentielles dans la préparation de festivals. Une partie des recettes repose sur la vente de boissons et de nourritures, permettant d'amortir par ailleurs le prix des billets. La question des artistes internationaux, elle aussi, presse, certains d'entre eux prévoyant des mois à l'avance les dates de leurs tournées.

Ces questions, Jérôme Galabert se les pose aussi, lui qui est directeur du Sakifo et des Francofolies. "Pour l'instant, les indications que nous avons nous laissent dans le flou. Mais c'est un signal positif, les autorités vont dans le bon sens, il faut maintenant aller plus loin" tempère-t-il cependant. "Il semble y avoir une prise de conscience des autorités : les gens en ont marre, et veulent retrouver une vie culturelle et musicale, les professionnels du secteur sont à bout" ajoute-t-il.

Le Sakifo, initialement prévu pour juin, a d'ailleurs été repoussé récemment. Après une enquête auprès de leur public, qui a recueillie plus de 1.200 avis, l'association a décidé de renoncer à une édition dans les conditions actuelles. "Notre public était en majorité pour un report au deuxième semètre, et surtout, 75% d'entre eux seraient prêts à montrer un pass sanitaire si ça leur permet d'assister à un festival dans les conditions normales" détaille Jérôme Galabert.

Les deux organisateurs sont prêts à s'adapter à des protocoles sanitaires stricts, comme ils proposent depuis plusieurs mois déjà. "On n'est pas des inconscients, on a déjà proposé plusieurs fois d'expérimenter un pass sanitaire pour les concerts, malheureusement nous sommes écoutés mais pas entendus" estime Thomas Bordese. "Nous souhaitons des festivals qui garantissent la sécurité du public, et j'estime que si les festivaliers sont vaccinés ou possèdent un dépistage négatif de moins de 48 heures est une stratégie qui permet de le faire" explique de son côté Jérôme Galabert.

Le flou règne encore au sein du milieu, alors qu'un recul de ce calendrier reste toujours possible si la situation sanitaire devait de nouveau se dégrader. "Rien ne garantit qu'ils ne reculeront pas sur ces décisions, c'est un jeu dangereux car on ne peut pas engager des frais pour un événement qui ne peut finalement pas se tenir" s'agace Thomas Bordese. "Il y a une volonté d'agir de la part du gouvernement, c'est encourageant. On avance, mais nous n'y sommes pas encore" estime cependant Jérôme Galabert, plus optimiste.

Sakifo : "on y croit parce que notre métier est en jeu"

- Le manifeste des Indépendants -

En attendant la reprise officielle des festivals, de nombreux acteurs indépendants de la culture se sont regroupés sous le manifeste de l'Appel des indépendants. Les Electropicales en font partie, et ont élaboré au fil de 50 workshop 140 propositions à destination des élu.e.s et du ministère de la Culture. 1.600 associations ont participé au projet, qui a aboutti en novembre 2020 lors d'états généraux. "Le manifeste a été envoyé en décembre à plusieurs élus, candidats à la Région, mais aussi à la direction des affaires culturelles" détaille Thomas Bordese.

"Les propositions englobent six thématiques : l'accessibilité, l'écologie, la jeunesse, la mutualisation, le financement et la formation" énonce-t-il. Des idées comme un renforcement des politiques de mécénat, le partage de matériels et connaissances entre associations, la formation de jeune, une meilleure accessibilité pour les publics fragiles ou encore un travail sur l'éco-gestion en festival sont citées parmi les 140 propositions. "C'est une feuille de route pour les politiques futures, au niveau local comme national" explique le directeur des Electropicales.

Le chemin reste encore long pour le monde de la culture et de l'événementiel avant de pouvoir retrouver une activité normale. En attendant, les professionnels continuent de travailler sur l'après Covid-19... en espérant des jours meilleurs.

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Strop, Posté
En tout cas les professionnels ont bien compris l'importance du passe (avec un 'e') sanitaire pour la reprise des activités. Quant à ceux qui mettent en avant leur 'liberté' de ne pas se vacciner et par là-même de continuer à répandre le virus, eh bien tant pis pour eux. Qu'ils assument leur choix.