Plateformes dangereuses :

Routes départementales : 27 radiers supprimés d'ici deux ans


Publié / Actualisé
Les récentes intempéries dans le Sud l'ont montré : les radiers sont des structures routières qui restent dangereuses en cas de montée des eaux. Une vingtaine d'entre eux avaient été submergés. Un danger pour les automobilistes comme pour les piétons, qui pousse plus que jamais le Département à poursuivre son plan de résorption des radiers : 27 d'entre eux vont êtres supprimés en 2021 et 2022. (Photo d'archives rb/www.ipreunion.com)
Les récentes intempéries dans le Sud l'ont montré : les radiers sont des structures routières qui restent dangereuses en cas de montée des eaux. Une vingtaine d'entre eux avaient été submergés. Un danger pour les automobilistes comme pour les piétons, qui pousse plus que jamais le Département à poursuivre son plan de résorption des radiers : 27 d'entre eux vont êtres supprimés en 2021 et 2022. (Photo d'archives rb/www.ipreunion.com)

Lors de sa venue sur l'île en septembre 2019, l'ancienne ministre des Outre-mer Annick Girardin avait évoqué un projet important avec le Conseil départemental : la suppression des radiers. Avec près de 160 radiers dits "submersibles" sur les routes départementales, la ministre avait estimé qu'il était urgent d'éliminer ces infrastructures routières dangereuses.

"A chaque pluie, cela coupe l’île en deux, et au-delà du risque important, cela exclut des milliers de Réunionnais des Hauts" avait-elle déclaré lors d'un long entretien accordé à Imaz Press par la suite. Mais où en est ce plan aujourd'hui ?

Les inondations à Saint-Philippe et Saint-Joseph le week-end des 28 et 29 août l'a prouvé une nouvelle fois : les radiers sont des structures fragiles. Une vingtaine d'entre eux ont été submergés, et à Saint-Joseph le radier Bassin Julien a même été emporté par les eaux.

Photo Imaz Press

- Concentration dans l'ouest -

Contacté, le Département nous rappelle que 26 radiers ont été supprimés entre 2017 et 2020 et 27 autres le seront entre 2021 et 2022. Pour cette année, le programme s'élève à 9 millions d'euros, précise le Département. Les radiers suivants sont concernés pour 2021 :

● Saint-Paul : Clergeau, Fontaine, Athanase et Morel
● Saint-Louis : Fiagues et Fait noir
● Saint-Pierre / Le Tampon : Bras d’Antoine
● Saint-Leu : Renone, Fond Papaye, Grand fond Dussac, Fond Bagatelle
● Les Avirons : Renone, Fond Merle
● Saint-Benoît : Bras Maltère

Source : Conseil départemental

Une fois supprimés, les radiers sont remplacés par des ponts ou bien "des ouvrages de capacité hydraulique adaptés, suivant le débit des ravines".

Le recensement des radiers a commencé dès 2016 sur le réseau routier départemental. "Sur la base de ce recensement, 192 radiers ont été diagnostiqués sur l’ensemble des 722 km de routes départementales. Sur ces 192 radiers, 33 ne sont pas submersibles et ne nécessitent donc aucun traitement particulier. En revanche, 159 radiers ont été classés comme submersibles" nous dit-on au Département.

Financièrement parlant, l’Etat et l’Europe accompagne le Département dans ce projet. Une première enveloppe de 8 millions d'euros a été attribuée au titre du Fonds exceptionnel d’investissement (FEI) du ministère des Outre-mer. Celui-ci avait d'ailleurs été annoncé par Annick Girardin dès sa venue.

"Un soutien de l’Europe au titre du FEDER React EU 2020-2023 est attendu à hauteur de 4,6 millions d'euros" ajoute la collectivité départementale.

- Surveillance et aménagement -

La sécurisation des radiers se fait en amont et en aval, explique le Département : "une signalisation permanente indique un passage submersible et à ne pas franchir en cas d'inondation". Celle-ci est vérifiée "tous les mois par les agents d'entretien routiers". Le non-respect de ces panneaux en va de la responsabilité de chacun.

Si certaines communes installent des barrières de part et d'autre du radier, le Conseil départemental, lui, a décidé de ne pas le faire systématiquement. "Au vu du nombre de radiers que nous avons sur nos routes, il serait matériellement impossible de tous les fermer dès qu'on a de la pluie et/ou une vigilance fortes pluies" ajoute le Département.

Interrogée à ce sujet, la DEAL (Direction de l'environnement de l'aménagement et du logement), qui dépend de la préfecture, estime aussi qu'il n'est "pas toujours techniquement ou économiquement réaliste de s'exonérer des radiers ou de réaliser des ouvrages qui ne seraient pas impactés par des phénomènes d'inondation en cas d'intempéries importantes".

Si la gestion des radiers dépend des communes, du Département et de la Région, l’État veille, dans le cadre des PPR (plan de prévention des risques, ndlr), à ce que "la création de tels ouvrages ne soit pas de nature à aggraver les risques et leurs effets ou à en créer de nouveaux". Ainsi des normes doivent être respectées en ce qui concerne leur dimensionnement, effectué sur la base d'études précises.

- Sécuriser les alentours -

Pour sécuriser les radiers qui restent en place, il est prévu "d'augmenter la capacité hydraulique des ouvrages afin de minimiser le risque de submersion" nous dit le Département.

Les cheminements piétons le sont également, tout comme "les aménagements routiers concomitants (création de trottoir, d’accotement…)". Le Conseil départemental affirme par ailleurs renforcer les parapets aux abords des ouvrages et élargir les chaussées à ces endroits pour améliorer le confort de circulation.

Autre point, sur lequel insistait d'ailleurs l'ancienne ministre des Outre-mer en 2019 : "éviter l’enclavement marqué de certaines habitations ou quartiers, rendant la population vulnérable face aux inondations". C'est à quoi tend le plan de suppression des radiers. Une sécurisation qui permet donc une réduction des accidents, quand la population – enclavée notamment – veut à tout prix passer malgré le danger.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Gueenec, Posté
Et le Wouaki jamais
Missouk, Posté
Une fois supprimés, les radiers sont remplacés par des ponts ou bien "des ouvrages de capacité hydraulique adaptés, suivant le débit des ravines".J'aime beaucoup la formule... Il se trouve que les pluies diluviennes d'il y a quinze jours étaient très exceptionnelles, donc imprévisibles... Je veux bien qu'on remplace par des ponts, mais l'eau, dans tous les cas, il faudra bien qu'elle passe. Si besoin ailleurs... Quand je vois ce qu'on fait dans certaines zones commerciales et/ou industrielles, je suis inquiet. Et le dérèglement climatique étant ce qu'il est, les ingénieurs auront un vrai boulot à faire pour éviter des catastrophes.