Chambre des métiers et de l'artisanat :

Plan d'action "couture" : 30.000 masques fabriqués chaque semaine par les artisans péi


Publié / Actualisé
Tout comme beaucoup d'entreprises, les artisans de l'île sont durement touchés par la crise sanitaire et économique en cours. Leurs pertes sont estimées à environ 100 millions d'euros au bout d'un mois de confinement, selon les estimations de la Chambre des métiers et de l'artisanat (CMA). Bien que des aides aient été débloquées par l'Etat pour soutenir les entreprises en difficulté, la CMA lance un plan d'action "Filière couture" pour permettre aux artisans actuellement fermés de relancer une activité afin de protéger à la fois les travailleurs et le grand public par la fabrication et la vente de masques agréés. 30.000 masques pourraient alors être fabriqués chaque semaine. Le président de la CMA, Bernard Picardo, nous explique tout ceci au cours d'un entretien. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Tout comme beaucoup d'entreprises, les artisans de l'île sont durement touchés par la crise sanitaire et économique en cours. Leurs pertes sont estimées à environ 100 millions d'euros au bout d'un mois de confinement, selon les estimations de la Chambre des métiers et de l'artisanat (CMA). Bien que des aides aient été débloquées par l'Etat pour soutenir les entreprises en difficulté, la CMA lance un plan d'action "Filière couture" pour permettre aux artisans actuellement fermés de relancer une activité afin de protéger à la fois les travailleurs et le grand public par la fabrication et la vente de masques agréés. 30.000 masques pourraient alors être fabriqués chaque semaine. Le président de la CMA, Bernard Picardo, nous explique tout ceci au cours d'un entretien. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Quelle est la situation actuelle des artisans à La Réunion ?

Bernard Picardo : Depuis le début de la crise, plus de 3000 artisans ont pris contact avec la Chambre des métiers et de l'artisanat pour faire appel à nos conseils et notre aide. Ces artisans vivent une situation catastrophique. Le 11 mai cela fera quasiment deux mois de confinement. Près de 60% de toutes les entreprises sont à l'arrêt.

A La Réunion, on estime les pertes pour les artisans à 100 millions d'euros. C'est ce qu'on l'on perd en en mois, pour un chiffre d'affaires de plus de 2 milliards d'euros par an. Sachant que La Réunion compte 20.000 artisans en tout.

Ces difficultés concernent bien entendu les coiffeurs, les salons d'esthétique, les fleuristes… Côté BTP, les chantiers ont repris, mais le respect des gestes barrières reste compliqué. On attend les masques, il faut le dire, il n'y en a pas pour tout le monde.

De nombreuses entreprises craignent la fermeture et certaines ont déjà fermé, c'est évident. Nous n'avons pas encore fait de recensement précis, nous poussons déjà les entreprises à faire appel aux aides avant tout. Mais si les dispositifs mis en place ne fonctionnent plus, oui il faut craindre davantage de fermetures.

Les aides de l'Etat vous semblent-elles suffisantes ?

B. P. : Des aides ont en effet été annoncées en faveur des entreprises. 90% de nos entreprises veulent faire appel au fonds de solidarité, c'est pourquoi il faut le rendre plus accessible.

Nous avons obtenu des allègements mais il reste des choses à faire. Nous demandons par exemple que les entreprises qui n'ont pas de salarié aient accès au deuxième niveau du fonds de solidarité, à La Réunion cela exclut 65% de nos artisans sinon.

On demande aussi que les charges fiscales et sociales du premier trimestre soient annulées, nous avons envoyé un courrier au président de la République à ce sujet.'

Comment préparez-vous l'après confinement ?

B. P. : Le 11 mai marque théoriquement le début d'un déconfinement progressif, et ce qui permettra aux artisans de reprendre dans les meilleures conditions possibles ce sont les outils pour se protéger, et donc les masques. Beaucoup sont importés, notamment de Chine, mais la demande est très importante.

De notre côté, nous avons donc lancé une enquête auprès de 200 entreprises proches de la couture dans un sens large : modélisme, fabrication de vêtements de travail, textile etc… 80% d'entre elles ont accepté de nous suivre pour lancer une vaste fabrication de masques aux normes AFNOR.

Nous leur avons demandé de nous détailler leurs problèmes d'approvisionnement, leurs capacités de fabrication… Aujourd'hui nous arrivons à la fin de cette enquête et nous allons pouvoir lancer cette "filière couture" très prochainement.

Combien de masques pourriez-vous fabriquer ?

B. P. : Nous estimons pouvoir fabriquer environ 30.000 masques par semaine, qui seront vendus aux artisans et au grand public. Il faut encore faciliter l'accès aux matières premières, nous sommes notamment en discussion avec la préfecture pour faire passer les élastiques comme produit prioritaire.

Il sera ensuite possible pour les Réunionnais d'en commander via le site reparer.re pour faire une commande aux couturiers près de chez eux. Le prix dépendra des artisans mais devrait se situer entre 4 et 6 euros pièce environ.

Nous nous penchons également sur des techniques de vente plus directes comme la mise en place de distributeurs automatiques, pourquoi pas, ou installer des espaces dédiés dans les grandes surfaces. C'est encore en réflexion.

Cela pourrait permettre à certains de se relever pendant et après la crise, qu'en est-il pour ceux qui ne font pas de couture ?

B. P. : Nous venons d'élaborer une toute nouvelle campagne de communication pour valoriser nos artisans péi.

Nous allons mettre en place un logo "Tous avec nos artisans" pour valoriser les circuits courts et le commerce de proximité. Cette mise en valeur passera essentiellement par les réseaux sociaux, on pourrait également passer par d'autres supports, des affiches etc.

Nous réfléchissons aussi à un système de "fidélité", exemple : si vous partagez sur votre page Facebook l'adresse de votre boulanger préféré et que vous atteignez 500 "j'aime", quelque chose comme ça, on vous remettra un cadeau. Une façon de soutenir nos artisans et les rendre le plus visibles possible après la crise.

mm / www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Volcan974, Posté
Ce fut une longue reflexion, et longue à la détente...
La vérité si je mens !, Posté
... " Le prix dépendra des artisans mais devrait se situer entre 4 et 6 euros pièce environ. "

Chine : 2,95 euros et au norme Le monde d'après !? !?