Education, masques, économie... :

Ericka Bareigts propose une stratégie de déconfinement


Publié / Actualisé
A quelques jours d'une réunion avec le préfet autour d'une "gouvernance partagée", la députée Ericka Bareigts fait le point sur la crise sanitaire en cours et émet plusieurs propositions. A l'approche du déconfinement progressif, entamé à partir du 11 mai, la députée invite à multiplier les tests sur le territoire et assurer un bon approvisionnement en masques, remboursés auprès de la population. Pour les entreprises, Ericka Bareigts propose d'annuler les charges fiscales et sociales des TPE et PME de mars à juin. Autre proposition : une prise en charge du chômage partiel lorsqu'il y aura reprise d'activité pour ces petites et moyennes entreprises. Sur la question de la reprise de l'école, la députée propose que l'Éducation nationale mette en place un dispositif d'identification des jeunes gens décrocheurs pour éviter "une crise sociale majeure". Enfin elle propose de reprendre la consultation citoyenne pour assurer l'après confinement. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
A quelques jours d'une réunion avec le préfet autour d'une "gouvernance partagée", la députée Ericka Bareigts fait le point sur la crise sanitaire en cours et émet plusieurs propositions. A l'approche du déconfinement progressif, entamé à partir du 11 mai, la députée invite à multiplier les tests sur le territoire et assurer un bon approvisionnement en masques, remboursés auprès de la population. Pour les entreprises, Ericka Bareigts propose d'annuler les charges fiscales et sociales des TPE et PME de mars à juin. Autre proposition : une prise en charge du chômage partiel lorsqu'il y aura reprise d'activité pour ces petites et moyennes entreprises. Sur la question de la reprise de l'école, la députée propose que l'Éducation nationale mette en place un dispositif d'identification des jeunes gens décrocheurs pour éviter "une crise sociale majeure". Enfin elle propose de reprendre la consultation citoyenne pour assurer l'après confinement. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

La députée l'a dit d'entrée de jeu : "il va falloir repenser certaines dépenses". Ericka Bareigts assure que "les parlementaires sont en lien très régulièrement avec le préfet, l'écoute est très bonne". D'autres discussions sont à venir avant le 11 mai.

• 9.000 tests par semaine à La Réunion

Pour la députée, "il faut une photographie épidémiologique de La Réunion. La politique de tests a été très en-dessous de ce qu'il aurait fallu faire jusqu'à présent. Jusqu'à la semaine dernière, les tests étaient très faibles. C'est l'OMS aujourd'hui qui le dit, il faut "tester tester tester"."

Ainsi le Premier ministre annonçait 700.000 tests hebdomadaires au niveau national, "si l'on décline au plan local, cela fait 8.000 à 9.000 tests" calcule Ericka Bareigts. "C'est ce que nous devrions avoir, pour rassurer la population."

• Masques pour tous et remboursés

Deuxième chose pour la députée : "des masques pour tous. Ils sont absolument urgentissimes. Tant que cette question n'est pas réglée, les gens seront angoissés." Ericka Bareigts s'indigne des prix des masques en tissu allant parfois jusqu'à 6 euros l'unité. "C'est 10-15 utilisations un masque en tissu. On est sur des budgets à 100 euros le mois pour certaines familles. Résultat, on va exclure une grande partie de la population."

La proposition du gouvernement de fixer un prix de 95 centimes pour les masques chirurgicaux lui semble difficilement réalisable, le prix étant selon elle bien trop élevé. "95 centimes alors que c'est une dépense qui n'existait pas avant, c'est quand même injuste, l'Assurance maladie devrait les prendre en charge. Ces masques doivent être disponibles et remboursés."

Il faut aussi selon la députée des gels "partout dans les services publics, dans les bus, dans les bureaux, dans les établissements, dans les entreprises".

• Quatorzaine pour les voyageurs jusqu'à nouvel ordre

L'aéroport doit rester en "fonctionnement minima passager" estime Ericka Bareigts. "Ceux qui arrivent doivent être maintenus en confinement singulier. Et pas d'option : que dans les hôtels, pas chez soi." La décision de retarder ces points de confinement hors foyer familial a entraîné selon elle une mauvaise gestion.

D'autres territoires ultramarins "ont été largement meilleurs que nous" selon la députée. Tant que les voyants ne sont pas verts, il faudra maintenir pression sur l'aéroport".

• Réduire le prix du fret chez Air France

La députée a également souhaité aborder la problématique du fret. "Nous sommes dépendants à une compagnie, Air France, qui a des cargos et qui a des pratiques de tarifs inacceptables. Nous sommes passés de 5/6 euros hors taxe le kilo à 18 euros le kilo pendant le confinement".

Un sujet sur lequel nous avions déjà interrogé Air France, qui avouait une hausse "mécanique" des tarifs en début de confinement mais assurait une "régularisation" opérée dès la deuxième semaine de confinement et donc un retour à des prix normaux. Ce que démentent plusieurs chefs d'entreprises, selon Ericka Bareigts.

"Si le prix du fret est cher, il y a toujours une répercussion sur les consommateurs. Et l'option du bateau n'est pas possible puisqu'il y a urgence. Nous ne pouvons pas faire fi du comportement d'Air France. Il est normal d'exiger de la solidarité. Ce n'est pas la ligne prise 'parce qu'il faut sauver le soldat Air France', mais on ne peut pas le sauver au détriment de notre territoire."

• Annuler les charges sociales et fiscales des TPE et PME

Sur le pan économique, Ericka Bareigts rappelle que "La Réunion compte 95% de TPE et PME, et tout ce tissu économique est à la limite du supportable". Cette crise sanitaire "s'ajoute à celle des gilets jaunes de l'année dernière, la création de richesse est à 1,7% alors qu'avant on était à plus de 3%."

Certains peinent déjà à rembourser leurs prêts de l'année dernière et les pertes estimées pour les entreprises réunionnaises se situent entre 7,5 et 10 millions d'euros. Ericka Bareigts propose "d'annuler les charges sociales et fiscales des TPE et PME" du mois de mars jusqu'à fin juin en fonction de la date de reprise.

"Comme il n'y a pas d'activité, il n'y a pas d'entrée d'argent. Tabler sur un nouveau prêt aux entreprises, c'est repousser leur mort à quelques mois. Et le niveau d'activité économique ne sera pas suffisent pour payer leurs dettes" estime la députée.

• Prise en charge du chômage partiel avec la reprise d'activité

Deuxième proposition pour les entreprises : "qu'il y ait la prise en charge du chômage partiel lorsqu'il y aura reprise d'activité". Pour étayer son propose, Ericka Bareigts prend l'exemple d'un restaurateur. "Il pourra sans doute rouvrir après le 2 juin, mais avec des couverts réduits, moins de recettes, et donc un besoin de moins d'effectifs, ce qui entraînera une mise au chômage d'une partie de ses salariés. On a pas besoin de ça, c'est un mauvais signal qu'on envoie si on croit à la reprise économique, car des gens de 50 ans et plus au chômage, on ne les récupérera plus." 

Ainsi la députée estime qu'il faut "que ce restaurateur puisse payer à mi-temps la totalité de ses effectifs, la moitié travaillant le midi, l'autre au service du soir par exemple. Il les paiera 50% mais fera travailler la totalité de ses effectifs. Et le chômage partiel sera payé et pris en charge par l'Etat vers le salarié, une aide directe individuelle pour empêcher que ceux qui travaillent aujourd'hui tombent dans le couloir du chômage demain".

• Un dispositif d'identification des élèves décrocheurs

"La vraie rentrée pour nous c'est août" estime la députée. "Qu'est-ce qu'on va faire avec ces jeunes gens, ces enfants qui pendant 3-4 mois n'ont pas eu de cours proposés à cause de la rupture numérique ? Est-ce que ces enfants vont passer au niveau supérieur ? Est-ce qu'on pourra adapter les programmes pour prendre en compte cette situation ? C'est une mission régalienne de l'Etat elle doit être assurée totalement par l'Etat" ajoute-t-elle.

"Il y a un sujet dont personne ne parle, ce sont les élèvees qui ont 16 ans" note Ericka Bareigts. "Certains sont décrocheurs et à La Réunion nous avons un nombre important de jeunes qui quittent l'école sans diplôme. En août, ils ne viendront plus s'inscrire". C'est "maintenant qu'il faut les identifier" selon la députée pour éviter "une crise sociale majeure". Ainsi elle propose que l'Éducation nationale mette en place un dispositif d'identification des jeunes gens décrocheurs, et à qui il faudra proposer un produit nouveau de rattrapage, ou de formation professionnelle.

• Reprendre la consultation citoyenne

Enfin il faut préparer l'avenir et l'après confinement, selon Ericka Bareigts notamment sur la question de l'environnement. "Nous sommes en train de violenter la terre et l'ai l'impression qu'on est prêts à repartir comme avant. Nous avons deux richesses : notre santé et notre terre."

Pour aller vers des propositions différentes et venues directement du peuple, la députée propose de "reprendre la consultation citoyenne" pour éviter de "lire les choses avec les mêmes lunettes". Selon elle, "l'heure est venue de mettre en cause la gouvernance et saisir l'occasion posée lors des gilets jaunes en organisant cette grande consultation citoyenne réunionnaise". Un projet qui peut se préparer dans les mois à venir, selon la députée.

mm / www.ipreunion.com / [email protected]

   

7 Commentaire(s)

Mikael Moor, Posté
Zot l'est fort pou critiquer, mais rien qu'le vent. Ce tit femme la n'a plus de qu'un tas d'bonhomme. Zot mentor l'est menteur. Tit Madame là t'est
Ministre, le plus haut fait d'z'armes d'un reunionnais(e). Néna l'est gourmand y rodent pou casse à elle, y vise 3,4 mandats zot l'a pas honte. Le temps la démagogie l'est fini, zot vas casse zot dents, band' dionisiens tirent maloles
Dan' z'yeux, attention kaparèr.
En plus elle l'est jolie, pas comme la gueule band' vieux croutons.
Mais Madame attention mettre la Nature en premier,
Protection des espèces et de
L'environnement.
Le capitalisme l'est mort,
Vive l'apocalypsme !
Marc974, Posté
Elle enfonce les portes ouvertes ! Réveillez vous elle ne dit rien du tout en fait relisez son communiqué elle n'est pas préfète ni maire ! C'est ridicule total
Volcan974, Posté
A lire certains et certains, ils devraient se mettre à la politique la critique est facile, mais elle fait partie de ceux et celles qui sont battus très peu nombreux pour permettre d éviter que la Réunion soit touchée par l épidémie mais peut être que ç est une femme et ces commentaires pathétiques peut être que Didier Robert est mieux passant son temps à mentir et deux jours par la presse réunion 1ere qui démontre que le poisson d avril n est pas mort et l applique quotidiennement
KUNTA KINTé, Posté
Le ridicule ne tue pas , Il serait temps que l'on demande aux réunionnais , si réellement, ils adhèrent à ce délire politique.
"Pas sÃ"r que Erika ait des qualités, mais pas au point de devenir maire [mars 2020] , elle marchait sur l'eau, elle était carrément habitée", ministre sous Hollande .
Ginot, Posté
Tout ce que vous demandez ça été déjà acter, les masques encore les masques,vous étiez aux affaires quant on a diminué le quota des masques, prenez un peu de recul en attendant les prochaines municipales...c pas le moment d en rajouter la reunion attends q un vaccin ou autre pour qu il puisse sortir de ce cailloux et de ne plus êtres assister par ces même personne qui font leurs lits en période de crise
Jojo, Posté
Et moi je lui propose de la fermer. Y'a suffisamment de guignols comme ça au gouvernement et comme députés godillots, merci, mais on a atteint le quota.
Sapoties, Posté
C'est beau et, pendant ce temps là "la marmotte m'est le chocolat dans le papier alu".
Évidemment que ce serait bien de pouvoir aider tout le monde, mais où l'Etat va-t-il trouver tout cet argent? En supprimant les nombreux postes inutiles et très coûteux comme ceux, entre autres, des Députés, des Sénateurs par exemple?
C'est bien aussi de penser ENFIN à écouter l'avis du Peuple, mais où étiez-vous quand le Peuple Réunionnais hurlait de fermer l'aéroport? Si vous l'aviez écouté nous n'en serions pas là aujourd'hui!!