Les compagnies aériennes sont dans le flou :

Motifs impérieux : des suppressions de vols au cas par cas


Publié / Actualisé
Depuis ce samedi 31 octobre 2020, les motifs impérieux depuis et vers La Réunion ont été réinstaurés. Si une tolérance a été observée pour le week-end, depuis ce lundi, les compagnies aériennes sont désormais dans l'obligation de demander un justificatif de voyage aux passagers. Une mesure qui les force à examiner les vols, au cas par cas, pour décider de leur suppression, ou pas. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Depuis ce samedi 31 octobre 2020, les motifs impérieux depuis et vers La Réunion ont été réinstaurés. Si une tolérance a été observée pour le week-end, depuis ce lundi, les compagnies aériennes sont désormais dans l'obligation de demander un justificatif de voyage aux passagers. Une mesure qui les force à examiner les vols, au cas par cas, pour décider de leur suppression, ou pas. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Pour l'heure, les compagnies aériennes sont unanimes : le manque de visibilité constant les force à se pencher sur le cas de chaque vol pour décider de son maintien. Du côté d'Air Austral, c'est une rotation qui a dû être supprimée cette semaine. Même son de cloche chez French Bee, qui a supprimé sa rotation du dimanche 8 novembre.

"On étudie vraiment au cas par cas, avec des réunions de crise quotidiennes pour faire le point sur la situation" indique Muriel Assouline, directrice générale de French Bee, qui n'exclut pas la suppression d'autres vols dans les semaines à venir. "On mise tout de même sur des modifications légères du planning" souligne-t-elle.

Chez Air France, qui a supprimé deux rotations pour la semaine du 9 au 15 novembre, "l'offre risque de baisser dans les prochaines semaines, même s'il est encore trop tôt pour se projeter" indique la compagnie. Cette semaine, tous les vols ont cependant été maintenus.

C'est aussi le cas de Corsair, qui prévoit par contre "d’ajuster son plan de vols en fonction de l’évolution de la demande sur la période de confinement".

Lire aussi : Covid-19 : retour des motifs impérieux pour les voyages vers et depuis La Réunion

- "Essoufflement" des réservations -

Air Austral a aussi troqué deux fois cette semaine son Boeing 777, pouvant accueillir un peu plus de 400 passagers, pour un Boeing 787, accueillant environ 300 passagers. "Il faut que nos vols soient commercialement viables : avec l'annulation ou le report de certains voyageurs, nous avons affrété un appareil de plus petite capacité" explique la compagnie.

La tendance est la même pour toutes les compagnies : les annulations et reports de vols ont augmenté sur la dernière semaine, bien que de timides achats de billets continuent d'être effectués pour décembre et début 2021. "Pour l'heure, il est vraiment trop tôt pour qu'on puisse faire un véritable bilan des conséquences du reconfinement" admet Air France, qui prévoit une probable augmentation des suppressions de vols.

Si les réservations pour décembre semblent stables, que ce soit du côté des billets déjà achetés ou des ventes actuelles, la tendance pourrait bien vite changer. "C'est le problème avec cette crise sanitaire : on ne peut pas vraiment anticiper, il est trop tôt pour savoir comment le mois de décembre se déroulera" précise Air Austral.

Pour l'heure, des tendances observées par plusieurs compagnies, beaucoup de voyageurs sont des étudiants retournant dans leur famille, alors que les universités de Métropole ont fermé leurs portes.

Les compagnies aériennes ne cachent pas leurs inquiétudes face à ce deuxième confinement, qui impactera un peu plus le secteur de l'aviation, déjà durement touché par la première vague. "Cela risque d'être particulièrement compliqué si le confinement est prolongé au-delà du 18 décembre, date butoir des départs pour Noël" s'inquiète Air Austral.

Pour autant, les compagnies comptent sur les aides de l'Etat pour se maintenir, notamment l'activité partielle. Les prêts garantis par l'Etat sont aussi une option envisageable si les restrictions devaient être prolongées.

"On avait observé une nette amélioration cet été, avec cependant beaucoup de réservations de dernière minute depuis la reprise des vols après le déconfinement" précise par ailleurs Air Austral. Une amélioration qui risque largement d'être plombée par ces nouvelles restrictions sanitaires.

- Des conditions de modification de voyage assouplies -

Depuis la reprise des vols, toutes les compagnies aériennes ont mis en place des dispositifs pour tenter d'arranger les clients, réticents à réserver en cette période incertaine.

"Nous avons assoupli nos mesures commerciales. Elles s’appliquent pour les clients qui devaient voyager au mois de novembre et ne souhaitent plus partir : nous proposons un report sans frais, un avoir bonifié ou un remboursement. De plus, nous avons élargi notre offre "Totale Sérénité" qui prévoit que tout billet acheté depuis le 28 août peut être modifié ou remboursé, sans avoir à présenter de justificatif" souligne Corsair.

Du côté de French Bee, il est possible de reporter son voyage sans frais de modification, avec réajustement tarifaire en fonction des nouvelles dates de voyage, ou de demander un avoir, valable pendant 12 mois.

Chez Air Austral, les modifications, reports ou annulations de voyage sont désormais possibles sans frais pour des voyages jusqu’au 15 juin 2021, au lieu du 30 novembre 2020. Air France pratique les mêmes conditions de modification ou d'annulation.

- Des passagers un peu perdus -

Du côté des passagers, le retour des motifs impérieux sème la confusion. "Je suis censée retourner vivre à La Réunion, hébergée par ma famille, puis-je prendre mon avion ? Quels justificatifs fournir ?" nous interroge une lectrice. "J'ai quitté mon emploi et devait emménager fin décembre, pourrais-je déménager si je n'ai pas encore mon logement sur place ?" se demande une autre internaute.

Des questions qui reviennent souvent. D'après nos informations, du côté de la préfecture, les appels de voyageurs sont incessants depuis le début de la crise sanitaire. Confinement ou pas, ces coups de téléphone affluent pour obtenir des informations sur les voyages en avion. Appels qui se multiplient à chaque annonce gouvernementale.

S'il est trop tôt pour être alarmiste, les compagnies se préparent donc à de nouvelles turbulences dans le secteur. En espérant que les motifs impérieux s'arrêtent avant la période des fêtes, moment crucial pour les voyages entre La Réunion et la Métropole.

Lire aussi : Aéroport Roland Garros : trafic en baisse de 65% en juillet-août

as / www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

Marloune, Posté
Nous devons prendre l'avion pour la réunion le 16 novembre pour 3 semaine s quelle galère
Bibi, Posté
Comment peut on organisé un voyage avec des incertitudes pareille? Qui ns dis que le confinement va pas être prolongé et que mon enfant pourra prendre son avion pr passé les fêtes de fin d année avec sa famille étant donné qu'elle est étudiante sr la métropole. D autant plus qu'on a déjà reporté son vol une fois au mois de mai. Qu'elle sera le motif imperieux pr notre enft ?
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Nous devions embarquer le 13 ... pour passer quelques mois sur l'île ...... maudit virus