Il est en attente de validation :

Dépistage Covid-19 : moins douloureux et plus rapide, le test salivaire s'annonce prometteur


Publié / Actualisé
Le seul dépistage de la Covid-19 référencé et utilisé à ce jour est le test RT-PCR qui consiste en un prélèvement nasal. Une technique peu agréable, mais relativement efficace pour détecter la présence ou non du virus. Alors que La Réunion semble arriver au bout de ses capacités de dépistage, le test salivaire, lui, pourrait être un allié de taille. Plus rapide et moins désagréable, il est encore en attente de validation du côté des autorités sanitaires nationales. L'ARS de La Réunion encourage sa mise en place, "très prometteuse". (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le seul dépistage de la Covid-19 référencé et utilisé à ce jour est le test RT-PCR qui consiste en un prélèvement nasal. Une technique peu agréable, mais relativement efficace pour détecter la présence ou non du virus. Alors que La Réunion semble arriver au bout de ses capacités de dépistage, le test salivaire, lui, pourrait être un allié de taille. Plus rapide et moins désagréable, il est encore en attente de validation du côté des autorités sanitaires nationales. L'ARS de La Réunion encourage sa mise en place, "très prometteuse". (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Le test nasal n'est pas une partie de plaisir et celles et ceux qui sont passés par la case dépistage peuvent l'attester. Rapide cependant (10 à 15 secondes tout au plus), il est à ce jour le seul moyen de savoir si l'on est positif au nouveau coronavirus.

Lire aussi : Rapide et pas si douloureux : on a testé le prélèvement nasal

Une autre alternative semble se dessiner : le test salivaire. Encore aux prémices de ses expérimentations, il attend sa validation du côté des autorités sanitaires. Ce jeudi 27 août, lors d'une conférence de presse, le ministre de la Santé Olivier Véran a d'ailleurs confirmé que ce type de dépistage était à l'étude.

Dès le mois d'avril, les experts scientifiques ont commencé à se pencher sur le sujet en lançant une étude clinique nommée "EasyCov". Un déploiement du test était envisagé pour mai, finalement retardé en raison des études encore en cours sur le sujet.

Plus récemment, début août, la Haute autorité de santé (HAS) s'est prononcée en faveur d'un "forfait innovation" sur les tests salivaires, permettant "une utilisation de ces tests et leur prise en charge financière au cours de l’essai clinique prévu par ce dispositif".

- Résultat en 1 heure seulement -

"C'est une véritable évolution dans le dépistage" estime le docteur Frédéric Munoz, responsable de la cellule de veille d'alerte et de gestion sanitaire à l'ARS. "Etant donné qu'elle est moins douloureuse, cette technique diminue le risque de rejet, c'est-à-dire un réflexe de recul de la part de ceux qui se font tester. Or quand la personne bouge, cela peut impacter l'efficacité du test RT-PCR."

Le test salivaire s'avère également plus rapide. "D'une part le prélèvement est immédiat puisqu'il s'agit d'un simple échantillon de salive. D'autre part, la lecture du test peut se faire en 1 heure contre 4 heures pour le test RT-PCR" explique le docteur Frédéric Munoz.

La technique en laboratoire, différente du test nasopharyngé, permet d'obtenir le résultat plus rapidement.

- Une efficacité proche du test nasal -

C'est dans le Grand-Est pour l'instant, région particulièrement touchée par la pandémie, que les essais cliniques sont menés en majeure partie. "200.000 tests environ sont déployés en ce moment en France dans un but expérimental" nous indique le docteur Frédéric Munoz.

Certains professionnels de santé débattent encore cependant de l'efficacité des tests salivaires, estimés moins sensibles et qui pourraient alors fausser le résultat. Pour Frédéric Munoz, "la différence serait minime". Ce sont justement les études en cours qui peuvent déterminer la marge d'erreur de ce type de dépistage.

A savoir que si le test salivaire ne fait parler de lui que maintenant, c'est parce que la technique est innovante dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. Les différents travaux de recherche ont permis de mettre au point, seulement récemment, une manière de révéler la présence du nouveau coronavirus à travers le prélèvement de salive.

Le test sérologique, lui, qui consiste en un prélèvement sanguin au bout du doigt, permet seulement de détecter la présence du virus, et la potentielle défense immunitaire que le corps aurait développé contre lui. "Il reste un avantage de surveillance de population oui, mais il n'indique pas si la personne est touchée par la Covid-19 à l'instant T, il indique uniquement si l'on a déjà été exposé au virus", rappelle Frédéric Munoz. Un véritable test Covid est donc nécessaire par la suite.

Lire aussi : Covid-19 : des tests "rapides" bientôt disponibles en pharmacie

- Une mise sur le marché pas immédiate -

Alors que le test salivaire semble faire de plus en plus ses preuves, certains s'agacent du retard que prend sa mise sur le marché.

Dans une précédente interview, le docteur Reuben Veerapen, vice-président du Conseil de l'Ordre des médecins, appelait à accélérer le déploiement de ces tests. "L'ARS ne les a toujours pas validés. Pourtant il vaut mieux avoir des tests que pas de tests du tout", avait-il déploré.

Lire aussi : Covid-19 : non, ce n'est pas (uniquement) parce qu'on teste plus qu'il y a plus de cas positifs

Du côté de l'ARS on répond que l'idée est intéressante mais qu'au-delà de la validation officielle des autorités sanitaires, c'est la mise en pratique de ces tests qui s'annonce plus longue. "Ils ne seront pas disponibles dans l'immédiat. Pour répandre ce type de dépistage, il faudra mobiliser les industriels, avoir les moyens humains suffisants… il y a aussi tout l'aspect pratique ensuite" explique Frédéric Munoz.

- Une alternative précieuse en cas de manque de tests -

Là aussi la communauté médicale tire la sonnette d'alarme : La Réunion semble arriver au bout de ses capacités en termes de dépistage. Avec 1.700 tests en moyenne par jour, le territoire a largement dépassé l'objectif de 1.300 tests fixé par le gouvernement, comme le rappelait la directrice de l'ARS Martine Ladoucette, au cours d'un point de situation vendredi 21 août.

Mais il semble difficile de dépasser ce chiffre, déjà élevé, et force est de constater que les centres de dépistage pour les voyageurs à J+7 et les laboratoires sont bien occupés à l'heure actuelle.

Lire aussi : Dépistage du Covid-19 : une nécessité qui demande beaucoup de patience

"Il semble difficile de faire le double de ce qu'on a aujourd'hui, effectivement", note François Munoz. "Mais par exemple ce mercredi, 3.800 tests ont été réalisés sur une seule journée. C'est exceptionnel certes, mais ça montre qu'on peut aussi avoir une marge de manœuvre ponctuelle."

Si le nombre de cas continue à augmenter, les cas contacts augmenteront eux aussi. La stratégie devra changer dans ce cas, selon le responsable de la cellule de veille d'alerte et de gestion sanitaire à l'ARS. "Il faudra cibler davantage le dépistage, et privilégier les populations à risque."

En cas de manque de tests RT-PCR, le test salivaire pourrait être un allié précieux, une alternative permettant d'entretenir la stratégie de dépistage massif menée actuellement. A condition que les moyens humains suivent, bien entendu.

mm / www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

Jojo, Posté
Quand il y a des moyens d augmenter le nombre de test voila que les tests salivaires tardent à faire leur apparition bizarre.


Une équipe qui perd, Posté
Pourquoi ne pas faire renifler du poivre aux gens ? Ils éternueraient suffisamment pour qu'on n'ait pas besoin de les torturer en allant chercher la morve jusque dans les sinus.
Jérome, Posté
le problème est qu'il n'y a pas de test efficace à 100%