Covid 19 et campagne de vaccination :

La polémique, ce sport national dangereusement contre-productif


Publié / Actualisé
Une fois de plus, la polémique enfle autour de la gestion de la crise Covid-19. Après les masques et les tests, c'est maintenant la lenteur de la campagne de vaccination en France qui fait polémique. Cela alors que notre pays fait partie de ceux où la population est la plus réfractaire à se faire vacciner. Contradictoire... La polémique confirme son statut de sport national en France. Est-ce bien raisonnable ? (Photo rb/www.ipreunion.com)
Une fois de plus, la polémique enfle autour de la gestion de la crise Covid-19. Après les masques et les tests, c'est maintenant la lenteur de la campagne de vaccination en France qui fait polémique. Cela alors que notre pays fait partie de ceux où la population est la plus réfractaire à se faire vacciner. Contradictoire... La polémique confirme son statut de sport national en France. Est-ce bien raisonnable ? (Photo rb/www.ipreunion.com)

La France serait-elle championne du monde des contradictions et des polémiques ? C’est le sentiment qu’on peut avoir en analysant les réactions aux différentes mesures gouvernementales prises depuis le début de la crise, avec plus ou (souvent) moins de succès.

On se souvient de la question du port du masque. Alors que le gouvernement était complètement dépassé par l’ampleur de l’épidémie et des besoins en masques, les Français commençaient à pointer du doigt ces problèmes d’approvisionnement alors qu’ils s’opposaient à la généralisation de l’obligation du port du masque.

Mêmes problèmes, mêmes réactions paradoxales pour la question des tests PCR. Alors que la France manquait de tests, nos concitoyens trouvaient le moyen de critiquer tout en s’opposant à la multiplication des tests, au nom de leur liberté et pour un petit nombre, on nom de pseudo théories complotistes.

L’année change mais les habitudes sont tenaces vraisemblablement puisqu’en ce début d’année 2021, c’est la campagne de vaccination qui est sous le feu des critiques. Trop lente, mal préparée, la polémique ne cesse d’enfler ces derniers jours. Les critiques peuvent être légitimes. En une semaine, un peu plus de 2.000 vaccinations seulement ayant été faites, relégant la France parmi les pays les plus lents en matière de démarrage de campagne de vaccination.

On est bien évidemment très loin d’Israël où près de 12% de sa population (de 9 millions d’habitants) ont déjà été vaccinés en près de deux semaines. Mais même comparée à l’Allemagne (plus de 238 000 vaccins administrés) ou au Royaume-Uni (plus de 950 000 vaccins administrés), notre campagne de vaccination fait peine à voir.

Face à ce constat, le ministère de la Santé a assuré ce lundi 4 janvier que le tir serait corrigé et que la campagne allait maintenant s’accélérer. En ce qui concerne La Réunion, cette campagne de vaccination devrait démarrer le 1( janvier prochain.

Lire aussi : 4.800 doses de vaccins vont arriver à La Réunion

En attendant, les critiques continuent... Pourtant selon des récents sondages, seuls 40% des Français ont émis le souhait de se faire vacciner. Tout cela est bien contradictoire. D’autant plus quand c’est parfois ceux-là même qui évoquent la lenteur du déploiement de la campagne de vaccination.

La polémique systématique donne ce curieux sentiment que la Covid-19 est juste devenu un outil de guerre contre la politique d’Emmanuel Macron. Ce qui - au-delà du sentiment que peut inspirer l'homme et sa politique souvent désastreuse - revient aussi à minimiser la gravité de la crise sanitaire, son impact dévastateur sur l’économie, et surtout sur l’Humain.

Le coronavirus n’est pas qu’une simple grippe ! Les chiffres montrent que jamais une épidémie n’a provoqué autant de décès au sein du personnel soignant. Chaque jour, des milliers de personnes meurent et, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas seulement des personnes âgées présentant des facteurs de comorbidité. Des jeunes, des adultes dans la force de l’âge décèdent aussi de la Covid-19. Et parmi ceux qui s’en sortent, certains gardent des séquelles lourdes, même plusieurs mois après.

Alors oui, tout n’est pas parfait. Un vaccin "fabriqué" en quelques mois alors qu’en général le protocole exige des années d’expérimentations, peut faire peur ou semer le doute. Mais nous sommes dans une situation exceptionnelle. Des moyens tout aussi exceptionnels ont été déployés pour surmonter cette crise sanitaire. Et que n'aurait-on entendu si le protocole hors situation d'urgence avait été respecté ? Gageons qu'alors les accusations sur la volonté supposée de réserver le vaccin à quelques nantis auraient fleuri de toutes parts, y compris chez certains farouches opposants actuels à la vaccination...

La critique constructive est absolument nécessaire, résolument esentielle. Proférée systématiquement et gratuitement, simplement par principe d'opposition, la critique devient dangereusement contre-productive car elle alimente aussi les théories les plus folles.

Notre humnanité n'a guère besoin de cela dans le contexte actuel… Il est vital de s'en souvenir.

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