Il pourrait s'agir du variant sud-africain :

Comores : l'île de Mohéli frappée de plein fouet par la Covid-19


Publié / Actualisé
Depuis plusieurs jours, la Covid-19 frappe durement la plus petite île de l'Union des Comores, Mohéli. Le nombre de cas explose et le variant sud-africain du virus pourrait en être la cause. Six décès ont été enregistrés depuis le 3 janvier et 99 nouveaux cas ont été détectés. La situation, préoccupante, inquiète les autorités de santé jusqu'à Mayotte, aux portes de La Réunion (Photos : France Mayotte Matin)
Depuis plusieurs jours, la Covid-19 frappe durement la plus petite île de l'Union des Comores, Mohéli. Le nombre de cas explose et le variant sud-africain du virus pourrait en être la cause. Six décès ont été enregistrés depuis le 3 janvier et 99 nouveaux cas ont été détectés. La situation, préoccupante, inquiète les autorités de santé jusqu'à Mayotte, aux portes de La Réunion (Photos : France Mayotte Matin)

L'Union des Comores fait face à une résurgence de la Covid-19 sur sa plus petite île, Mohéli. Alors que les Comores affichent – officiellement – 995 cas cumulés de coronavirus depuis le début de l'épidémie et 13 morts, six personnes sont décédées rien qu'à Mohéli en ce début d'année 2021.

Contacté, le ministère de la Santé des Comores donne les derniers chiffres : "du 3 au 5 janvier, nous comptons 99 nouveaux cas à Mohéli, il y a actuellement 171 cas actifs, et le total de cas cumulés est de 322" liste le secrétaire général, Jean Youssouf. Un nouveau décès lié à la Covid-19 recensé ce mercredi 6 janvier fait passer le total à six décès enregistrés depuis le 3 janvier sur la petite île.

Un couvre-feu a été instauré sur l'île de 20h à 5h du matin et ce jusqu'au 11 janvier au moins. Les festivités sont interdites, les écoles et les universités sont fermées. Personne ne peut entrer ou sortir de Mohéli, qui vit actuellement sous cloche.

Pour désengorger le centree hospitalier de Fomboni (capitale de Mohéli) "qui abrite les cas les plus sévères", l'ONG koweïtienne Direct Aid a décidé "de transformer son ophelinat en site d'isolement des cas symptomatiques de la Covid-19" indiquait en cours de journée le ministère de la Santé comorien ce jeudi. La situation sur l'île est plus que critique.

- Le variant sud-africain dans le viseur -

Même s'il s'estime suffisamment armé, le ministère comorien ne cache pas ses craintes : "bien sûr que nous sommes inquiets, mais nous prenons toutes les dispositions nécessaires, on essaie d'anticiper au mieux" indique Jean Youssouf. Selon lui, "les mécanismes mis en place jusqu'à aujourd'hui ont très bien marché… jusqu'à ce qu'il y ait cette nouvelle percée du virus".

Le variant sud-africain du virus pourrait être à l'origine de cette reprise épidémique, sans certitude pour le moment. "En tant que personne avec une formation en biologie, je ne peux pas affirmer quelque chose qui n'a pas été confirmé en laboratoire" déclare Jean Youssouf. "Certains médecins estiment en effet que les symptômes ressembleraient à la souche détectée en Afrique du Sud, mais il faut encore le confirmer."

Et ce type d'analyses ne peut pas se faire n'importe où. Le gouvernement comorien travaille en collaboration avec deux laboratoires, l'un en Afrique du Sud, l'autre au Kenya. Des échantillons ont été envoyées et les scientifiques cherchent actuellement à savoir si les cas détectés ces derniers jours à Mohéli sont bien le résultat de la souche sud-africaine.

Apparu dans les régions sud et sud-est de l'Afrique du Sud, ce variant est considéré comme plus contagieux, comme le variant britannique, et plus mutant. La charge virale de cette souche serait plus élevée, rendant le virus encore plus agressif et dangereux pour les personnes fragiles.

Lire aussi : Covid-19 : premier cas détecté en France du variant sud-africain

- Un dépistage massif nécessaire -

Il en reste que cette résurgence de la Covid-19 fait craindre le pire. "La difficulté d'une pandémie, c'est que ça ne prévient pas quand ça arrive et on n'a pas le temps de se préparer. Nous devons essayer d'anticiper au mieux" explique Jean Youssouf.

Sur place, la population de Mohéli n'attend qu'une chose pour se protéger : être dépistée. Mais les moyens sont trop faibles selon plusieurs médias locaux ou voisins, notamment France Mayotte Matin. Des "rumeurs" selon Jean Youssouf, qui estime que les moyens techniques sont suffisants. 

"Nous avons déjà déployé des tests PCR et nous les complétons aujourd'hui avec des tests antigéniques, qui sont tout à fait fiables" indique-t-il. Mille tests antigéniques ont été envoyés dans un premier temps, complétés ensuite par un nouvel envoi de 900 tests. Des envois bénéfiques mais qui ne suffisent pas à couvrir les 50.000 habitants que compte l'île.

Sur les réseaux sociaux, le gouvernement comorien affirme avoir pris le problème à bras le corps. Après plusieurs réunions visant à définir des "stratégies de riposte", des masques ont été distribués aux habitants dès le 4 janvier, après un don de 15.000 protections envoyés par la société locale A.M. Energie. Par la suite, le ministère indique avoir envoyé en urgence un médecin urgentiste à Mohéli et des équipements médicaux ont été acheminés par avion et bateau.

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Publiée par Ministère de la Santé, Union des Comores sur Lundi 4 janvier 2021

Un dispositif insuffisant pour certains qui demandent un renfort plus important de personnels médicaux. "Le gouvernement comorien a déployé un seul médecin urgentiste pour une île en crise (...) Est-ce un manque d'empathie ou de considération pour les mohéliens ?" s'interroge un utilisateur de Twitter. Sur les réseaux sociaux, les attaques sont nombreuses envers le gouvernement qui réagit selon certains trop tardivement et faiblement. "Ici vous pouvez voir ce que la population mahoraise a fait en deux jours : ce que le gouvernement comorien fait occasionnellement en deux ans pour aider la petite île comorienne Moheli" peut-on lire sur le groupe "Les associations mahoraises en France métropolotaine", qui relaie des vidéos montrant la solidarité qui s'est mise en place à Mohéli.

Une nouvelle réunion doit avoir lieu ce vendredi 8 janvier entre les différents partenaires, indique Jean Youssouf.

- Mayotte inquiète -

Face à cette résurgence du virus chez leurs voisins, les Mahorais sont inquiets. Il faut dire que ce drame sanitaire se déroule à leurs portes et que l'île de Mohéli ne compte que 24 lits de réanimation et quatre respirateurs, selon France Mayotte Matin. Certains redoutent un "risque d’exode sanitaire des Mohéliens vers les deux autres îles des Comores mais aussi et surtout vers Mayotte qui offre des garanties bien plus solides en matière de soins et de prise en charge des malades" comment l'écrivent nos confrères mahorais.

"Comme le dit le fameux dicton, lorsque les Comores toussent, c’est Mayotte qui est malade" ajoute le journal local, qui s'interroge également sur l'efficacité des tests antigéniques sur le variant sud-africain, si celui-ci est confirmé à Mohéli.

En attendant, un comité d'aide a été créé, et la solidarité se met en place. Selon Réunion la 1ère, un collectif des Jeunes Mohéliens à Mayotte s'est organisé pour venir en aide à leurs proches restés au pays. Un point de collecte de dons s'est organisé la MJC de M'Gombani dans la commune de Mamoudzou. Sont envoyés des masques, du gel hydroalcoolique, parfois de l'argent, comme le relate Réunion la 1ère.

L'urgence est réelle pour éviter toute contamination plus violente, et que la souche sud-africaine, si celle-ci est confirmée, ne s'exporte vers le sud-est… et notamment vers La Réunion. Car si Mayotte redoute une propagation du virus sur l'île aux parfums, La Réunion n'est pas loin et le niveau de contagiosité de ce nouveau variant peut faire craindre le pire. Si celui-ci est détecté à Mayotte, la circulation entre l'île aux parfums et La Réunion pourrait être remise en cause.

Contactée, l'agence régionale de santé de Mayotte n'a pas pu donner suite à nos questions à ce stade

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Aterla, Posté
Cette épidémie agit comme un révélateur mondial du meilleur (personnel soignant qui se dévoue pour les malades, recherche internationale, etc.) et du pire (crédulité avec les rumeurs de Facebook, peurs et égoïsmes)
RAF, depuis son mobile, Posté
Chacun ses problèmes. Qu'ils viennent pas ici c'est tout ce qu'on demande . Pour rapper le chickungunia nous a été emmené à la réunion par cette zone de l'océan indien