De nombreux événements prévus :

Le mois des visibilités LGBTQIA+ débute à La Réunion


Publié / Actualisé
En cette journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, La Réunion inaugure son premier mois des visibilités LGBTQIA+ (Lesbiennes, gays, bisexuel.les, queers, intersexes et asexuel.les). A partir de ce lundi 17 mai 2022, et jusqu'au 25 juin prochain, de nombreux événements se tiendront partout dans l'île autour de la question des orientations sexuelles et des identités de genre.
En cette journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, La Réunion inaugure son premier mois des visibilités LGBTQIA+ (Lesbiennes, gays, bisexuel.les, queers, intersexes et asexuel.les). A partir de ce lundi 17 mai 2022, et jusqu'au 25 juin prochain, de nombreux événements se tiendront partout dans l'île autour de la question des orientations sexuelles et des identités de genre.

Pour marquer le top départ de ce mois des visibilités, les associations requeer et Orizon organisent un vernissage de l’exposition "Nou éxist", qui retrace en photos deux événements LGBTQIA+ qui ont marqués l’année 2021 à La Réunion : la première marche des visibilités, et le premier "ball". Deux événements qui auront lieu pour la seconde fois dans l’île, ces samedi 21 et dimanche 22 mai.



Les événements continueront ensuite un mois durant. "Le mois des visibilités, c’est un mois d’événements pour conscientiser, sensibiliser sur la cause des personnes LGBTQIA+, et aussi un mois pour transformer l’imaginaire collectif qui a été traumatisé par différents événements violents l’an dernier" explique Brandon Gercara, artiste plasticien.ne et fondateurice de l’association requeer. L’artiste fait notamment référence aux violences lesbophobes dont a été victime une jeune femme au Tampon, mais aussi au suicide de l’adolescent transgenre Jay, ou encore les tags homophobes découverts un peu partout dans l’île.

"Ce mois c’est une façon pour nous de créer une famille qui se protège. Cette famille ce n’est pas uniquement les personnes LGBTQIA+, mais aussi les personnes hétérosexuelles que l’on appelle alliées et qui vont conscientiser les autres et vont être amenées à protéger la communauté" détaille Brandon Gercara. Regardez :



- "Tout le monde peut être concerné"  -

"Il est important de fabriquer des espaces "safe" (sûrs ; ndlr) pour la communauté, comme on a commencé à le faire depuis un an. Ce sont des espaces qui manquent, mais ils sont essentiels pour libérer la parole. Il y a encore beaucoup de traumatismes à formuler, et c’est en arrivant à les formuler qu’on arriver à les résoudre" explique par ailleurs Samuel Perche, artiste et président de requeer.

Au-delà de la communauté LGBTQIA+, tout le monde est convié à ce mois des visibilités. "L’idée c’est de dire aux personnes non-concernées, qu’elles peuvent en fait l’être. Personne ne sait si il ou elle sera concerné.e. N’importe quel parent peut-être concerné, n’importe qui dans sa famille peut avoir une personne LGBT" fait par ailleurs remarquer Samuel Perche. Regardez : 



Le week-end du 21 et 22 mai est probablement le temps le plus attendu par la communauté. Mêlant festivités et revendications politiques, il accueillera dès samedi matin un village associatif dans le Jardin de l’Etat de Saint-Denis, où associations pour l'égalité entre les genres, de lutte contre les discriminations, de lutte contre les violences interfamiliales, et de prévention sexuelle seront présentes.

- Un week-end temps fort -

La seconde marche des visibilités LGBTQIA+ de La Réunion débutera ensuite à 13 heures, toujours depuis le Jardin de l’Etat. Cette année, l’inclusion a été placée au centre de l’organisation pour permettre à chacun de porter ses revendications. Dans un territoire où lutte contre les lgbtphobies et lutte contre le racisme sont intrinsèquement liées, il a notamment été décidé de dédier le cortège de têtes aux personnes LGBTQIA+ racisées, en plus des organisateur.ices. Les publics les plus fragiles, comme les personnes transgenres ou en situation de handicap, sont aussi conviés à rejoindre le cortège de tête. Les associations LGBTQIA+, féministes et antiracistes suivront la marche, et seront ensuite suivies par un cortège mixte. Les organismes alliés sont priés de défiler derrière.



Un espace calme, pour les personnes neuroatypiques - nom qui désigne les porteurs d’une atypie neuro-fonctionnelle comme l’autisme, le trouble de l’attention et les différents troubles dys ; ndlr - et en situation de handicap a par ailleurs été réservé à l’arrière du cortège, pour permettre à chacun.e de défiler dans des conditions plus apaisées.

La soirée continuera du côté du Kabardock, au Port, en partenariat avec les Electropicales. Déjà engagée dans un processus de soirées dédiées à la communauté LGBTQIA+ depuis 2018, l’association s’est proposée pour offrir une soirée électro à celles et ceux qui voudraient continuer la fête. Thomas Bordese, directeur du projet, présente l’événement, regardez :



La soirée sera donc axée musique électro, un style qui est historiquement lié à la communauté LGBTQIA+. "Les premiers clubs ont été des clubs gays, c’est là où est née la house music. Je pense notamment à Larry Levan, considéré comme l’un des premiers DJ connu. C’était inévitable que nous soyons dans cette démarche" note Thomas Bordese.

Le week-end continuera du côté de la Cité des Arts, où un "kiki ball" aura lieu. Le deuxième ball de La Réunion sera une nouvelle fois organisé par Luna Ninja, chorégraphe réunionnais transmetteur de la culture dans l’île. Il nous explique comment se déroulera la soirée, regardez :



La scène de ballroom, c’est un mouvement issu de la communauté LGBTQIA+ racisée de New-York. "Durant les concours de beauté des années 70/80 pour les personnes trans et drag, il y avait une inégalité entre les personnes blanches et racisées. Suite à ça, les personnes de couleur se sont dit qu’elles allaient créer leur propre communauté pour les personnes LGBTQIA+ racisées pour avoir cet espace d’acceptation" raconte Luna Ninja. Regardez :

En dehors de ces moments tout aussi festifs que politiques, les associations ont concocté un programme composés d'ateliers d'écritures, d'expositions, de conférences, de groupes de parole...Le tout au quatre coins de l'île, afin de permettre à chacun.e de participer à ce premier mois des visibilités. Créer des moments de joie, de partage et de solidarité, tel est le mot d’ordre pour le mois à venir. L'objectif reste par ailleurs de sensibiliser et lutter contre les discriminations, encore présente à La Réunion comme partout ailleurs.

Porté par les associations requeer et Orizon, le projet inclut aussi de nombreuses associations et partenaires institutionnels qui oeuvrent pour l'égalité entre les genres, la santé sexuelle, la lutte contre les violences et les discriminations. Le CEVIF, le COREVIH, le collectif L'effet en fêt, l'association Fatties, la Ligue des droits de l'Homme, Noustoutes974, le Planning familial, les Sexosophes, SOS Homophobie ou encore la ville de Saint-Denis feront part intégrante de ce mois.

Le programme complet est à retrouver sur ce lien

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Conio, Posté
La genetique a mis fin au concept de "races" humaines dans les années 2000 C'est quand meme un comble de lire en 2022:" il y avait une inégalité entre les personnes blanches et racisées. Suite à ça, les personnes de couleur se sont dit qu'elles allaient créer leur propre communauté pour les personnes LGBTQIA+ racisées"Dans un territoire où lutte contre les lgbtphobies et lutte contre le racisme sont intrinsèquement liées, il a notamment été décidé de dédier le cortège de têtes aux personnes LGBTQIA racisées"Deja est ce que qqun peut expliquer en quoi a la reunion la lutte contre le lgbtphobie et le racisme sont "intrinsequement liés"'Et puis donc pour lutter contre le racisme et la notion de race, ce que vous trouvez de plus intelligent a faire, c'est de mettre une "race" en avant aux depends d'une autre' C'est moi ou le néant woke est entrain d'emerger ici' (Bonjour, le terme "racisé" a largement été théorisé par des chercheurs.euses et est utilisé dans la lutte anti-raciste, si vous ne vous y intéressez pas ce n'est pas notre problème. Nous vous conseillons de vous renseigner un peu sur l'intersectionnalité des luttes. Très bonne journée - webmaster)