Insee - Cartographie social des territoires réunionnais :

L'Ouest et le Sud, régions les plus précaires


Publié / Actualisé
L'Insee présentait ce lundi 14 octobre 2013 le deuxième volet de son étude réalisée en partenariat avec le conseil général, destiné à présenter la situation sociale de La Réunion en s'appuyant sur un découpage du territoire en 114 grands quartiers, répartis en six groupes. Il en ressort une grande disparité, la précarité se concentrant au sud d'une diagonale allant de la Possession à Saint-Philippe, dans des quartiers de l'Ouest et du Sud. (photo aérienne de la côte ouest)
L'Insee présentait ce lundi 14 octobre 2013 le deuxième volet de son étude réalisée en partenariat avec le conseil général, destiné à présenter la situation sociale de La Réunion en s'appuyant sur un découpage du territoire en 114 grands quartiers, répartis en six groupes. Il en ressort une grande disparité, la précarité se concentrant au sud d'une diagonale allant de la Possession à Saint-Philippe, dans des quartiers de l'Ouest et du Sud. (photo aérienne de la côte ouest)

Ainsi, les quartiers où se concentrent les indicateurs de précarité les plus élevés hébergent 71 000 habitants, soit 9% de la population. Des quartiers implantés dans six communes, - Le Port, Saint-Paul, Saint-Louis, Saint-Pierre, Saint-Benoît et Sainte-Suzanne -, essentiellement d’habitat social. Seulement 33% de la population en âge de travailler est en emploi, 23% est allocataire du RSA et 48% est couverte par la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire). "Les familles nombreuses ou monoparentales y sont très présentes et les jeunes sont plus qu’ailleurs en situation de vulnérabilité : 55% des 16-24 ans non scolarisés n’ont pas de diplôme", observe l’Insee.

Ils sont également près de 63 000 à vivre dans des quartiers ruraux et isolés, principalement du Sud : Saint-Leu (Le Plate, La Chaloupe), Saint-Louis (Le Gol - Les Makes), Cilaos, Saint-Joseph et Saint-Philippe. Avec 18% d’allocataires du RSA et 42% de personnes couvertes par la CMU-C, le recours aux prestations sociales reste important tandis que la part de demandeurs d’emploi y est très forte, soit 51%, selon l’institut de statistiques.

Autre constat : plus du tiers des Réunionnais, soit 307 000 habitants vivent dans des quartiers pauvres et moins enclavés. Des quartiers situés en centres-villes ou à proximité. "L’accès à l’emploi se rapproche de la moyenne départementale mais reste inférieur : 41 % des 15-64 ans ont un emploi. L’habitat collectif est répandu et la suroccupation des logements assez fréquente, soit 21%", précisent les auteurs de cette enquête.

Par ailleurs, 165 000 personnes vivent dans des quartiers "mixtes". Ces derniers sont situés en périphérie des centres urbains ou petites communes proches des bassins d’emploi. Leurs habitants ont un profil très proche de la moyenne réunionnaise en matière de précarité, note l’Insee, indiquant que 44% des 15-64 sont en emploi et 15% sont allocataires du RSA.

L’institut de statistiques constate de nouveaux quartiers résidentiels se développent en périphérie des principaux bassins d’emplois. "Leurs habitants sont plus souvent en emploi (51% des 15-64 ans). Les jeunes y sont plus diplômés et mieux insérés", ajoute-t-il.

Enfin, 62 000 Réunionnais, soit 8% de la population, vivent dans des quartiers aisés. Ils se répartissent dans quatre communes, - La Possession, Saint-Paul, Sainte-Marie et Saint-Denis -, et profitent à la fois de la proximité des bassins d’emplois et d’un cadre de vie attractif, explique l’Insee. Le taux d’emploi y est le plus élevé des six groupes, soit 59%, et seulement 7% sont allocataires du RSA tandis que 7% sont bénéficiaires de l’APA.

Pour Nassimah Dindar, présidente du conseil général, ces chiffres viennent conforter ce que l’on martèle depuis plusieurs années. "On ne peut pas continuer à dire que la précarité ne relève que du conseil général. D’autres facteurs entrent en ligne de compte. Comment continuer si le problème de non compensation n’est pas résolu", a-t-elle souligné, avant d’appeler à la "mobilisation de tous les partenaires".

   

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