Le secteur est gravement touché par la crise sanitaire :

Les professionnels du tourisme ont toujours le moral en berne


Publié / Actualisé
Le tourisme est l'un des secteurs économiques des plus touchés par la crise sanitaire. Les hôtels, gîtes et auberges de l'île (sur)vivent au rythme des annonces gouvernementales. Malgré la fin des motifs impérieux pressentie, pour le moment, au 15 décembre 2020, les professionnels du tourisme restent inquiets et ont toujours le moral en berne (photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le tourisme est l'un des secteurs économiques des plus touchés par la crise sanitaire. Les hôtels, gîtes et auberges de l'île (sur)vivent au rythme des annonces gouvernementales. Malgré la fin des motifs impérieux pressentie, pour le moment, au 15 décembre 2020, les professionnels du tourisme restent inquiets et ont toujours le moral en berne (photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Les derniers chiffres de l’Insee sont sans appel : malgré un redressement de l’activité en juillet-août 2020, au troisième trimestre, l’activité des hôtels et hébergements collectifs de l’île reste au ralenti. La faute au reconfinement en Métropole et au retour des motifs impérieux. "Le taux d’occupation des chambres s’établit à 50 %, en recul de 13 points par rapport au même trimestre de 2019. Il se situe à son plus bas niveau historique, exception faite du deuxième trimestre 2020" peut-on lire dans l’étude publiée en début de semaine. 

Lire aussi : Tourisme : l'activité s'est redressée ponctuellement en juillet-août

Pour Arthur, gérant de l’auberge de jeunesse Chez Papaye à l’Hermitage, "l’effet reconfinement" a été immédiat. Mauvais timing, son établissement situé à cinq minutes du lagon, a ouvert cette année, après le premier confinement. Si l’auberge, a su trouver ses premiers clients, elle n’échappe pas à la baisse des réservations.

"Grâce à la baisse fracassante du prix des billets d’avion, nous étions complets en octobre, nos clients venaient essentiellement de Métropole à cette période, mais en novembre nous avons dû fermer complètement l’établissement, faute de clients" explique le trentenaire. En temps normal, la clientèle est constituée de métropolitains et de locaux, plus ou moins à parts égales, mais "aujourd’hui, on n’enregistre que très peu de réservations de Réunionnais, seulement quelques personnes seules ou des couples le week-end, ce n’est pas suffisant".

Même son de cloche pour Sylvie, responsable du Relais du volcan à la Plaine des Cafres. Situé à cinq kilomètres de la Fournaise, l’établissement propose des chambres avec vue sur le Piton des Neiges. Mais cette année, la saison est "catastrophique" se désole la propriétaire. "C’est la période durant laquelle on devrait le mieux travailler, mais depuis trois ou quatre semaines, nous n’enregistrons aucune réservation", les dernières émanant de métropolitains ou d’étrangers "datent de début novembre".

A Mafate, c’est un peu au petit bonheur la chance : certains gîtes enregistrent des réservations et sont complets pour ce week-end du 12 et 13 décembre 2020 quand les plannings d’autres restent désespérément vides. C’est le cas de celui de Manon, gérante du gîte Expedit Orchidée Sauvage à Marla. Son établissement peut accueillir 18 personnes mais cela fait longtemps qu’ils n’ont pas été complets. "La semaine, c’est le calme plat, nous n’avons pas de réservation" explique Manon, désespérée. "Nous n’enregistrons que très peu de venues depuis la mise en place des motifs impérieux, si ce n’est quelques locaux le week-end."

La baisse des réservations pour les hôtels 4 ou 5 étoiles de l’île a été moins brutale, environ 18% de moins par rapport à l’année dernière selon l’Insee. Contactés, le Boucan Canot (4 étoiles), le Diana Dea Lodge à Sainte-Anne (5 étoiles), le Blue Margouillat à Saint-Leu (5 étoiles) et le Palm à Petite-Ile (5 étoiles) n’ont pas donné suite à nos demandes d’interview. Dorothée Coriat, directrice commerciale du Juliette Dodu à Saint-Denis, hôtel 4 étoiles, a pu confirmer la tendance mais surfe sur une clientèle différente : " nous gérons deux hôtels, le Nautil qui est un trois étoiles à la Saline-les-Bains et le Juliette Dodu, qui est plus un hôtel pour les séjours professionnels. Le mois de novembre était très calme dans l’ouest mais un peu moins à Saint-Denis, c’est une clientèle locale qui y a réservé des chambres ces dernières semaines ".

- Avec la fin supposée des motifs impérieux, le bout du tunnel ? -

Emmanuel Macron a annoncé au début du mois de décembre la fin des motifs impérieux à compter du mardi 15 décembre, si le nombre de cas de Covid-19 en Métropole passait sous la barre des 5.000. Pourtant, malgré cette annonce, les professionnels du tourisme sont loin de crier victoire.

"On note un regain d’intérêt pour le Nautil à la Saline depuis l’annonce de la fin des motifs impérieux mais on reste prudents" explique Dorothée Coriat. "Les gens sont frileux, ils ne s’engagent pas : on prend les réservations mais les gens attendent pour prendre leurs billets, rien n’est sûr".

Au Relais du volcan aussi, on attend "depuis deux ou trois jours on enregistre de nouvelles réservations pour janvier mais on attend de voir". Chez Papaye à l’Hermitage, "on compte sur la semaine qui arrive" : "nous n’avons reçu que quelques réservations pour le moment, mais ce n’est à ce stade, pas suffisant. Si le nombre n’augmente pas, l’établissement restera fermé et rouvrira en janvier".

Depuis quelques jours, l’exécutif émet des doutes sur un déconfinement au 15 décembre après une stagnation du nombre des cas à 10.000 par jour en Métropole. Le Premier ministre Jean Castex devrait éclaircir la situation à 21h (heure de La Réunion) ce jeudi soir lors d’une nouvelle conférence de presse.

Reste à savoir si la suppression des motifs impérieux sera confirmée afin de permettre aux plus téméraires de valider leurs billets d’avion vers La Réunion...

vc/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

ANIN, Posté
et pourtant les prix ne baissent pas dans les hotels et restaurants....